LONG...

Lundi 25 mai 2009


 

C'est toujours la nuit que ça se passe.

Le noir laisse toujours les couleurs s'exprimer. C'est gentil du noir. Ca permet. Ca libère. Ca laisse vivre. Ca enfante.

Le noir c'est toujours un accouchement. Même dans le rêve. Même dans le sommeil.


L'horrible plafond a disparu. L'horrible papier peint aussi.

Même la rue ne fait plus de bruit.

La nuit, ne sent rien. Ou bien seulement nous, ce nous qu'on a étalé sur les draps à grands frottements de peau. Notre vieux parfum.
La nuit est plate. Grand aigle. Ni portrait. Ni paysage. On n'y a plus de sens. Juste des pensées.


Oh, d'abord ce ne sont que petits grains infimes. Des perles. Qui naissent on ne sait où, là-bas derrière, au fond.

Puis ça fond, ça s'étale, ça se liquéfie presque et nappe toute notre boîte crânienne. Est-ce bien dans le crâne ? Pourtant  c'est là que ça se passe, derrière notre œil, derrière notre rétine, même. Des images, sans support, qui flottent, qui s'emmêlent, qui oublient toute chronologie, toute censure. Un bal.

Un bal qui coule dans  nos bras, notre ventre, nos cuisses, et  s'échappe faute de place, qui sort par nos yeux pourtant clos, par notre bouche amollie par l'abandon, par nos pores, par tous nos orifices.


On n'a pas honte. Personne ne nous voit. Personne ne le sait. Personne ne le sent.

Nous sort de nous. A grands flots. Et c'est bon.
Comme la liberté.

 

Copyright © Arthémisia - mai 2009

Avec : CESAR - Expansion rose

Par Arthémisia
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Lundi 4 mai 2009


Samedi PM.

Relais H.

Gare de T.

J'achète 3 magazines pour une amie hospitalisée quand je vois que le relais dispose d'un rayon livres, assez vaste d'ailleurs.


Moi, à la caissière
 :

  • - "Bonjour . Vous avez le Goncourt, s'il vous plait?"

La caissière :

  • - "Quoi? Qu'est-ce vous voulez?"

Moi :

  • - " Le Goncourt, le dernier prix Goncourt."

Elle :

  • - "Je ne sais pas ce que c'est."

Moi (pédagogue...ben oui, je ne me refais pas !) :

  • - "C'est un prix littéraire que l'Académie Goncourt remet tous les ans pour récompenser un auteur. Vous avez peut-être entendu parler du prix Fémina, du prix Renaudot....C'est la même chose."

Elle,  la bouche en cœur :

  • - " Bof...Je ne connais pas ce machin. Mais vous savez je suis blonde, une vraie blonde."

....Toujours elle, en regardant la cliente derrière moi :

  • - "Et vous Madame, vous savez ce que c'est que ce truc?"

L'autre cliente, comme arrivée d'une autre planète (mais Trifouillis les oies c'est peut être sur une autre planète ?....) :

  • - "Heu....Non...."

 

Un blanc....
Une fuite. Ma fuite...

.../...

  • - Pourquoi suis -je blonde?
  • - Quelle est cette planète, celle sur laquelle j'essaie de vivre?

PS : le prix Goncourt de 2008 a été attribué à Atiq RAHIMI pour son magnifique roman Syngué sabour dont je vous ai parlé là.

 

Par Arthémisia
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Mercredi 28 janvier 2009




-      "
 J’ai deux places pour un concert. A l’issue, il y a un petit apéritif dînatoire. Tu m’accompagnes ?"

Nous étions ensemble, dans le même groupe de travail depuis 3 jours et je ne l’avais pas vraiment remarqué ; il faut dire que d’autres moins discrets que lui, occupaient tout l’espace sonore.

Pourtant il était grand, le plus grand de tous, élégant, et classique, en costume sombre, alors que tous les autres avaient enfilé leur imparable jean. En fait, il dénotait presque.

Quatre ans d’école d’archi et un événement mystérieux qu’il l’avait fait abandonner cette voie. Déjà, c’était l’atypique du groupe.

Et moi, comme d’habitude, je m’étais laissé emporter par les événements, j'avais foncé tête la première dans le travail et l’avais zappé complètement.

Pourtant il s’était d’emblée installé à la table en face de moi. Tous les jours.

Et maintenant il était là, planté sur le trottoir, et me dévisageait des pieds à la tête, en attendant ma réponse à son invitation.

J’avais très froid.

Copyright © Arthémisia – Janvier 2009

 

Avec : Nicolas de STAËL – Le Concert - 1955

Par Arthémisia
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Mardi 30 décembre 2008

 

J'ai  acheté de l'Amour en boîte. Oh, une toute petite boîte, il fallait bien que je me fasse mon petit Noël. J'ai drôlement navigué dans les rayons du supermarché avant de la trouver. Le magasin était sur le point de fermer. Heureusement dans l'urgence, elle m'est presque tombée sur les pieds, cette fichue boîte d'Amour. C'était la dernière. Ben oui, ça a dû être la razzia pour les fêtes.  On aurait dit qu'elle m'attendait.


Si j'avais pu j'en aurai peut-être pris deux. Allez ! Rien à regretter : c'est trop cher l'Amour. Et puis je ne veux pas faire une over dose ; c'est toujours risqué.


Ce matin j'ai posé la boîte devant moi sur la table, à côté de mon café.

Je l'ai regardée sous toutes les coutures. C'est  une boîte rectangulaire, petite, et très sobre, avec juste un mot écrit dessus en orange : « Amour ». Aucune autre information.


Combien ça peut peser ?

De quoi c'est fait ?

Je ne sais pas.


J'ai un peu peur. C'est peut-être totalement immangeable, chimique, plein de colorants artificiels, d'E320 ou E412, ou pire d'OGM ? On ne sait même pas où c'est fabriqué. Je ne veux pas d'un truc chinois, moi ! Il paraît qu'ils ont encore la grippe aviaire là-bas.


Vraiment, j'ai été idiote de dépenser autant pour ce truc qui ne me dit rien qui vaille. La prochaine fois je n'écouterai pas mes copines.


Ouf, il me reste encore un peu de pain. Ca ira bien pour ce matin.


Mais la boîte s'ouvrit toute seule...

 

Copyright © Arthémisia - Déc 2008

Par Arthémisia
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Vendredi 28 novembre 2008

 

D'où vient-il ?

Comment est il arrivé là ?

 

Le double battant du sas qu'il vient de franchir claque dans son dos, sèchement.

Neigeux, le couloir déroule devant lui son long ruban sans rien pour le rythmer. Seules les portes de  droite répondent en vis-à-vis aux portes de gauche sous la lumière blafarde et meurtrière des plafonniers hurlants.

 

Dans sa tête s'enroule encore pleine de sucre la voix de la femme blonde. Oui, oui, c'est bien ça. Pas d'erreur ; vous êtes attendu.

 

Il est nu. Ou sont ses papiers ? Son portefeuille? Qui est-il ? Il ne sait plus...

 

Sur sa tempe, glisse encore de grosses gouttes de pluie. La moquette est humide, désagréable comme une éponge, sous ses pieds.

 

D'une porte de gauche lui parviennent trois voix d'hommes. Il tend l'oreille. Il voudrait comprendre. Il ne perçoit pas leurs mots, juste quelques souffles, quelques cris.

 

Une petite fille en rouge, passe la tête dans l'entrebâillement de la porte suivante. "Où vas-tu?" lui crie  sa maman qui la retient. La porte se referme sur la gamine.

 

La lumière s'éteint. Une veilleuse bleue comme la mort, appelle sa main. Plusieurs cliquetis métalliques scandent le ré-allumage des néons.

 

Où sont ses affaires ? Son sac ? Ses vêtements ? Il devrait avoir froid. Mais non. L'air est doux, presque tropical.

 

Une femme de ménage africaine enturbannée le dépasse en  poussant son chariot qui couine. Il aime les couinements.

Elle se retourne sur lui et trinque à sa santé en buvant du champagne au goulot.

 

La statue de marbre au fond du couloir se cache dans ses draps blancs. Elle le regarde. Ils rient.

 

Où est-elle? La lumière s'est éteinte de nouveau. La veilleuse vite, vite !

Une main effleure son ventre. Elle est douce comme la mémoire.

 

Mais la femme de ménage veut déjà ramasser le tas de draps tombé sur le sol. Il lui en vole un et s'y enroule, assis par terre sur la moquette humide.

Que font ses papiers, là?

 

Il boit, le champagne chaud au goulot.

Demain, il partira.

Il a rendez-vous avec le vent.

 

 

Copyright © Arthémisia - Nov 2008

 

Avec : François BAROIS - Vénus callipyge

 

Par Arthémisia
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Jeudi 28 août 2008

 

Pour répondre à l'appel du Fleuve de Juliette sur Papier libre...

 

Il parlait vrai, unique, d'une voix ample, troublante et habitée, et pourtant de laquelle le danger n'était pas exclu. Ni la peur.

Il disait son enfance crachée entre deux pierres, dans l'anfractuosité grise d'une roche duale, perdue dans une solitude mousseuse et timide. Il n'était  alors qu'un murmure, celui d'une hésitation à sortir, celui de la larme qui suit la larme, mais que personne n'entend, surtout pas les géants.

Et puis il y eut d'autres mots, plus rapprochés, plus charnus qui lui donnèrent un peu d'espace, celui caressant les herbes des premiers temps, et celui de l'amour rose des libellules. C'était le printemps, la communion avec la Nature, faute de mieux.

Une pente s'amorça, raide et rapide. La parole roula des cailloux brutaux, se colora d'un sable irritant puisé dans les profondeurs d'un temps rouge. Elle inaugura la rage, installant ses tripes en tourbillons pervers. Le mot portait son poids, cognait et repartait encore pour faire place à un autre, aussi rempli de force. Il fallait dire. Il fallait faire du bruit, exister. La vie le demandait.
Cela fit mal.

Mais le chemin s'élargit soudain, prit de la profondeur, une pente plus douce. Le fleuve trouvait sa place, accueillait des hommes, des luttes, des caresses, des amours. Il parla moins, plus calmement, écouta.

Il gardait cependant quelques voluptés intestines, quelques refus de domestication, quelques gros mots rebelles, quelques nébuleux remous internes de honte, caché dans les roseaux. On l'entendait parfois crier la nuit.

Aujourd'hui, il coule effrontément offert à la nature, magistralement ouvert à la caresse de l'air, à la chaleur du ciel d'été, à la douceur des algues blondes de la rencontre.

 Il a rendez- vous avec la mer. Pour chanter.

Copyright © Arthémisia - août 2008

Avec : Pierino da Vinci – Le Fleuve et trois enfants

 

 

Par Arthémisia
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Mardi 15 juillet 2008

Et si vous avez déjà tout oublié, relisez  la 1ère, la 2ème et la 3ème parties...

 

Elle avait lâché sa cravate. Elle avait tout lâché, son désir de lionne et les mots qu'on ne dit que dans le noir.

Il était 16 heures pourtant.

Elle dansait.

Il avait fermé les yeux, et se laissait porter par un goût de cerise qui envahissait sa bouche.

Elle avait fermé les yeux, et se laissait porter par une douceur tropicale qui montait telle un flux doucement en elle.

Sa buée s'élevait, sucrée et ronde. Son souffle s'agitait autant que son ventre. La merveille chantait la clameur de la perle découverte.

Il avait trop faim de son fruit. Il y planta son glaive et ne la quitta plus.

Il est des goûters qui doivent durer toute une vie. Toute la vie.

Copyright © Arthémisia -  mai 2008

Par Arthémisia
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Jeudi 24 avril 2008



Vous me l’avez réclamé…Comme je suis une bonne copine, et que je n’ai aucune résistance, voilà le numéro 3.

Et si vous avez déjà tout oublié, relisez  la 1ère partie et la deuxième partie…

 

Elle dansait souplement, tel un oriflamme séduisant au mitan de son corps…

Ce jour là, elle arborait un splendide rouge, mêlant le lie-de-vin, l’opéra et la fraise écrasée, selon l’angle avec lequel la lumière venait à sa rencontre. Dans sa texture soyeuse et riche, en filigrane, transparaissaient d’étranges lacis d’une extrême finesse, d’un bleu de Patinir, hypnotique.

ELLE ne parvenait pas à en détacher son regard.

Elle dansait devant ELLE, glissant de la pointe sur le tapis persan, rencontrant sans le vouloir l’escarpin, effleurant soudain la cheville en provoquant un frémissement jusque dans la cuisse, qui ne lui échappa pas.

Et pourtant IL se trouvait bien ridicule, à quatre pattes sur le tapis, occupé à ramasser les affres du sucrier renversé aux pieds de cette belle blonde. Lui qui aimait tant tout maîtriser…

N'en pouvant plus, à pleines mains, ELLE attrapa le rouge, le splendide rouge, celui qui mêlait le lie-de-vin, l’opéra et la fraise écrasée et...tira.
IL lui sourit, à l'autre bout de la laisse.

...Et pensa tout de même qu’il était très osé de vouloir faire rimer une chatte avec une cravate.

Copyright © Arthémisia- avril 2008

Illustration : Guillaume APOLLINAIRE

Par Arthémisia
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Mercredi 12 mars 2008
 
Comme suite à ça...évidemment ils se rencontrent...
 
 
Ding Dong !
- « Bonjour Monsieur,…euh…veuillez m’excuser de vous déranger…voilà…euh…on ne se connaît pas…enfin pas vraiment…mais...bon…je viens vous rapporter ça. »
Elle lui tendit une enveloppe blanche à l’écriture nerveuse.

-         « Mais …comment avez-vous eu cette lettre ? » lui répondit – il en attrapant l’enveloppe qu’elle lui donnait.

-         « Vous l’avez laissée tomber au restaurant où nous avons déjeuné ce midi tous les deux.  Le temps que je la ramasse et que je cours après vous, vous aviez disparu. Mais il y a votre adresse au dos, alors… je me suis permise de vous la rapporter.» lui expliqua –t-elle.
Evidemment, son visage, l’allure de cette femme, lui revinrent rapidement en mémoire. Et surtout sa façon méthodique et extrêmement appliquée de décortiquer ses langoustines, ce qui l’avait beaucoup amusé.
-         « Vous êtes trop…aimable ! Comment puis je vous remercier ? Vous… prendrez bien un café ? »
-         « C’est que…Oui, …merci » murmura –t-elle.
Il la guida dans le salon.
-         « Mettez vous à l’aise.  Vous déjeunez souvent dans ce restaurant ? »
-         «De temps en temps mais plus souvent le soir que le midi. Ils ont d’excellentes côtelettes d’agneau. Mais ce midi, quand j’ai passé ma commande, ils m’ont dit qu’ils venaient de servir les dernières. Ce n’est pas très professionnel d’ailleurs. »
-         « C’est très drôle car c’est sûrement à moi qu’on a servi  ces dernières !... Permettez que je vous abandonne quelques instants, je vais faire le café. »
Il se dirigea vers la cuisine.
La  lettre qu’il avait encore dans la main prit soudain un parfait ridicule. Il ne savait pas vraiment pourquoi mais elle atterrit cependant dans la poubelle. Il ne le sut effectivement que quand il revint avec le plateau dans le salon.
Le soleil croisait les jambes dans son canapé.
 
 
 
 Copyright © Arthémisia – mars 2008
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Dimanche 2 mars 2008
S’inspirant de Georges PEREC, Juliette nous propose sur Papier libre, de réaliser 2 portraits – l’un masculin, l’autre féminin - en nous inspirant des réponses que nous aurons données aux questions suivantes :

-
Quels sont ses objets fétiches ?
- Que fait-il quand il (ou elle) n'a rien à faire ?
- Qu'y a-t-il dans ses poches ?
- Quel est le cauchemar ou le rêve qu'il (ou elle) fait régulièrement ?
- Comment mange-t-il  (ou elle)?
- A-t-il (ou elle) le sourire facile ?
- Comment ses amis le (ou la) surnomment-ils ?
- De quoi a-t-il peur ?
- Aime-t-il (ou elle) les animaux ?
- Que boit-il quand il fait chaud ?
- Où s'assied-il volontiers ?
- Quelle langue étrangère parle-il (ou elle) ?
- Quel genre de mère a-t-il (ou elle) eu ?
- Avec quoi écrit-il (ou elle) ?
- A-t-il (elle) des cicatrices ?
- Quel est l'évènement qui a bouleversé sa vie ?
- S'endort-il (ou elle) facilement ?
- À quoi ses clés sont elles attachées ?
- Qui sont ses voisins ?
- Aime- t-il (ou elle) la chaleur ?
-- Comment est-il (ou elle) quand il est amoureux ?
 
…Eux …
Il adorait la chaleur de son lit, même tard dans la matinée ; il y gardait les yeux ouverts, repensant à cette fuite dans le désert, qui l’avait vu bondir hier, sans crainte, tel le guépard.
Aujourd’hui sa seule angoisse était  de mourir seul.
Il aurait pu faire la fête. Quelques billets dépassaient encore de la poche de sa veste. Il aurait pu baragouiner quelques mots d’anglais à une touriste au casino, lui faire son plus beau sourire, lui offrir du champagne et des langoustes et faire semblant d’être fou d’amour pour elle.
Pourtant il se leva pour prendre du papier, son stylo et s’installa à son bureau. Il fallait soudain qu’il écrive.
Il regarda le tableau, celui qui représentait sa mer, son Ouest. Cela réveilla de vieilles cicatrices. Des bagarres du cœur.
La sirène d’un bateau retentit au loin.
« Pourquoi m’as-tu si peu aimé, Maman ? »
 
Cette maudite chaise manquait de confort…
 
 
C’était la fin du printemps et la chaleur s’annonçait agréablement.
La matinée avait été studieuse.
Elle avait commencé par dépoussiérer tous les tableaux et tous les livres, puis avait nourri les tortues, dans le jardin.
Apercevant le jeune voisin qui se promenait en boxer sur sa terrasse, un sourire lui était même venu.  
Puis, assise sur son lit,  elle avait passé deux  heures à trier soigneusement ses écrits, ceux qui encombraient ses poches, gribouillés au crayon, et ceux noircis au bistrot sur lesquels se dessinaient les ronds de ses tasses de café.  
Elle les avait rangés dans les classeurs orange, à côté des lettres qu’elle avait écrites à son père de son écriture appliquée, avec son magnifique Meisterstück.
Pourquoi n’avait elle  jamais eu le courage de les lui envoyer ?
 
Elle eut soudain l’envie rageuse de rogner une côtelette d’agneau  jusqu’à l’os…
 
Copyright © Arthémisia – Février 2008
Par Arthémisia
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