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1293 - Je suis la fille de mon père et... c'est mon anniversaire

Publié le par Arthémisia

http://images.blog-24.com/1050000/1047000/1047112.jpg

 

 

 

Comment aimer celle qui ne m’a jamais aimée ?

Tu as toujours voulu que je sois comme toi, que je pense comme toi, que je te choisisse, que j’aime ta froideur, tes jugements, tes rudesses, tes éternelles insatisfactions, que j’abonde dans ton sens, que je me complaise dans tes douleurs. Que donnais-tu ? Que donnes-tu encore aujourd’hui ? J’ai beau chercher, je ne  trouve rien. Il me semble que tu es passée à côté de l’essentiel, à côté du bonheur, parce que tu ne sais pas le manque et soudain –miracle !- le plaisir. Parce que tu ne vis que dans la frustration, quelque chose que tu entretiens et qui te porte sur un piédestal devant lequel je devrais me courber. Ce que tu es loin, Maman…


 

Je crois qu’un enfant ça a besoin de sourires, de rires, de farces, de fantaisies, de joie. Il me fallait un ogre dans mon conte. Il était un ogre. Il dévorait tout à pleine bouche, en tous sens. Toute sa vie.

Il m’a aimé lui. Avec lui fut mon meilleur. Surement mon ami.

C'est avec lui que j'ai appris le goût des choses.



Evidemment ça fait des jalousies.

 

 

Personne jamais ne le remplacera. Je le sais très bien.

Les cotillons sont rangés au fond du tiroir. A côté des pinceaux et des caresses.

La plage est vide.

La fête est finie. Ca fait déjà douze ans.


Quand on perd son père, est-ce possible de perdre sa vie ?

 

 

 

Copyright © Arthémisia – Août 10


Avec :   Père et fille - Zhang XIAOGANG, huile sur toile – Série Bloodline  - 120 x 150 cm, 2006/07, Fu Ruide Collection

 (notez la fine ligne rouge qui court entre les 2 personnages, métaphore des liens du sang)

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volti 22/10/2010 22:55



Oh mon père qui est aux cieux


si dans mon coeur tes yeux avaient puisé,


si ton regard aimant avait pu s'y poser


Si tu avais pu être ce que tu prechais,


tout le mystère de mon être


sans la lourdeur de nos chairs, la Beauté en seule guide


l'amour en seul pitance, aurait trouvé echo dans tes racines...


Mon âme à ce jour aurait évité bien des  errances...



Arthémisia 24/10/2010 19:41



Ton appel comme une prière quasi déifiante, nous rappelle que nous les petits filles, nous (et aussi très souvent nos familles)
nous élevons des croyances hors du possible devant nos pères qui contre nos attentes ne sont qu’hommes.


Et nous nous retrouvons ensuite bien seules avec nos consciences, si le besoin s’en fait sentir, et sans culpabiliser, à devoir
renier ce mythe qui nous à fait.


 


Ceci est valable aussi pour les mères…et c’est peut-être pire, tu sais?


Mes bises


Arthi



aliscan 18/10/2010 19:53



Un texte magnifique qui me donne à penser qu'il est bien difficile d'être père, qu'il faut être à la hauteur. J’espère qu'un jour mes filles porteront le même regard sur moi !


 



Arthémisia 18/10/2010 21:13



Je pense que cela est très facile. Facile comme donner...donner en bas, donner en haut mais donner! oh oui,
donner!!!!



Sophie 18/10/2010 13:04



L'Aigrie, tu la donc connue de fort près... Guerit-on jamais de son enfance ?... Mais ce père aimant, malgré tout. Par conséquent tu boîtes un peu, peut-être, mais tu as au moins une jambe sur
laquelle te dresser. Pour moi, c'était le contraire : l'amour du côté de ma mère, la dureté du côté de mon père.


Bon anniversaire, Arthemisia (Gentileschi ?...).



Arthémisia 18/10/2010 21:09



Maman est encore là...mais si peu. Pas un mot pour mon anniversaire par exemple. J'essaie  de ne pas penser à ses choix et d'avancer sur ma bonne
jambe.


Heureusement mes amis (ceux du net entre autres) et mes enfants sont là. Ca ne remplace rien mais ça fait sacrément du bien quand même!


Merci de tes voeux, Sophie.


 


Et bien sur il y a dans le choix de mon pseudo une pensée pour la belle Gentileschi qui n'a pas d'H dans son prénom
cependant!


 



Alice 17/10/2010 22:45



Bon anniversaire Arthémisia, que ce soit un jour joyeux pour toi, être en paix avec soi-même et les siens, est un long cheminement , de lâcher prise pour l'amour du père et pour la mère si
lointaine, ainsi elle le veut, ainsi faut-il l'accepter. Moins on attend de l'autre, plus on vit et faisons vivre les autres, car on leur offre le meilleur de nous-mêmes. C'est ce que je crois
comprendre, renoncer pour être. Amitiés



Arthémisia 17/10/2010 22:49



Renoncer pour être....J'en suis pleinement consciente. Mais faute de devoir renoncer à tous devons nous pour autant renoncer à tout?





Merci  de tes bons voeux Alice;Ils me font chaud au ♥


arthi



monik 17/10/2010 22:29



Si ,chaque relation est irremplaçable car unique comme certainement chaque image de l'Amour.


Au moins as-tu eu le bonheur de connaître cet Amour là.



Arthémisia 17/10/2010 22:30



Je remercie Dieu infiniment pour ça!



monik 17/10/2010 22:00



Non, il n'est pas possible de perdre sa vie avec la perte de l'être aimé...juste une immense solitude et une relation unique qui est irremplaçable.


Ton père  t'a vraiment donné le goût et l'amour de la vie et toute belle chose est certainement pour toi empreinte de lui. Tu as le goût de lui à chaque instant et c'est ça encore ton cadeau
d'anniversaire. Bien des pensées.



Arthémisia 17/10/2010 22:07



Ton interprétation de la transmission est juste, Monik. Il y a durabilité.





Quant à l'irremplaçable, je sais bien qu'aucun être ne l'est. Là n'est pas ma quête. 


J'ai juste peur d'avoir perdu une image de l'Amour qui pourrait bien être la seule que je recevrai de toute ma vie. Et le fait de prendre des années ne me
rassure pas sur ce fait.



joruri 17/10/2010 19:59



'sxuse moi Arthi, je ne t'ai pas laissée tomber, mais comme disent les blues brothers, j'étais en mission pour le seigneur...



Arthémisia 17/10/2010 20:10



Tu n'as pas de compte à me rendre! Ce que je souhaite à mes amis, c'est avant tout qu'ils soient heureux, et comme ils l'entendent!



catherine 17/10/2010 19:53



Je suis d'accord. Ici, tu as toujours écrit ta vérité mais rarement aussi clairement . Longtemps, tu as écrit en langage poétique et métaphorique, ce qui est une manière de dire en pointillé
...Un texte comme celui-ci est un pas de plus.


 


Je ne dis pas que tu feras comme moi car nous sommes différentes mais je me souviens avoir écrit mon blog "je crie, j'écris" en langage poétique jusqu'au jour où j'ai été prête à m'écrire
vraiment et pleinement. Depuis ce jour là, je suis devenue incapable d'écrire en langage métaphorique . Même si mon écriture est devenue "moins jolie" toutes proportions gardées, elle est devenue
plus libératrice.



Arthémisia 17/10/2010 20:07



Les images ne sont que des images. La forme pour moi n'a pas l'importance que tu lui donnes. J'ai écrit ici des textes très très abscons pour qui ne me
connaissait pas. Il n'en disait pas moins. Et avec peut être encore plus de force.


 



fazou 17/10/2010 19:42



oui, je sais, certains se voient victimes. Parfois ils l'ont été. Ils n'ont pas la force de pardonner ou de se changer. Ils croient que c'est mieux en laissant la beauté s'abîmer. Au fond il y a
un poison qui les ronge, qu'ils arrivent souvent à disperser autour d'eux. Comme tu dis, ils passent à côté de l'amour -par volonté aigrie, peut-être, mais ça reste terrible.



Arthémisia 17/10/2010 19:45



Victime (?) - Pardon - Poison...tu as tout compris.


Terrible pour eux et pour les autres aussi, qui se sentent impuissants.



Caro 17/10/2010 19:29



non, quand on perd son père, on ne perd pas sa vie, on la continue, on se développe, on renaît parfois de ses cendres, et la pensée est toujours là.



Arthémisia 17/10/2010 19:40



La pensée est là. Toujours féconde, certes.


Mais l'Amour a disparu, dans la douceur du geste. Et ça je t'assure que c'est presque mortel...



catherine 17/10/2010 19:13



Je pense qu'en écrivant ce genre de texte emprunt de vérité, de ta vérité intérieure., tu vas enfin la gagner ta vie..


Bon anniversaire Arthi , je te souhaite le meilleur pour la et les années qui viennent..


PS: Avant de tout changer dans ma vie, j'avais commencé par là moi aussi ..écrire ma vérité intérieure et l'écrire sur un blog à la vue de tous. A partir de là, j'ai commencé à être pleinement
moi-même et à vivre enfin!



Arthémisia 17/10/2010 19:23



Ce que tu me dis me fait penser qu'ici n'a toujours était écrit que de la vérité (pour ce qui est de mes textes. Pour ceux des autres, je ne peux/veux pas me
prononcer!!!) , plus ou moins intime, je te l'accorde, plus ou moins profonde surtout.





Cacher aux autres ce qui m'anime serait me tromper moi-même.





Bien sûr avant d'arriver à associer mentalement mon anniversaire et le décès de mon père comme l'image de l'Amour perdu, il m'a fallu du temps, bcp
d'introspection et certainement quelques expériences heureuses (Merci mon Dieu !) ou... malheureuses.


Cette analyse ne peut venir dans l'immédiateté.


Merci bcp de tes voeux Catherine.


Plein de belles choses pour toi, pour vous!


Bises


Arthi


 



fazou 17/10/2010 17:27



Les blocages, oui… ceux qui n'arrivent pas à bien aimer en souffrent les premiers, ils ne le savent peut-être pas mais ils le vivent au fond d'eux-mêmes, cela les détruit. Tant de choses nous
échappent.



Arthémisia 17/10/2010 17:43



Oh...je crois qu'au bout d'un certain temps ils le savent, ils entretiennent la chose, s'en font des raisons de vivre et des sources d'honneur et de
valorisation. Ils demandent de l'Amour sans savoir qu'ils passent éternellement et par leur faute, à côté. Faute de lui sourire....



fazou 17/10/2010 16:40



Bon anniversaire, Arthi! C'est aussi celui de mon homme!!


je n'ai plus de famille, ni parents, grands-parents ou frère… même si l'on se croit irréconciliables, c'est encore bien loin de l'irrémédiable qui se passe à ce moment-là, la mort, la seule vraie
séparation, qui nous rend seule avec nos sentiments, nos joies, nos douleurs, tout à ce moment-là est à notre seule charge, parfois un fardeau bien plus lourd encore que ce que nous avons vécu et
cru subir. Pour continuer, il faut lâcher prise aux sentiments, les laisser partir dans les limbes. Nos sentiments changent aussi envers ceux qui sont partis. Rien n'est irrémédiable avant ce
moment-là. Si possible essayer de pardonner, d'aimer et de transformer… tant pis si ce n'est que dans un seul sens…


Bises, Arthi



Arthémisia 17/10/2010 16:56



Merci Fazou.


L'Amour ne devrait pas avoir de sens....


Bises


A.



lutin 17/10/2010 16:29



euh j'oubliais, joyeux anniversaire :-)



Arthémisia 17/10/2010 16:40



Merci Lutin!



lutin 17/10/2010 16:28



Sur cette photo je vois le fil rouge mais il est aussi quelquefois en pointillés, car la connection n'est pas facile entre deux êtres, le fil d'ariane est toujours présent mais parasité par
quelques orages créant des surtensions, je remarque aussi les regards brillants, ces larmes qui perlent au bas des paupières, ces larmes que l'on retient, alors que c'est avec l'eau que l'on crée
l'électricité jusqu'à penser que si on ne se retient pas le courant passe.



Arthémisia 17/10/2010 16:38



Ta lecture est extrèmement juste. Le fil est fin, s'arrête mais repart. Ni lui ni moi n'aurions supporté quelque chose d'épais et au cordeau.





Quant aux larmes, je veux parler des lourdes, je n'en ai eu avec lui que quand il est parti : avant ce n'était que la brillance des chamailleries d'une ado
et de son père. J'en ris encore aujourd'hui!



juliette 17/10/2010 14:11



Suis-je anormale, j'ai aimé mes parents, je sais ce que je leur dois, ce qu'il m'ont donné et transmis, même les douleurs dont ils ont été à l'origine (voir mon dernier article)  mais leur
disparition ne m'a privée de rien, je les évoque souvent avec tendresse, avec admiration, avec humour.


Ils m'ont précédée dans la vie, me l'ont apprise, isans être parfaits et ont disparu... parce que c'est ainsi


 


Je peux tout de même te comprendre... il est douloureux d'avoir de la rancune envers ses parents



Arthémisia 17/10/2010 16:33



Ce n'est pas de la rancune que j'ai pour ma mère; je la plains, de tout mon coeur et je me sens désemparée devant son mal-être.


La disparition de mon père m'a privé d'Amour. Et ça, Juliette, je crois que tu le sais autant que moi, bien que ce soit dans d'autres circonstances, c'est
terrible.



Bifane 17/10/2010 11:26



Il est certain, en tout cas, qu'on en perd une irrécupérable partie, oui, et parmi les plus essentielles encore... Cette page-là, quand elle se tourne, ce n'est plus de papier qu'est fait notre
livre, c'est notre peau qu'on déchire à l'enlever, c'est notre sang qui en a écrit le texte, l'histoire... Et il reste toujours tant de choses qu'on a en soi et qu'on ne peut plus donner
désormais... C'est là qu'on voit comme elle est triste, la vie, et si ça ne l'empêche pas d'avoir ses grâces, cette tristesse-là lui enlève définitivement son illusoire définition de beauté.



Arthémisia 17/10/2010 16:28



Je ne sais pas si au contraire cette page là ne renforce pas l'image qu'on peut avoir de la Beauté de la vie , en la rendant encore plus exigeante, en
construisant autour de ce qui est parti la Référence, en idéalisant peut-être -j'en ai peur, mais tant pis!- en tout cas en chassant ce qui ne saurait être gardé sous peine d'aigreur
(justement...) et en ne gardant que ce que l'oeil et le coeur sélectionneront pour rendre le meilleur dessin. (Voir sur cette question  mon billet 1290 et ses comm.)


A mon humble avis c'est par cette durabilité du Beau en nous, les choix que la Mort nous oblige à faire, qu'elle ne vainc pas et que nous pouvons faire de
nos souffrances une force.


 


amitié


Arthi



la vieille dame indigne 17/10/2010 11:06



J'ai si peur de ne te dire que des banalités vides ...


RIEN ne remplace un père.


Le mien m'a appris le chaos.


Bises Arthi +1



Arthémisia 17/10/2010 16:18



Rien ne console de l'Amour...sauf l'Amour.


Bises VDI



Ut 17/10/2010 08:59



 


Tout doucement, susurrer tout doucement à l'oreille endeuillée, à l'enfant orpheline


Tout doucement lui faire oublier un instant les larmes tues, le vide infini du père parti.


Tout doucement lui murmurer qu'elle est belle et luxuriante comme lui... et qu'on l'aime...


Joyeux anniversaire Arthémisia



Arthémisia 17/10/2010 16:17



Merci pour... TOUT...d'être  toi surtout.



gballand 17/10/2010 08:23



Emouvant, votre texte.



Arthémisia 17/10/2010 16:15



La vie l'est parfois.



tilk 17/10/2010 01:07



oh comme je te comprends ...moi je n'ai même pas eu ce père et à 16 ans j'ai quitté la maison...c'est dur de se rendre compte que les êtres les plus cher et les plus chair sont passé à côté de
nous sans nous voir vraiment...


bon anniversaire


besos


tilk



Arthémisia 17/10/2010 16:15



Il faut croire que pour certain(e)s la chair n'est pas quelque chose de facile à (sup)porter


Merci de tes souhaits,  tilk.


Bises


Arthi