Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

603 - Une Poignée d'humains

Publié le par Arthémisia

 Une lecture récente....
 
 
 
 
Une Poignée d’humains 
Geoffrey MILTGEN
Edition Olbia
 
 
Une poignée d’humains ? Qui sont ils ces humains, ces cinq personnes – ne faudrait il pas mieux dire ces cinq personnages tant , au premier abord, ils peuvent paraître caricaturaux - dont Geoffrey MILTGEN nous fait le portrait ?
 
 
· La première n’aime pas le rouge à lèvres noir.
· Le second est persuadé que la Passion du Christ est une
   de ses grandes aventures féminines.
· La troisième dit qu’elle est née dans une orgie.
· Le suivant déteste les langues.
· Et la dernière voit la vie en vert, couleur complémentaire de
   celle de  son mari bordeaux.
 
 
Bien   sur, me direz vous, ce n’est pas vous, ce n’est pas moi. Ce sont des types, des atypiques peut-être aussi ? Pourtant leur vie est banale, monotones, sans événement, jusqu’à ce qu’ils soient confrontés à LA rencontre du livre, la rencontre de leur faiblesse face à la maladie.
Car il s’agit pour MILTGEN de nous ramener à nos fragilités, à notre vulnérabilité, à nos blessures.
 
Le mal est vif, abondant, rapide dans sa progression, comme le style de MILTGEN.
On y retrouve la fatalité faussement naïve qui tombe sur ces humains comme elle est tombée jadis sur le Grégoire Samsa de KAFKA, les obsessions comme moteur unique de la vie, l’absurdité, l’humour, l’ironie, la férocité de certains auteurs expressionnistes (je pense à Georg HEYM lu récemment), et l’étrangeté  (quelque chose du "décalé" d'Akira YOSHIMURA par exemple…).
Chaque «cas », chaque malade, regarde la maladie prendre son corps, attentivement, crûment, avec passion, avec douleur,    dialoguant avec lui-même en une balade trash proche de la dissection, celle que nous faisons tous dès que nous portons sur nous un regard sans complaisance.
Et c’est alors que cette poignée d’humains si improbables prend toute sa vraisemblance.
 
Une belle rencontre de littérature maîtrisée, corrosive et délirante.
 
Allez, juste un peu pour vous mettre en appétit!...:
 
" La bête avait compris bien précocement que l'oiseau rare qu'était Valène était vouée à vivre seule. Valène Hicnoque était  un vers solitaire dont la vie fut un taenia."
 
 
Copyright © Arthémisia – Février 2008
 
Illustration : Francis BACON - Autoportrait

Commenter cet article

MAVERICK 09/03/2008 22:29

Bonsoir,
essaye de répondre à cette question :
 
" La mort....ou....tchi-tchi "
 
et passe me voir,pour vérifier,si tu as bien répondus.
 
**M@VERICK**

Arthémisia 09/03/2008 22:34

Cathérineta .???...ben oui...tu me dis tchi-tchi...
Je cours chez toi pour avoir la réponse....

joruri 09/03/2008 14:54

Cela fait des lustres que ton argumentaire nous est resservi.Le pire n'est pas dans les romans, mais dans les infos, et je suis POUR tout dire dans les infos. Ce que je discute, c'est le choix esthétique SYSTEMATIQUE du laid, ou violent, ou brutal ou gore qui se veut "culturel". Je connais ton discours depuis mon adolescence, et expérience faite, je n\\\'y adhère plus.Il y a eu tous les poètes maudits dont on peut rêver, puis le nouveau roman, et puis et puis... Vient un moment où cette attitude destroy et proto-punk devient un nouveau lieu commun et une convention etouffante, quasiment scolaire. A force,  ça me fatigue.Je ne prétends pas à une vérité, mais c'est un contre-pied du contre-pied des conventions que je me propose de faire. Je lisais H Michaux en seconde pour le peu que j'y suis allépendant que mes camarades étudient Barjavel ainsi que le moine de Lewis par Antonin arthaud, Joyce Mansour, Jean-pierre Duprey et René daumal.Et là, j'ai envie d'un art de jardinier. C\est pour moi une espèce d'overdose de mocheté chantée, peut-être par ceux, les privilégiés, qui n\\\'ayant pas été touché vraiment par l'agonie de l'absurde  qui ont la chance de pouvoir la supporter...moi non. Quand on a été mordu par un serpent, on a peur d\une corde.Eux, ils en font des livres, mais moi, je l'ai vécu. Cest bon, jai assez donné...Comprends-moi, je ne veux pas t'obliger à rejetter cela, car c'est de MON attitude dont je parle mais pareillement, tu ne peux pas me contraindre à l'aimer.

Arthémisia 09/03/2008 15:18

Joruri, il n'est pas question de te contraindre à quoi que ce soit. Nous avons déjà abordé la question de la "laideur" dans des comm. précédents. N'y revenons pas.
Je te parle d'une de mes récentes lectures. C'est tout. Je ne fais pas de prosélytisme.
Permets moi simplement de te dire que moi, certaines "joies", "plaisirs" enfin on peut appeler ça comme on veut...je n'arrive pas à les partager ...j'en veux pour exemple ma soirée d'hier devant "Bienvenue chez les ch'ti". La salle de cinéma était pleine. A mes cotés s'esclaffait sans retenue une dame  (50 ans au moins) qui y allait à fond de ces "oh! putain.."..;"mort de rire"..et autres "trop fort" à chaque gag et moi j'en avais la nausée.
Non, vraiment, je préfère passer une soirée avec un bon livre qui me fait réfléchir....que d'aller me faire gaver de daube . Et ce qui m'attriste moi, c'est que ces gens qui se "mourraient de rire" hier soir, aujourd'hui ont retrouvé leur petite vie plan plan, bien rassurés de savoir qu'il va bien le cinéma français. Mais là bien sur on ne parle pas de Beauté mais d'intelligence, joruri, et surement aussi de sensiblité.
L'argument que j'ai entendu c'est : oui, mais ils ont besoin de se vider la tête, de s'amuser après leur semaine de travail, d'oublier leurs problèmes, de décompresser... C'est sur qu'après ça, il ne reste plus grand chose dans leur tête...
Cependant, il y a une chose importante que je pense partager avec toi (ouf!!!)  c'est la puissance de plaisir qu'apporte la nature. Pourquoi,la Nature apaise t-elle? Pourquoi recèle -t-elle le beau (aussi)? Pourquoi y sommes nous bien? Je crois que c'est tout simplement parce quelle nous permet de nous retrouver avec nous même, qu'elle ouvre la réflexion, la méditation, le recueillement, par son immensité et notre petitesse, par son accueil devant notre désoeuvrement, par son silence sans jugement devant nos mots( maux).
bises
Arthi

Bleuvirus 08/03/2008 23:31

Comme je n'ai pas lu le livre et n'en connais pas l'auteur je rebondis  sur le com précédent pour également offrir une fleur à toute celles qui se sentiront concernées par la journée de la Femme...
Ne vois tu là  qu'une "inégalité"  de plus, Arthi ... pourtant  c'est bien parce que Vous êtes que Nous sommes, alors ces fleurs sont en votre honneur.
Kisesssss

Arthémisia 09/03/2008 14:17

Merci Virus, je ereçois ta fleur en plein coeur même si je ne me sens pas concernée par la journée de la femme mais par toutes les journées de toutes les femmes.
bisous
Arthi

MAVERICK 08/03/2008 11:38

Arthémisia 08/03/2008 16:59

Merci beaucoup Maverick.
Cette fête me paraît ridicule pour plein de raisons mais j'accepte volontier ta rose.
Bon week end.
Arthi

joruri 08/03/2008 10:52

Je n'y arrive pas...Déjà qu'à priori je n'aime pas lire !Mais non, cette complaisance avec la laideur, la bassesse, la tristesse, la déformation, le sordide, le détruit achève de me fatiguer.Artiste, je suis responsable du beau que je participe à mettre dans les coeurs. Je dois faire éclore autre chose que ce que la télé et le mode de vie matérialiste et destructeur qui a court entretient dans les esprits: une esthétique violente, sciemment laide, défigurante, sale, grise. Autrement dit : parfaitement soumise au système auquel elle fait allégeance par sa participation à l'horrible.Inutile d'insister, c'est non.

Arthémisia 08/03/2008 16:56

L'écrivain, joruri at-il obligation de dire du beau, de ne parler que du beau?
Non, il a aussi un devoir de parole. Il observe, écoute, sent, touche et transmet les messages qu'il reçoit. Pourquoi devrait il occulter les moins agréables? Cela ne fausserait pas un peu la donne? N'est ce pas se voiler la face et participer d'un système qui voudrait camoufler le pire parce que c'est le pire, et surtout pour se donner bonne conscience?
Et puis pour aller plus loin on peuta ussi s'interreser simplement à la forme du livre. Celui ci en l'occurence par son style rapide et sec (ce sont des nouvelles) est particulièrement pertinent.
bises
Arthi

gentle13 08/03/2008 07:46

Bonjour Arthi, excellent ce que je viens de lire dans le commentaire que tu m'a laissé, tu as un sacré talent pour jouer avec les mots :Pour les tourner les contourner, accessibles ou inaccessibles les mots sont là fugaces, éternels lourds ou légers, ils laissent leurs empreintes dans nos consciences. De toutes façons les mots ne sont pas tendres quand ils sont justes.
Bises
Paul

Arthémisia 08/03/2008 09:26

Et pourtant dans les bras des amants les mots sont parfois tendres et justes.  Mais là aussi ils peuvent être particulièrement forts...
Bises
Arthi

MAVERICK 07/03/2008 22:29

Coucou ma belle......
Perso,moi ausii,j'ai un faible pour les san antonio.....
bon week end.....
BIZ
Maverick

Arthémisia 07/03/2008 22:33

Je lis ça sur la plage.. Ce sont mes seuls livres qui sentent le monoï!
bises et bon week end à toi aussi Maverik
Arthi

Laurent Morancé 07/03/2008 20:53

Je te nomme responsable des achats pour ma bibliothèque personnelle...

Arthémisia 07/03/2008 20:58

Je ne peux pas accepter cela. C'est une trop grande responsabilité.
Et puis ce que tu ne sais pas c'est que je lis aussi des San Antonio!!!!

julietteb 07/03/2008 16:06

admirative comme toujours de ton talent pour faire aimer ce que tu aimes.Des noms comme Kafka, Yoshimura me donnent l'envie de lire, mais le sujet n'est-il pas trop destabilisant ?Bises

Arthémisia 07/03/2008 16:34

Non, ce n'est pas du tout destabilisant. Les personnages ne se révélent des êtres humains comme toi et moi que parce que la maladie arrive, que parce qu'elle leur permet l'instrospection. Elle ne serait pas là , ce serait une poignée de farfelus déjantés mais on s'approche d'eux au fll des pages parce que leur humanité grandit.
Et puis il y a l'humour très très présent, caustique , acide et très aiguisé. Ce livre est drôle...aussi!!!
bises
A.

gentle13 07/03/2008 10:15

Bonjour Arthémisia,excellent ouvrage que celui là. Je te souhaite une bonne journéeBisesPaul

Arthémisia 07/03/2008 10:19

Heureuse de partager tes goûts litteraires.
Belle journée à toi aussi Paul et ce malgré la pluie.
Bises
Arthi