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511 - La Ligne

Publié le par Arthémisia

 

 
 
Elle s’était endormie, ronde de ses caresses, grisée.
De sa bouche entr’ouverte  s’échappaient à intervalles réguliers les vapeurs de son âme, qu’il gobait en petites bulles tièdes et recrachait en étiques filets ainsi qu’il eut pu le faire de la fumée de sa cigarette.
Un de ses seins narguait l’air en accrochant son souffle.
Il ne le toucha pas mais décida d’en suivre la ligne de la pointe de l’index, à un centimètre de la peau, redoublant ainsi sa géographie en une courbe de niveau supplémentaire et virtuelle dans l’espace de la chambre. Le dessin resta en suspension dans l’air quelques instants. Cela le fit bander.
Il continua son tracé en descendant sur la dune de son ventre et s’interrompit au dessus de sa fente.
Sa bouche était sèche. Il déglutit.
Ponctuation.
 
 Copyright © Arthémisia – novembre 2007
 
 
Je tiens à vous proposer à la lecture le texte qu’écrivit Joan MIRO à propos de ses 3 grands Bleus exposés à Beaubourg et que j’utilise en illustration :
« Par les quelques lignes tellement  économes que j’y inscris, j’ai cherché à donner au geste une qualité si individuelle qu’il en devient presque anonyme et qu’il accède ainsi à l’universel. »
 
Avec  : l'un des 3 Bleus de Joan MIRO

Commenter cet article

fbd 19/11/2007 20:56

C'est bizarre, je vois surtout la peinture de Miro comme une peinture "à histoires" de ces images symboliques dont on aurait perdu le code...Sinon, je me contente de savourer ltes texstes et les échanges de mots "hors texte", toboggan sur des mots bien tendus et rendus glissant par l'esprit poétique...

Arthémisia 19/11/2007 21:04

Oui, derrière la peinture de Miro et même ses "abstractions" il me semble qu'il y a de la narration et même si on en a perdu le code ou qu'il ne nous l'a pas donné (il s'en fichait je crois) chacun peut en trouver sa clef.
La preuve en est avec les liens que j'essaie de tendre entre mes mots et sa (la) peinture...et bien sûr tout ce que chacun de mes visiteurs rajoutent et qui enrichit la tension existant entre les deux.

Daf née 16/11/2007 21:13

Des trois bleus; l'héros tique?

Arthémisia 16/11/2007 22:09

Chacun peut voir dans une oeuvre ce qu'il y veut. Cependant malgré ma lecture du jour de cette oeuvre de MIRO, je ne pense pas qu'on puisse  classer ce peintre dans les  érotiques. C'est un peintre du bonheur avant tout, mais aussi un peintre dont l'oeuvre onirique est très intellectuelle ce qui n'est pas antinomique

joruri 16/11/2007 20:57

Non, rassure-toi il n'y a rien d'épidermique. En aucun cas, c'est ta lecture, mais pas mon humeur. ;) Ceux qui connaissent mon "épidermisme" verraient très bien la différence...  ;))Mais je ne suis pas choqué, sinon je ne viendrai pas ici !Mais c'est vrai, j'ai un coté sérieux et distancé...Qui peut prêter à confusion. Nous ne connaissons rien les uns des autres, donc, l'effet de nos mots ou interprétations peuvent tomber un peu n'importe où. Si tu avais la moindre idée de ce qu'a pu être ma vie, tu aborderais les choses bien différemment je pense. J'en suis même sûr...Donc, tes taquineries ne m'apparaissent que pour ce qu'elles sont: des taquineries. Ton texte est bon. Et ce n'est pas une contrepèterie... :)))

Arthémisia 16/11/2007 22:03

Ben oui, je l'avoue -mais que cela reste entre nous- j'ai l'épiderme sensible et apprécie aussi les épidermes masculins pour le peu qu'ils le soient un tantinet aussi.
Que mon texte soit bon ou pas...j'oserai dire que ce n'est pas mon but. Il est. Cela me suffit. Le 20 je publierai un billet à ce propos.
Que tu l'apprécies, je ne peux qu'en être ravie mais mon but (ici en tous cas) n'est pas non plus qu'il te plaise.  
Bandée, cette discussion. Oui, elle est bandée! BANDEE!
PS : j'espère que mes allusions que tu as eu l'intelligence de prendre pour ce qu'elles sont, c-à- d des taquineries, ne t'ont pas froissé. Si c'est le cas, je te prie de m'en excuser.


 

joruri 16/11/2007 17:30

Tendre-à... Tendre...Mais personne n'a parlé de ma virilité, seulement d'un mot.Qui M'a mis dans le coup et a dérivé d'une réflexion linguistique à une réalité personnelle ? C'est pas bibi ; ) )Est-ce que je sais si les femmes auxquelles je parlent mouillent, ou salivent, ou se liquident ?Donc je ne reproche à personne d'aimer un mot, mais j'en cherche un autre (voir ci-dessus)Attaquez une fille sur sa poésie, slach, elle sort ses griffes... ;)

Arthémisia 16/11/2007 19:55

tout doux, tout doux Joruri....
"J'ai dû avoir de ce verbe un usage exagéré..."
je te relis.
Effectivement j'ai peut-être interprété un peu vite cela comme "j'ai eu un usage exagéré de la bandaison"...autant pour moi...mais cela était plutôt à ton honneur, non?
Ta réaction quasi épidermique m'amuse cependant beaucoup...et puisque je suis chez moi, j'en profite pour essayer de ne pas la généraliser à tous les hommes (...j'en connais de mes copines qui doivent bien se marrer.)
Je t'embrasse
Arthi

. 16/11/2007 16:32

C'est un mot que je trouve superbe et dont tu défends bien toutes les acceptations arti....Il y a des mots qui, sans être rares résistent bien au galvaudage, à la vulgarité ...Je trouve que "bander" justement est de ceux-là.

Arthémisia 16/11/2007 16:37

Mon "bander" (!!!) me plait, l'image que j'en ai (!!!!) me plait et je n'ai pas honte de le dire, de l'écrire et de le vivre.
Simplement du plaisir à jouer avec les mots , les cordes des arcs, les muscles et les sexes.
Jouer, jouer, jouer....
________________________________
Merci de ton passage (.)
A.

joruri 16/11/2007 15:50

Je parlais en écrivain et non en homme, et je ne critiquais pas l'emploi que tu en fais, mais les limites que moi je lui vois. Je ne parlais pas de ton texte, je parlais de mon oreille littéraire à moi.Je ne disais pas non plus cela pour avouer quelque manque dans ce domaine, interprétation un peu rapide de ta part, et fondée sur quelques rapprochements verbaux de types Freudiens qui ont un fameux coup dans l'aile...De plus j'ai décris que c'est moi qui ai perturbé le mot, et non que le mot m'a perturbé moi !Je ne cherche pas non plus à parfaire mon vocabulaire dans ce domaine où je ne suis pas un perdreau de la veille, mais à trouver un vocabulaire qui rendrait compte de MON DIT a ce sujet...Je n'aime pas le mot bander comme je n'aime pas les mots dont l'usage immodéré a fini par les galvauder.Bref, je cherche, et ne t'oblige pas à le faire, un terme qui conviendrait à ma perception de la double dimension du désir qu'il manifeste, le désir du corps, et le désir de l'au-delà du corps que le désir induit.

Arthémisia 16/11/2007 16:06

J'entends bien et suis ravie de ta réaction (!!!!).
 Osez avec humour parler de sa virilité à un homme  et il sort ses griffes!
Cependant je ne sais pas si justement il faut si fortement séparer l'homme et l'écrivain?  Tu as perturbé le mot mais  le mot ne fait-il pas (un peu ) la chose (Lacan)?
D'autre part, dans la mesure où l'écrivain (puisque c'est de lui que nous parlons) ne fait pas un usage immodéré d'un mot galvaudé par le public,..mais justement le "choisit" , est ce qu'il ne le réabilite pas un peu aussi?
ps : lu rapidement dans le livre dont je t'ai parlé : bander : opposer une forte résistance à une inévitable chute des corps....

joruri 16/11/2007 14:24

Il faudra un jour que je consacre du temps à trouver des synonymes du verbe "bander". Y compris des néologismes. Il me fait toujours l'effet d'un coup de klaxon au milieu d'une symphonie...Pourquoi ? En bon jeune garçon, j'ai dû avoir de ce verbe un usage exagéré qui l'a, si j'ose dire dévitalisé et entaché de connotations que je remets aujourd'hui en question, une fois la maturité et une oreille plus poétique venues.Rien de plus difficile que d'écrire un texte érotique...Qui soit à la fois érotique et beau...Soit on s'évade dans des métaphores et on fini avec un pauvre ying/yang de salon de beauté, soit on s'empêtre dans une économie de mots roots, qui finisse par sentir sous les bras...Et par-dessus tout, il faut garder la tête froide, et si ce n'était que la tête...Donc, pas simple, pas simple, pas simple.

Arthémisia 16/11/2007 14:58

Pas simple, pas simple, pas simple...mais quand il faut  dire, je dis, quitte à utiliser un mot un peu "parfumé" (pour poursuivre ta métaphore ). 
J'aime le mot bander. Je ne lui trouve aucune connotation vulgaire, à peine familière. Il évoque pour moi la tension de l'arc  tout autant que l'érection. Et dans mon texte en l'occurrence, après la trajectoire du doigt suspendu dans l'air toute tendue sur sa ligne, je crois qu'il est bienvenu.
J'essaie de bien nommer les choses et je  reprends à mon compte la citation de Francis Ponge qui dit "L'amour des mots est en quelque façon nécessaire à la jouissance des choses". (Le Grand recueil).
Mais j'accepte la critique constructive . Tu fais bien d'évoquer le fait que comme tu le dis toi même avec humour, le verbe bander perturbe tes oreilles parce qu'il a perturbé ton adolescence. Il serait peut-être temps de grandir? Si bander n'est pas beau au moins j'espère qu'il est bon? Et j'ose espèrer qu'il ne perturbe pas aujourd'hui que tes oreilles...
ps: pour parfaire ton vocabulaire sur la "chose" puis je te proposer la lecture croustillante de "Appeler une chatte...mots et plaisirs du sexe " de l'historienne et philologue Florence Montreynaud qui y révèle la vie cachée des mots du sexe. Tu y trouveras certainement des synonymes du verbe bander. (Je n'ai pas le courage de chercher moi même!)

jc 16/11/2007 09:37

miro laisse voir contrairement à son nom

Arthémisia 16/11/2007 09:41

Tout à fait. Laisser est bien le terme qui convient... et surtout pas donner à . Il nous veut acteurs de notre contemplation.

orchis-mauve 16/11/2007 08:35

Il semble que nous aimions toutes deux la géographie.J'admire Miro, et je le trouve très clairvoyant."Atteidnre à l'universel" le rêve de tout créateurbisousO.

Arthémisia 16/11/2007 08:37

La géographie du corps, des corps, conduit à cet universel qu'est la vie, non?
bises + sourires
Arthi

Lung Ta 16/11/2007 08:22

Magnifique toile
superbe texte
quand la rencontre sensuelle est encore art
bel ensemble
et merci aussi pour le texte de Miro
bonne journée
Bises

Arthémisia 16/11/2007 08:34

Je crois t'avoir déjà proposé ces mots de Marcel Duchamp à la lecture mais je me répète sans honte :
" Chaque seconde, chaque respiration est une oeuvre qui n'est inscrite nulle part, qui n'est ni visuelle, ni cérébrale" (Pierre CABANNE - Entretiens avec Marcel DUCHAMP -  Edt Belfond)
Quand à MIRO, trop souvent réduit à la qualitfication de "peintre de la joie"...je crois qu'il mérite qu'on s'arrête aussi sur la grande maturité intellectuelle de son travail.
bises, Lung Ta
Arthi

joruri 16/11/2007 07:36

Etonnant de voir comment le filigrane d'une femme peut modifier la silhouette d'un homme. ;)

Arthémisia 16/11/2007 07:41

Tout est affaire de tension.
Un filigrane n'est ce pas aussi un sous-(en)tendu.?

Laurent Morancé 16/11/2007 03:09

Voilà ce qu'il est convenu d'appeler tenir sa ligne éditoriale...

Arthémisia 16/11/2007 06:04

L'édition reste quand même un peu spéciale...