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486 - Jour blanc

Publié le par Arthémisia

 
 
 
 
C’est encore  un jour blanc.
Ces jours là le blanc se particularise. Il se constitue lui –même en une  accumulation, des superpositions, des pleins sans déliés, des trop pleins sans débordement, des multiplications gonflées et gonflantes, des additions +++++, des totaux totalitaires. Car il n’admet aucune opposition ces jours là, le blanc.
Vous pouvez le caresser, essayer de l’amadouer, lui crier des horreurs à la figure. Il reste impavide. Rien ne le fait bouger. Il est sans réaction. Pour pouvez appeler, geindre, pleurer toutes les larmes qui vous restent. Il reste. Il demeure. Dans son verbe d’état.
Etouffant.
Certains parleront de pureté, d’autres de propreté. Fi  de ces préjugés ! Le blanc est une prostituée qui mange à tous les râteliers. Le blanc est sale. Il est pesant, lourd de toutes les couleurs, surchargé. Il ne demande qu’à recevoir, appelle, engloutit, détruit. Il est mortel à qui l’observe.
Préférez le voir, mais ne vous arrêtez pas. Ne laissez pas votre regard traîner par là.
 
Méfiez vous c’est contagieux le blanc.
 
Evitez les pages blanches, les toiles blanches, les écrans blancs. Ce ne sont que des appels sans réponses au spectacle d’une vie ordinaire.
 
 
Copyright © Arthémisia - octobre 2007
 
 
Avec: Piero MANZONI - Achrome
 

Commenter cet article

Martine 20/10/2007 08:09

un texte très fort qui incite à la réflexion personnellement je ressens le blanc comme un appel, il m'angoisse et j'aime la moindre touche d'une autre couleur qui repose mon regard
par contre j'achète de la peinture "blanc cassé " . une vengeance ?? ;-)
 

Arthémisia 21/10/2007 14:22

Enfin, enfin, quelqu'un qui semble avoir la même perception du blanc que moi, le même ressenti!!!!
Et quelle sublime idée de casser le blanc ....peut-être pas pour s'en venger mais plutôt pour pouvoir vivre avec, s'en accomoder, l'amadouer...(!!!)
au plaisir
Arthi

fbd 19/10/2007 22:13

L'angoisse de la page blanche?Le vide peut parfois être nécessaire, le blanc peut être protection.Un truc de yoghi, qu'on m'avait donné: si par ex au téléphone, tu as l'impression que ton interlocuteur te "bouffe la tête" (te vide d'énergie, te fatigue) mets près de toi une feuille blanche et regarde là...(remarque c'est peut-être plus un truc de sorcière? pas grave...)

Arthémisia 19/10/2007 22:20

Ce n'est pas l'angoisse de la page blanche: je ne connais pas cela mais plutôt sa violence : elle me fait "pondre", "accoucher" même quand je ne veux pas...!!!!
Si je fais cela...ton truc de sorcière...la page blanche ne reste pas blanche longtemps. D'ailleurs, je fais cela souvent, tout le temps... !!!! Dessin automatique? Crachat? rachat? ....un peu tout ça, je crois!

Yann 19/10/2007 08:58

je trouve tout à fait intéressant cette notion de blanc... et que celle-ci puisse effrayer.Ne dit-on pas que "la nature a horreur du vide et qu'elle cherche toujours à le remplir"Alors si la page blanche représente l'infini, l'espace sans fin, la Liberté absolue, on peut comprendre, il me semble, l'angoisse représentée par celle-ci; tant l'homme cherche dans ses limites sa plénitude.Hum... désolé, c'est un peu rigoriste tout ça pour un matin frisquet! (il fait 6° ici! (rire))bises, très chère.yann  

Arthémisia 19/10/2007 09:11

Attention le blanc n'est pas le vide....
Il est destructeur.
bises
Arthi

Paco 17/10/2007 22:45

Peut-être alors devrait-on parler de trous blancs ?Paco

Arthémisia 18/10/2007 06:05

L'image est intéressante...à creuser.
Bises
Arthi

. 17/10/2007 07:38

Qu'en est-il alors si c'est à pattes nues qu'on s'y engage?

Arthémisia 17/10/2007 12:27

C'est peut-être le meilleur moyen de vivre le blanc, en étant le plus nu possible.

souvienstoi 16/10/2007 23:25

Parfois le  blanc d\\\\\\\\\\\\\\\'une montagne  est cette neige éternelle qui  nous sublime ,  un nuage ciselé dans l\\\\\\\\\\\\\\\'azur ,  une mer démontée écumant sa colère , une étoffe qui  protège du soleil  quand brûle le coeur du temps  bise  amitié

Arthémisia 17/10/2007 05:33

Mais aussi la piste blanche sur laquelle personne n'a encore posé ses spatules, tentante mais risquée, grisante mais traitresse.
Bises
Arthémisia

volti 16/10/2007 23:06

Oui entre les lignes je perçois aussi cette provocation du blanc qui évoque la lourdeur du silence...
Il y a des silences apaisants, il y a des silences lourds de sens et de non-dits, il y a des blancs provocateurs et indescents qui appellent à la trangression...
tout est une question d'état interieur...le blanc à l'exterieur n'a pas d'existence en lui même; il est, à travers notre vécu intérieur au moment où notre regard s'y pose...
tendres pensées
volti

Arthémisia 17/10/2007 05:29

Ce que tu écris sur les relations entre le blanc et le silence est particulièrement intéressant. Cela me ramène aux mots  de Garcia Lorca  : "Tout le monde voit dans le silence(...) la paix et la tranquilité. Je ne vois quère, quant à moi, que trouble et inquiétude, passion formidable qui bat comme un coeur énorme..."
Passionnante aussi l'idée que tu évoques d'un blanc intérieur (je parle de son intérieur, celui de la couleur ,et non du notre) vivant, alors qu'il est inexistant extérieurement. Cela ne peut que renforcer l'idée de la perversité de cette couleur, de son absence de franchise, de sa provovante traitrise.
Amitiés
Arthi

jc 16/10/2007 19:01

le blanc immaculé donne toujours une envie d'aller le marquer le rendre rouge ou jaune ....................selon les gouts

Arthémisia 16/10/2007 19:04

Je l'ai dit : le blanc appelle. Voir le baiser bien rouge déposé dernièrement  par une admiratrice sur une toile de Twombly

. 16/10/2007 09:33

Je comprends maintenant ce que tu voulais dire quand tu disais que le blanc n'était pas le vide....

Arthémisia 16/10/2007 16:47

En aucune façon. Ils n'ont rien de commun.
Le blanc est toujours habité.

orchis-mauve 16/10/2007 08:49

Quelle etteur !!!Le blanc est un appel à la création, il est silence, solitude, pureté.Rien ne me réjouit tant qu\\\'une toile où les blancs se marienbt (en blanc) pour une perfection absolue..Ce n\\\'est pas comme le noir ou l\\\'orangeSourire provocateur ma belleO.

Arthémisia 16/10/2007 16:45

Mais tu le dis toi même Orchis : le blanc est un appel à la solitude.
Et cette solitude n'est elle pas aussi étouffante, pesante, sale...oui sale...? Je te laisse réfléchir...
Bises
arthi

Gérard fleur bleue 16/10/2007 08:35

Non ! le blanc est innocence, il est pantelant comme l'agneau pascal, il est le Tout, il est exempt de taches, c'est ton regard trop noir qui le rend livide... Apprivoise-le, il est cotonneux mais fort, il peut te rendre blanche de colère, ou blanche et pure comme une madone...
bises

Arthémisia 16/10/2007 16:43

Gérard, comprends bien que je livre ici un ressenti très personnel qui ne se veut aucunement didactique ni universel et peut-être très fluctant dans le temps. Cependant j'ai toujours eu la sensation, qui peut paraître étrange aux "non-peintres", ou simplement aux personnes peu exercées à la contemplation artistique en direct avec les oeuvres (je veux parler de la substance même de l'oeuvre)  que contrairement à l'idée recue, le blanc en peinture est épaisseur et lourdeur.
Bises
Arthémisia

. 16/10/2007 08:30

A force le voile s'opacifie.  Rien ne filtre plus au travers. "Méfiez-vous c'est contagieux le blanc"Hélas!

Arthémisia 16/10/2007 16:36

Nous nous comprenons.