Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

388 - Le Jour point où nul soleil ne luit

Publié le par Arthémisia

 
:0040:
 
 
Le jour point où nul soleil ne luit ;
Où nulle mer ne s’étale, les eaux du cœur
Surgissent avec leurs marées ;
Et fantômes brisés, des vers luisants plein la tête, les choses de lumières
Se pressent à travers la chair vers les os dénudés.
 
Une chandelle entre les cuisses
Echauffe jeunesse et semence et consume le ferment de la vie :
Quand la semence est endormie,
Le fruit de l’homme se déride aux étoiles,
Brillant comme la figue ;
Quand la cire fait défaut, la chandelle dévoile sa mèche.
 
L’aube point derrière les yeux ;
Brassé de pôle à pôle, le sang circule
Tel une mer, de la tête aux pieds,
Ni cernés ni traqués, les flots exubérants du ciel
Fusent à la verge
Devinant à travers un sourire l’huile des larmes.
 
La nuit dans les orbites arrondit,
Telle une lune de poix, la limite des globes,
Le jour éclaire l’os ;
Où nul froid ne sévit, la morsure des rafales
Dépouille l’hiver de ses robes ;
Une taie printanière pend aux paupières.
 
Le jour point sur des parcelles secrètes,
Des recoins de pensées où la pensée embaume sous la pluie ;
Quand meurt la logique,
Le secret de la glèbe pousse à travers l’œil,
Et le sang gicle dans le soleil ;
Dessus les terrains vagues l’aube fait halte.
 
(Traduction de Hélène Bokanowski.)
 
Prenez encore quelques minutes pour laisser vivre plus profondément en vous les émotions de ce poète gallois qui mêle avec une grande virtuosité une réflexion intime et presque lyrique (dans tous les sens du terme puisque Dylan THOMAS -1914-1953- utilisa largement la radio pour diffuser ses textes) à une démarche quasi romantique (surtout dans les poèmes que je qualifierai de « descriptifs »).
Profondément attaché à ses origines bien qu’écrivant en anglais et non en gallois, Dylan mena une vie de débauche et de stupres ce qui ne l'empêcha pas de nous livrer des splendeurs, notamment ses poèmes de jeunesse.(cf. la série des 18 et la série des 25 poèmes). C'est le cas de ce texte dans lequel cette crudité des images qu'on retrouve souvent chez lui,   laisse cependant le lecteur (la lectrice…) en pleine contemplation (...extase?)
 
Copyright © Arthémisia- juin 07
 

Commenter cet article

tilk 18/08/2012 14:02


très très fort et en même temps si beau


besos


tilk

Arthémisia 18/08/2012 21:11



Je pense que très souvent force et Beauté vont bien ensemble!


Mais tu remarqueras que je garde une majuscule pour la seconde!!!!


Bises


Arthi



suzâme 17/08/2012 19:27


Bonjour Arthémisia,


Un poème impressionnant. Je ne connaissais pas l'auteur  - pas très attirée par la "beat génération" dans ma jeunesse - écoutant les influences éducatives plus que la liberté d'expression et
d'évocation. Par le biais de ta récente publication et la citation de ce poète exceptionnel, je pense bientôt le lire. Bisous. Suzâme

Arthémisia 17/08/2012 22:58



Bonjour Suzâme,


La beat generation c'était de l'interdit quand j'étais ado. On n'en parlait même pas.


Mais que de grands auteurs!


Je pense que tu y trouveras ton compte. Bonne lecture, Suzâme.


Bises


Arthi


 


PS: tu trouveras un autre magnifique texte de lui ici.



juliette b. 23/06/2007 16:57

Je ne peux faire un commentaire sur un si beau poème, à la fois lyrique et luxurieux ou luxuriant. J'en ai le souffle coupé d'émotion...tu me comprendsMerci Arthi de nous communiquer tes émois

Arthémisia 23/06/2007 17:15

Je n'ai lu qu'un recueil de Dylan Thomas mais ses textes m'ont bouleversée...Oui Lyrique et luxuriant..; et parfois luxurieux aussi...sourires....
merci de ta visite Juliette
bisous
Arthi