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1620 - Le Numéro 1620

Publié le par Arthémisia

 

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Après les huit heures de cours de la journée, elle s’était glissée sous la couette. Il faisait de nouveau froid en cette fin avril et les élèves étaient de plus en plus indisciplinés. Les sortir visiter l’opéra avait été une pure folie.

 

Elle aurait pu dormir jusqu’au lendemain, mais elle fut réveillée par des coups épouvantables frappés contre la vitre ; un oiseau se trouvait pris au piège entre la fenêtre et les volets qu’elle avait juste écartés et coincés par l’espagnolette. Il se débattait frénétiquement dans cet espace étroit dans lequel il ne pouvait même pas déployer ses ailes, se cognant violemment, affolé, ne sachant plus où trouver la sortie.

Sa danse macabre dessinait des ombres frénétiques sur les murs de la chambre.

 

Elle ne savait quoi faire. Si elle ouvrait la fenêtre, il était évident que l’oiseau allait immédiatement pénétrer dans la pièce.

Elle se sauva lâchement dans le salon, en fermant la porte avec sureté, ne voulant surtout plus entendre les chocs du volatile contre la vitre. Elle espérait qu’il arriva seul à ressortir du piège où il était entré.

 

Quand elle revint dans la chambre après le dîner, l’oiseau reposait sur l’appui de la fenêtre, mort.

Elle poussa son corps dans le vide avec un journal qui traînait sur la table de nuit, et le vit, les ailes étrangement ouvertes, mais le ventre en l’air, atterrir sur le trottoir dans une position indécente.

 

Elle alluma son ordinateur et écrivit l’article numéro 1620 de son blog.

Où était l’indécence ?

 

© Arthémisia – 04-2012

 

 

Avec : Joan MIRO – Personnage et oiseau – 1973

Fondation MIRO - Barcelone

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1619 - Graines de folie

Publié le par Arthémisia

 

manga farming 12-04-08

 

 

 

 

Cela s'appelle du Manga farming.

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1618 - Assez de mer...

Publié le par Arthémisia

 

 

 

« Comme les hommes me paraissent

manquer de profondeur aujourd’hui !

Où y-a-t-il encore assez de mer dans

laquelle on puisse se noyer !

Je veux dire un être humain. »


Friedrich Nietzsche

 


 

cité par  Xavier Davenat in John Coltrane – Edt du Limon – collection "mood indigo" 

(merci Ren)

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1617 - Les sandwichs au chocolat

Publié le par Arthémisia

 

http://www.marcelduchamp.net/images/chocolate_grinder.jpg

 

Je n’ai pas fait les courses.

Mon frigo ressemble à celui d’Arielle Dombasle ¹ : un yaourt périmé et une tomate vétuste.

Aujourd’hui j’ai juste réussi à ranger et nettoyer l’appartement. 60m², c’est vite fait.

Je devrais aller m’acheter des chaussures. J’ai porté cette paire tout l’hiver et le cordonnier m’a ri au nez quand je lui ai demandé s’il pouvait me les sauver.

Je devrais vraiment aller m’acheter des chaussures. Au moins deux paires. Mais je n’ai pas envie de me jeter dans les rues, d’affronter les gens qui avancent en face de moi et ne se décalent jamais quand nous nous croisons ; si je ne bouge pas, le choc est inévitable. Je ne veux pas de choc. Surtout pas aujourd’hui, et je n’ai pas envie que ce soit encore moi qui me décale.

Pourtant je devrais vraiment aller m’acheter des chaussures.

Et remplir le frigo.

Tu veux venir dîner ? On commandera des pizzas.

Ou bien on fera des sandwichs au chocolat.

 

 

¹ Evocation d’une photo affligeante parue dans un vieux Elle.

 

© Arthémisia – 04/2012

 

Avec : Marcel DUCHAMP - La Broyeuse à chocolat n°2

 huile sur toile – 65 x 54 cm. The Philadelphia Museum of Art, Philadelphia

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1616 - Brèves de fin mars 2012

Publié le par Arthémisia

...ou "De la possession"...

 

 

 

"Je n’ai pas de télévision. Disons plutôt que c’est la télé qui ne m’a pas."  

@ Bustin Garin

 

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1615 - Il se pourrait

Publié le par Arthémisia

 

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Il se pourrait qu’assise face à la fenêtre, elle se mette à regarder le ciel. Sans rien dire. Le ciel aussi serait muet. Il n’y aurait rien à dire. Juste à regarder. Non, voir.

Il se pourrait que ce soit plein et vide en même temps. Tellement égal, tellement partout pareil, pétri de lumière et d’eau. Un temps sans temps.

Il se pourrait même qu’il n’y ait rien d’autre.

Il se pourrait de toute façon, qu’elle n’ait pas envie de bouger, pas envie de regarder ailleurs, pas envie de bouger ni le corps ni les yeux.

Il se pourrait qu’elle ne bouge plus.

Il se pourrait qu’elle devienne le ciel. Par osmose.

Il se pourrait que d’autres aient aussi des larmes.

 

© Arthémisia – 03-2012

 

 

Avec : Vihelm HAMMERSHOI (j’ignore le titre de l’œuvre)

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1614 - De toi

Publié le par Arthémisia

 

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Je veux faire de toi
ce que fait le printemps
avec les cerisiers

Pablo NERUDA

 

 

Avec: Cerisiers en fleurs - HIROSHIGE

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1613 - Insomnie (2)

Publié le par Arthémisia

  http://tivigirl.blog.lemonde.fr/files/2009/04/euterpe-et-apollon.1239882117.jpg

 

 

 

« Cette nuit-là, je n’arrivais pas à dormir, j’entendais des cris, des bruits de voitures, de télévisions. Et puis, tout à coup, quelque chose s’est passé. J’ai entendu un bruit sourd. J’ai cru que c’était le bruit de mon cœur, et cela m’a fait peur parce que personne n’aime entendre cette mécanique, mais ce n’était pas ça, pas ça du tout. J’imaginais alors une batterie ou une contrebasse quand, tout d’un coup, semblant naître de ce bruit sourd, j’ai entendu une flûte qui s’est élevée soudainement. Elle était légère, elle était aérienne, elle donnait une joie, c’était peut-être Bach qui parlait, c’était peut-être La Flûte enchantée, je n’en sais rien. 

Et puis je me suis rendormi – un sommeil haché menu ! Et quand je me réveillai, je croyais encore entendre la flûte, mais il n’était pas sûr qu’elle continuait à jouer ? Est-ce que la flûte était dans ma tête ? D’où sortait-elle ? Je n’en sais rien ? Cela n’avait pas d’importance. 

L’espérance, voyez-vous, c’est un peu ça. C’est très peu de chose, c’est ce chant de flûte qui anime toute le reste, tout le brouhaha, c’est ce chant qui semble sortir du cœur du monde, du battement du cœur de tous les hommes, d’une ville. Ce n’est rien du tout, oui, presque rien, c’est facile à supprimer, l’espérance. »


 

Jean Sulivan

 

Avec : Euterpe et Apollon - Pompeo BATONI - XVIIIème s.

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1612 - Insomnie (1)

Publié le par Arthémisia

 

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1611 - Je T'aime ...

Publié le par Arthémisia

 

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