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515 - Retrouvance*

Publié le par Arthémisia

 
 
 
 
Je me prends à rêver
Nageant dans tes eaux neuves,
L’âme en retournement,
Plongeant encore au puits
De ta bouche,
 
Engloutissant tes mots
Au rivage des naissances,
Telle l’affamée
Après le jeun infect des blancs oublis.
 
Le flux est salvateur.
Ta prière m’habite
 Et je deviens curieuse
Tel le serpent liquide,
Allant s’insinuant
De creux en creux
Au cœur de ton élan.
 
Je jardine dans l’onde.
Tes mots sont mes sillons.
Semer, semer, dessus, dessous,
Des tonnerres orangés !
Semer, semer, dessus, dessous,
Des tonnerres orangés !
Et revenir, trempée
Au sortir de l’ondée,
Entre tes transparences
Allumer mes clartés.
 
Dis, chante, et hurle
L’anthurium géant qui jaillit de ton ventre !
Dis le volubilis, et le pampre d’argent !
Dis la terre bourbeuse,
Les sables, les galets,
Les secrets réécrits en petits cailloux ronds
Et le bleu de tes yeux
Insurgés du néant.
 
Dis moi et parle encore.
Je vogue en ta parole.
Je ne t’écoute plus
Mais toujours je t’entends,
Dis moi les mots, l’Amour
Dis moi l’effarement
Et surtout n’oublie pas 
Ta fière retrouvance.
 
Copyright © Arthémisia - novembre 2007
 
 
 
Avec : Didier STEPHANT - Bloc - Huile sur médium et bois
photo Copyright © Arthémisia

Commenter cet article

Alex 24/11/2007 23:06

Vraiment très beau ce poème.
Juste un truc, si je puis me permettre... (Euh, je peux ?) Sans les deux derniers vers, il me semble qu\\\'il serait encore plus fort (en arrêtant à "effarement" , ça donne une espèce de puissance expressive..., sais pas trop comment dire autrement...)

Arthémisia 25/11/2007 16:10

Peut-être que sur le plan de l'écriture, on pourrait sans passer (ce dont je ne suis pas certaine du tout..) mais il y a dans les 2 derniers vers une espèce  injonction qu'il m'est impossible d'éviter...

Cara Mia 22/11/2007 01:26

Je ne peux qu'applaudir la virtuosité de ta plume mais aussi la sensibilité qui l'anime... pas d'hermétisme selon moi, des mots unis dans un subtil tressage qui n'appartient qu'à toi et que l'on s'approprie pourtant, chacun à sa manière... Je me suis laissée emporter par cette magie, moi, l'amoureuse des mots. Je m'incline bien bas. Quelqu'un l'a dit, c'est un grand texte. Belle nuit.

Arthémisia 22/11/2007 06:07

Il y a des jours dans la vie où l'oeil est certainement moins réceptif à la parole. Il y a des jours où nous vivons le lire sereinement et d'autre pas. Peut-être que joruri n'était pas dans le bon jour....
Ce qui me réjouis dans tes mots Cara Mia c'est que tu abordes mon éventuelle unicité. Sans fausse modestie, cette question pour moi est primordiale. Je ne peux te dire pourquoi...mais simplement te remercier pour ces encouragements là.
A bientôt
Arthémisia

souvienstoi 21/11/2007 20:17

Le cri de l'intérieur que les mots extériorisent  comme une lave brûlante du  corps de la terre , goûter aux mots  qui  perlent de la bouche en embrassant l'esprit.....C'est  trés fort  et harmonieux.... bise  amitié

Arthémisia 21/11/2007 20:23

Les mots sont des brassées de vives chaleurs.Merci de tes compliments.
Bises + amitié
Arthi

Gérard fleur bleue 21/11/2007 18:48

Raclure, tu veux dire. sinon on peux dire aussi contredure, arrogure, ou même extravagure, pour la vraisemblure...

Arthémisia 21/11/2007 20:12

Dure, dure...je préfère ça!!!!!
bises
Arthi pliée de rires

juliette b 21/11/2007 18:44

ça doit être de ce texte dont tu me parlais.Joruri n'a pas compris !!!Il n'y a rien à comprendre, ça "coule de source", et ce poème lui aussi me coule du feu dans les veines.C'est un grand texte.BisousO.

Arthémisia 21/11/2007 20:09

Je crois oui, en toute modestie.
Bisous
Arthi

joruri 21/11/2007 17:41

J'aurais peut-être mis "retrouvure"... Non aïe, non, pas sur la tête !!! Aïe...:)))(Je plaisante !) 

Arthémisia 21/11/2007 17:55

ance est nettement plus "rond" que ure.
Et puis Recouvrance, béance, stance...alors que roulure, raquelure, souillure....Je sais ce sont des préjugés!!!!!!

volti 21/11/2007 17:34

Le cri du corps, associé aux silences du coeur est perçant, voir strident, tes mots résonnent là chez moi, pourquoi, les mystères du partages de nos maux...
bien à toi
volti

Arthémisia 21/11/2007 17:40

Cela fait quelques temps que je ne me pose plus la question de savoir pourquoi mes mots résonnent chez beaucoup de femmes  (voir de qq. hommes aussi)
La réponse est une évidence (et pourtant je ne cherche pas l'universalité!)...
bises Volti
Arthi

joruri 21/11/2007 15:40

Euh, mon problème ça doit être moi...T'inquiète, c'est pas de ta faute.

Arthémisia 21/11/2007 16:58

J'essaie de comprendre ce qui te bloque. Peut-être moi tout simplement?

Gérard fleur bleue 21/11/2007 14:56

C'est très émouvant, et très nostalgique... Je t'embrasse fort.

Arthémisia 21/11/2007 16:56

A le lire moi-même, il me bouleverse aussi...
Bises mon ami bleu
Arthi

polly 21/11/2007 14:13

Superbe! Tout est fluide et facile, tes vers sont comme l'onde, la caresse et le frémissement des coprs dans l'amour.

Arthémisia 21/11/2007 16:55

Et pourtant tout n'est pas facile...sauf l'écriture !
Merci de ta visite polly.
Arthémisia

Chris 21/11/2007 14:06

C'est un grand poème que tu as couché-là Arthi. C'est beau c'est fort dans l'image, l'évocation, le parfum, tes vers sentent la chaleur du mucus, et plus celui de la Vie.Parfois il ne faut pas chercher à autopsier le sens, et se laisser porter par l'onde. C'est meilleur.

Arthémisia 21/11/2007 16:53

Ouf! Suite au commentaire de joruri je m'étais mise à me croire hermétique...
J'ai voulu ce texte fort, oui, très fort...et cela lui et me fera mal de le disséquer : je ne veux pas me faire hara-kiri sur l'autel de ces mots là.
Merci Chris de tes encouragements.

joruri 21/11/2007 09:21

Euh...Je n'ai pas tout compris... :(

Arthémisia 21/11/2007 12:28

Où est ton problème?