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Articles avec #leurs poesies tag

664 - Léonides

Publié le par Arthémisia

 

Es tu ma femme ? Ma femme faite pour atteindre la rencontre du présent. L'hypnose du phénix convoite ta jeunesse. La pierre des heures l'investit de son lierre. 

Es tu ma femme ? L'an du vent où guerroie un vieux nuage donne naissance à la rose, à la rose de violence.
Ma femme faite pour atteindre la rencontre du présent. 

Le combat s'éloigne et nous laisse un cœur d'abeille sur nos terres, l'ombre éveillée,  le pain naïf. La veillée file lentement vers l'immunité de la Fête.

Ma femme faite pour atteindre la rencontre du présent.

René CHAR

 

Avec : Mark BRUSSE - Original Stone 

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649 - Immortalité

Publié le par Arthémisia

L'amour est un peu de soleil sur un naufrage

Je sais que la mort ne peut rien me faire

tant que tu restes entre elle et moi,

tant que s'allumera dans ta chair

le vers luisant du plaisir.


Lucien BECKER

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643 - Sonnet d'Oaristys

Publié le par Arthémisia


Tu me fis d'imprévus et fantasques aveux
Un soir que tu t'étais royalement parée,
Haut coiffée, et ruban ponceau dans tes cheveux
Qui couronnaient ton front de leur flamme dorée.

Tu m'avais dit « Je suis à toi si tu me veux » ;
Et, frémissante, à mes baisers tu t'es livrée.
Sur ta gorge glacée et sur tes flancs nerveux
Les frissons de Vénus perlaient ta peau nacrée.

L'odeur de tes cheveux, la blancheur de tes dents,
Tes souples soubresauts et tes soupirs grondants,
Tes baisers inquiets de lionne joueuse

M'ont, à la fois, donné la peur et le désir
De voir finir, après l'éblouissant plaisir,
Par l'éternelle mort, la nuit tumultueuse.

Charles Cros

 

Illustration : Carmen CALVO

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612 - Les Quatres saisons

Publié le par Arthémisia

                            
 
J’ai cherché en vain cette rose embaumée
En marchant à pas lents, à flanc de la vallée
Regardant les derniers feux du ciel coloré
Sur le Mont Paradis, un beau jour expiré.
 
Au printemps, au printemps….de ma vie
 
La chaleur excitant un nouveau rêve
De ces fauvettes brunes aux poitrines bien faites
Sur la plage ensablée, passant des heure brèves,
A l’ombre des grands pins, à l’odeur poivrée.
 
A l’été, à l’été ……..de ma vie
 
Il est de ces instants où l’âme anéantie
D’un sinistre avenir paraît être avertie.
Un orage terrible dans mon cœur retentit,
Faisant renaître en moi la couleur du souci.
 
A l’automne, à l’automne …….de ma vie
 
La neige a recouvert les toits et les jardins,
Des moineaux sautillant cherchent un peu de grain,
Un logis sans amour, c’est un feu éteint,
Une nuit sans lune, une journée sans pain,
Un lit sans une, un verre sans vin.
 
C’est l’hiver, c’est l’hiver…….de ma vie.
 
Casimir MOUTTET
 
Illustration : Sandro BOTTICELLI  - Le Printemps

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607 - J'ai rêvé tellement fort de toi,...

Publié le par Arthémisia

 
J’ai rêvé tellement fort de toi,
J’ai tellement marché, tellement parlé,
Tellement aimé ton ombre,
Qu’il ne me reste plus rien de toi.
 
Il me reste d’être l’ombre parmi les ombres
D’être cent fois plus ombre que l’ombre
D’être l’ombre qui viendra et reviendra dans la vie ensoleillée.
 
Robert DESNOS
Ce poème fut trouvé dans sa poche après sa mort au camp de concentration de Terezine.
Faut-il rappeler qu'actuellement c'est le Printemps des poètes?....
 
Illustration : Jean DUBUFFET - Traces ténébreuses (Lithographie)
 

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604 - Un Beau moment est à jamais acquis

Publié le par Arthémisia

 
 
 
Seul un mot
Empreinte frêle d’aimer
 
Que j’aurai pu te dire
 
Une offrande d’un temps
Quelle qu’en soit la durée
 
Un sourire
 
Plus apaisant que l’eau
De fleurs d’oranger
Plus timide que haut
Sans même t’éveiller
 
Un souffle dans ton dos
Deux doigts
Oui, simplement leur pulpe
En effleurant ta peau
Et l’ayant tatouée
De quelques lettres, Amour
 
Le peigne d’un regard
Lissant ta chevelure
 
Le mystère des riens
Qui fixent les serments
 
Les ors minuscules
Enlacements si forts
Tenus par un clin d’œil
Soutenus de tendresse
 
La plus simple parcelle
 
Nos peaux, terres arables
Nos peurs défrichées
Nos êtres complétés
Terrain d’entente immuable
 
Un hésitant baiser
Et même le dernier
 
Tout cela, je le sais
Est dans un ciel arqué
E n’égale mc²
Quand s’ouvrent les couleurs
Plus larges que nos yeux
 
Une échelle modeste ?
Une idée d’éphémère ?
Pourtant… tout l’univers
 
Infiniment grand
Infiniment petit
Infiniment présent
 
© Alex
 
...Heureusement, il y a des hommes comme toi.....Merci Alex.
  
Illustration : Henri MICHAUX - Sans titre 

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588 - Des Figues

Publié le par Arthémisia

 
 

 

 

 

 

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Si tu veux
Nous irons ensemble
Tous les deux
Vers le vieux figuier.
Il aura
Des fruits noirs qui tremblent
Sous le vent
Qui vient d’Orvilliers.
 
Tu iras
L’âme renversée
Sur ta vie
Et je te suivrais.
Le ciel bas
Tiendra nos pensées
Par la lie
D’un malheur secret.
 
Tu prendras
L’un des fruits de l’arbre
Et soudain
Le feras saigner
Et ta main
Morte comme marbre
Jettera
Le don du figuier.
 
Le vent vert
Plein du bruit des hêtres
Ouvrira
La geôle du ciel
Je crierai
Comme un chien
Sans maître
Tu fuiras
Dans le grand soleil.
 
 
Catherine POZZI
 

 

"Il tendit la main vers le figuier stérile: "Sois maudit, plus jamais tu ne porteras de fruits"...
 
 Luc 13 :6-9
(merci joruri)
 
 
IllustrationPhoto © Arthémisia  

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570 - Unis enfin...

Publié le par Arthémisia

 
 
« Unis enfin, ils goûtent à la fleur de la vie,
Leurs corps pressentent la joie, et déjà c’est l’instant
Où Vénus ensemence le champ de la femme.
Cupides, leurs corps se figent, ils joignent leurs salives,
Bouche contre bouche s’entrepressent les dents, s’aspirent,
En vain : ils ne peuvent rien arracher ici,
Ni pénétrer, entièrement dans l’autre corps passer.
Par moments on dirait que c’est le but de leur combat
Tant ils collent avidement aux attaches de Vénus
Et, leurs membres tremblants de volupté, se liquéfient. »
 
Francis BACON d’après LUCRECE à propos de ses corps à corps d’hommes.
 
Avec : Francis BACON -  Figures en mouvement

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493 - La Chevelure

Publié le par Arthémisia

 
 
 
 
 
 
 
Voici THE monument de la poésie française mais tellement agréable à relire....
 
 
 
Ô toison, moutonnant jusque sur l'encolure !
Ô boucles ! Ô parfum chargé de nonchaloir !
Extase ! Pour peupler ce soir l'alcôve obscure
Des souvenirs dormant dans cette chevelure,
Je la veux agiter dans l'air comme un mouchoir !

La langoureuse Asie et la brûlante Afrique,
Tout un monde lointain, absent, presque défunt,
Vit dans tes profondeurs, forêt aromatique !
Comme d'autres esprits voguent sur la musique,
Le mien, ô mon amour ! nage sur ton parfum.

J'irai là-bas où l'arbre et l'homme, pleins de sève,
Se pâment longuement sous l'ardeur des climats ;
Fortes tresses, soyez la houle qui m'enlève !
Tu contiens, mer d'ébène, un éblouissant rêve
De voiles, de rameurs, de flammes et de mâts :

Un port retentissant où mon âme peut boire
A grands flots le parfum, le son et la couleur ;
Où les vaisseaux, glissant dans l'or et dans la moire,
Ouvrent leurs vastes bras pour embrasser la gloire
D'un ciel pur où frémit l'éternelle chaleur.

Je plongerai ma tête amoureuse d'ivresse
Dans ce noir océan où l'autre est enfermé ;
Et mon esprit subtil que le roulis caresse
Saura vous retrouver, ô féconde paresse,
Infinis bercements du loisir embaumé !

Cheveux bleus, pavillon de ténèbres tendues,
Vous me rendez l'azur du ciel immense et rond ;
Sur les bords duvetés de vos mèches tordues
Je m'enivre ardemment des senteurs confondues
De l'huile de coco, du musc et du goudron.

Longtemps ! toujours ! ma main dans ta crinière lourde
Sèmera le rubis, la perle et le saphir,
Afin qu'à mon désir tu ne sois jamais sourde !
N'es-tu pas l'oasis où je rêve, et la gourde
Où je hume à longs traits le vin du souvenir ?
 
Charles BAUDELAIRE évidemment...
 
 
Illustration : John William WATERHOUSE - La Sirène

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489 - La Chambre dans l'espace

Publié le par Arthémisia

 Je suis dans la grâce de ton visage que mes ténèbres couvrent de joie.

 
Comme il est beau ton cri qui me donne ton silence !
 
 
 
Tel le chant du ramier quand l’averse est prochaine – l’air se poudre de pluie, de soleil revenant -, je m’éveille lavé, je fonds en m’élevant : je vendange le ciel novice.
 
Allongé contre toi, je meus ta liberté. Je suis un bloc de terre qui réclame sa fleur.
 
Est-il gorge plus radieuse que la tienne. Demander c’est mourir !
 
L’aile de ton soupir met un duvet aux feuilles. Le trait de mon amour ferme ton fruit, le boit.
 
René CHAR
La Parole en archipel
 
 
Illustration : Affiche du film de Matias BIZE - En la Cama
 
 
 

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