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470 - Gris

Publié le par Arthémisia

J'ai longtemps hésité à publier ça....mais je le fais, au moins pour de STAEL...
 

 

 
 
 
Tout à coup, la lumière se fait.
Votre espace soudain se réjouit. Les fleurs redeviennent joyeuses, et les bijoux brillants. Le chat est amoureux, et le chien vous accueille en jappant. La blanquette de la voisine entre par la fenêtre ouverte et vient vous chatouiller les papilles. Les enfants rient dans la rue. Les figues tombent de l’arbre lourd. Les peaux étalent leur douceur dorée. Le printemps est de retour. En septembre. Vous ouvrez vos yeux largement. Tout vient à vous.
 
Et puis l’interrupteur.
Vous redevenez une chose, un décor, un vieux décor de pacotille. Rouillé et inutile. L’espace retourne dans son étroitesse. Le terne renaît. La poussière retombe sur la vie. Vous en perdez vos sens. Votre âme les accompagne. Toutes les portes sont fermées. Plus rien d’existe qu’un dessèchement, un rétrécissement, une implosion. Vous vous recroquevillez sur le gris de vos cendres. Vous ne rêvez plus. Le principe de réalité reste incontournable. Le monde reprend la couleur de votre douleur.
 
 
Copyright © Arthémisia - septembre 2007
 
Avec: Nicolas de STAËL - Les Toits

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ren 10/05/2011 00:50



Bravo à Alex  pour  sa vision précise  du tableau  de N de Stael



Arthémisia 10/05/2011 17:48



C'est Alex....malheureusement plus trop présent sur son blog pour diverses raisons....



Alex 02/10/2007 21:53

Dans cette œuvre, les effets de matière du presque « tiers » bas sont particulièrement prégnants. Le relief donné aux neuf figures dominantes leurs confèrent quasiment la dimension polygonales de pierres précieuses. Les contours marqués, rehaussés tantôt de rouge , d’ivoire, de gris ou de noir, les paliers de couleurs plus vives ou la noirceur troublante et profonde de ces formes symétriques, donnent l’écho à leur taille sur un fond indéterminé s’offrant au regard comme l’agrandissement flou d’une prise de vue aérienne.

 

La partie haute et dominante impose, par contraste une perspective à deux dimension, qui semble rejaillir sur la composition tout entière tandis qu’elles s’anime de reliefs et de lignes opposées. Coupé en diagonale pour offrir deux parties presque égales, la nuance la plus sombre l’emporte cependant.
L’horizontale marquée par la zone claire qui pourrait évoquer un nuage, se voit particulièrement mise à mal dans son opposé obscur griffé par de petits traits verticaux. On dirait que des traînées de pluie repoussées et décomposées par un vent puissant, arrachent au ciel des cris de tourment. Et l’opposition entre la touche bleutée de la partie claire, et quelques  aplats de tons similaires dans la partie sombre, est d’autant plus déconcertante qu’elle fausse notre perception habituelle des trouées d’azur. Quelque chose ici rappelle les peintures d’un autre âge tout en plaquant une vision cubiste avortée.

 

De haut en bas l’équilibre est malmené, tandis qu’une cohérence se tient solidement à coup de traits autoritaires ; tout s’imbrique et se rejette cependant. Résulte un climat de tension, une force tragique et cérémonieuse. Puis cette énigmatique coupure, entre les deux surfaces principales, papier mâché ou arraché, l’impossible transition, forcée par une matière insondable, oppressante mais vaguement légère...
La montée en puissance des éléments minéraux, précieux, urbains, humains offerte aux forces céleste ramenées à une même dimension, invite à un énigmatique parcours dont l’œil ne pourra se libérer qu’au prix d’une recomposition unificatrice. C’est un de ces tableaux, desquels, au fond, on ne sort pas, sinon par et pour une raison aux allures d’alibi.     

Arthémisia 03/10/2007 16:06

Oui, ces figures sont marquées mais pas contournées . De Staël ne cerne pas, il fait naître. Ces figures + ou -  rectagulaires, sont travaillées en épaisseur, en sur-épaisseur, couche sur couche, par palier, en encroûtement, comme si les pierres précieuses dont tu parles, Alex, semblaient vouloir sortir de la toile. Le fond n'est pas indéterminé mais la gangue d'où émergent ces formes, une sorte de mère (de mer?) générant des pavés.
Un De Staël de visu c'est toujours une pâte merveilleuse...

Alex 02/10/2007 12:09

Ce que j’aime bien dans « binarité » du gars de Staël, c’est justement l’abolition même de cette opposition tranchante à l’intérieur du cadre et qui donne une sensation d’harmonie.
D’une manière générale, je les trouve plutôt gaies ses peintures ; et lorsqu’il emploie des tons bruns, des couleurs froides, des nuances grises, dans la majeur partie de l’image, ça me donne une impression de sérénité.   

Arthémisia 02/10/2007 16:59

Merci Alex, de ton intervention si fine sur de STAËL.
Pour poursuivre ce que tu décris et que je ressens devant la peinture de de STAËL, je n'emploierai pas le mot d'harmonie si galvaudé en Arts Plastiques mais plutôt le mot d'unité ou peut-être d'équilibre(?)
Quant à la gaiété, elle est tout de même absente de certaines de ses oeuvres, à commencer par la série sur le toits de Paris (Il crevait de faim) mais ceci n'empèche à mon avis aucunement cette sensation de sérénité  qui en émane. Je m'interroge pour savoir ce qui crée cette sérénité : surement l'épaisseur, la richesse de la pâte, l'impressionnante composition, et bien sur, la couleur grise toute de retenue et  qui permet pourtant des échappées lumineuses et  ce rouge si sanglant mais si vivant.
 

kl loth 28/09/2007 00:57

J'aime beaucoup ce texte, ainsi que l'association avec ce beau tableau de N. de Stael.
C'est tout-à-fait en accord avec ces jours-ci où l'été vient de basculer brusquement vers les "mauvais jours".
La mémoire des beaux jours et l'humeur sombre se mêlent !

Arthémisia 28/09/2007 01:03

Merci de ton passage et de tes mots kl loth.
C'est vrai que ce texte écrit alors que l'été était encore largement présent chez moi, n'était encore  à ce moment là  que le reflet d'une humeur passagère mais  la météo c'est tout à coup mise de la partie.
Quant à ce de Staël sublissime, il s'est imposé comme une évidence...

juliette b 27/09/2007 19:15

entre lumière et ombre, c'est notre vie avec ses hauts et ses bas, ses clairs et ses obscurs...Bises tendres

Arthémisia 27/09/2007 19:32

Tout à fait. Mais l'interrupteur fonctionne dans les 2 sens..heureusement.
Bises tendres
Arthi

bleu-marine (chez souviens-toi) 26/09/2007 21:01

tite arthi : tout est dans la façon de voir .......moi je vois tout en bleu, et quand je ne mets pas de bleu, j''écris en rouge !!
sourire........un jour ON naît,... un jour ON vit, ...un jour ON meurt, ...mais un jour ON renaît............
je t'embrasse, ma douce -

Arthémisia 26/09/2007 21:11

Merci de me rappeler tout cela. J'ai écrit ça dans un moment de cafard, la semaine dernière.
Mon gris, le gris de ce jour là était  cependant coloré et aujourd'hui le rouge, et l'orange qu'il contenait ont jailli en un grand soleil...
Moi aussi, je t'embrasse, bleu-marine
arthi

fdb 26/09/2007 15:39

Le seul truc qui me fait bizarre, c'est la blanquette de la voisine qui entre par la fenêtre ouverte... C'est à ce genre de sourire qu'on goûte un peu de douceur...

Arthémisia 26/09/2007 15:58

mais OUI!!!!!!!!!!!!!!!!
Ce seul truc c'est qu'elle me fait culpabiliser...!

BLEU Virus 26/09/2007 11:37

Bipolaire ?! ....
ouvre vite ta fenêtre il fait beau dehors,  ne t\\\'appitoie pas sur ton sort il y a pire! aprés la pluie .... si ton bateau coule, regarde le couler ... de l\\\'extérieur.
bises!
 

Arthémisia 26/09/2007 15:55

t'inquiete : j'ai appris à nager en eau trouble...
Le terme bipolaire est tout de même un peu fort, non???
bises, Virus Bleu
Arthi

. 26/09/2007 09:10

L'interrupteur, c'est nous qui l'actionnons...ou pas.

Arthémisia 26/09/2007 15:54

Oui, quand nous est en état de le faire...

Lung Ta 26/09/2007 08:38

L'interrupteur change t il le décor ?Le chat voit il moins bien quand la lumière est fermée ?Quelle est la réalité ? Quel est son principe ?L'art devient beau par celui qui le regarde, on peut même trouver beau des toiles sombres, déchirées, sanglantes, noiresPrintemps, été, automne, la nature suit son coursPhase haute, phase bassetout est cyclealors qu'est ce qui ne tourne pas rond ???
bises chaleureuses

Arthémisia 26/09/2007 15:53

l' oeil...peut-être? Je parle évidemment de ce regard intérieur que certaines personnes ont plus affuté que d'autres.
Il reste heureusement sur la rétine, des images mnésiques sur lesquelles est écrit en gros et en rouge le mot : ON !!!!
bises, Lung Ta
Arthi
 

entité 26/09/2007 07:48

De paradis en enfer,voyage de toute vie.Les saisons nous renvoient au temps qui passe inexorablement , et nous rappellent par leurs couleurs, par leurs odeurs que tout vit tout meurt. 

Arthémisia 26/09/2007 15:48

...et tout renaît aussi...parfois.
Ton passage me fait très plaisir, entité.
Bises
Arthi