Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Articles avec #mes texticules (oui, oui... les miens!) tag

1749 - "Paysage, ta douceur abstraite réveille ta profondeur..." ¹

Publié le par Arthémisia

J’ai traversé le ciel.

Il était encore sombre.

Seuls, se détachaient, là, devant, les toits noirs des maisons, auréolés de l’or des réverbères, un or vieilli, sale, un or urbain et poussiéreux, l’or des nuits suspectes, l’or des matins barbouillés, l’or des défaillances.

Mais, à l’est, affleurait une ride d’incarnadin, tendre et fraîche, candide, qui soudain est venue embrasser le blanc de l’Eglise, à l’instar d’une rose.

Je me suis faufilée dans le jour.

Arthémisia © janvier 2015

¹ - Octavio PIXEL

Avec : Paysage gris et roseOctavio PIXEL (clic)Création numérique – 80x80 cm

Voir les commentaires

1745 - Les Perspectives fallacieuses

Publié le par Arthémisia

Dans le cœur fendu des après, s’est glissé, une étonnante sensibilité à laquelle elle n’était pas préparée.
 
Elle ne s’appartient plus, s’absente dans les larmes, tout  autant que dans des pactes qu’elle signe avec l’ombre rose d’un renouveau auquel elle s’obstine à croire.
Ses mouchoirs roulés en boule remplissent-ils le fond de ses poches de lucidité ?
Ou faut-il qu’elle continue de fantasmer sur des perspectives fallacieuses ?
 
Toute assurance s’est évanouie.
De son ignorance, elle tremble.
 

Arthémisia © janvier 2015

Avec : image volée chez Mohamad Nur Shafiq

...et petit clin d’œil à Ren

Voir les commentaires

1743 - Vigilance orange

Publié le par Arthémisia

Il titube. Il oscille. Il bascule et crie.
Il danse bruyamment sous le pampre. Le fruit joyeux coule de sa gorge embrumée. Son drap orange cache mal sa nudité.

Il titube. Il oscille.

Il marche silencieusement.

Il marche silencieusement et pose soigneusement pas après pas.
Les sept morceaux de son vêtement de safran le protègent contre les possessions.

Il marche silencieusement.

Elle marche sur un fil, tendu au-dessus du vide. Elle a fermé les yeux. Elle essaie de garder l’équilibre.  Entre l’excès dionysiaque et l’ascèse bouddhiste : elle aime l’orange.

Arthémisia © copyright janvier 2015

Avec : Vincent Van Gogh – Coucher de soleil sur un champ de blé – Arles, juin 1988 -

Huile sur toile – 188x231 cm

Voir les commentaires

1735 - Elle était l’air (…« sur » une première séance d’hypnose)

Publié le par Arthémisia

 

Qu’était-elle ? Elle ne le savait plus et ne le sait toujours pas. Cela n’a d’ailleurs plus vraiment d’importance.

Elle s’était d’abord sentie s’enfoncer dans le fauteuil, aspirée lentement dans une faille sous sa chair, rentrée de façon incontrôlable dans ce mou engloutissant, mais aussi rassurant, qui se refermait de plus en plus sur elle, ce sable, cette terre, cet immense ventre qui la réchauffait et repoussait au loin les questions.

C’est seulement là que son corps a commencé à perdre son importance ; il ne disparut pas mais fut oublié, pour quelques temps.

Sa main gauche prit son envol, décolla du fauteuil, suspendue à des centaines de petits ballons, et cela sans qu’elle n’ait décidé de quoi que ce soit, alors que la droite restait posée là, pesant lourdement.

Puis tout son corps fut emporté. Elle survolait des champs devenus un patchwork de verts, suivait le ruban argenté d’une route qui croisait le cyan d’un fleuve. L’horizon s’élargissait ; le temps était mort et l’espace perdait ses dimensions.

Elle était l’air.

Le mal était resté dans la faille, qui s’était refermée sur elle-même. Elle l’imaginait tombant jusqu’au noyau terrestre où il brûlait.

Elle était l’air et le resta toute la journée, en se disant qu’il faudrait absolument recommencer cette expérience.

Arthémisia © décembre 2014

 

Avec : Marcel Duchamp, Disk Inscribed with Pun for Anemic Cinema, 1926

Voir les commentaires

1727 - Sur le bout de la langue

Publié le par Arthémisia

Je suis sur le bout de ta langue.

Tu m’as sur le bout de la langue.

Je suis née de ton ventre, de tes tripes, de ton cœur. Et puis j’ai cherché la surface.

Au fond de ta gorge, je respirais ton air, et vibrais de tes mots. Je me suis lovée au lisse de tes joues, roulée dans tes papilles. Mais, je ne peux sortir. Tu me gardes sur le bout de la langue, bloquée, retenue, choisie, ferrée.

Tu ne me verras jamais face à toi. Dans cette découverte, tu risquerais la sidération.

Je ne viendrai jamais, ne deviendrai pas.

Tu ne risques rien ; tu ne prends aucun risque ; tu ne me dis pas.

Arthémisia © mai 2014

Avec : Le Petit Chanteur – Georges de La Tour

– vers1640 – Musée de Leicester

(À moins que l’œuvre ne soit de son fils Etienne…)

Voir les commentaires

1724 - Dormir

Publié le par Arthémisia

1724 - Dormir

Je dormirai sans toi, sans lui, sans vous.

Je dormirai parce qu’être éveillée m’est souffrance.

Je dormirai parce que je ne peux pas mourir. Je dormirai pour mourir.

Je dormirai sans rien, sans personne, et sans but, juste celui de ne plus être au monde, à toi, à lui, à vous.

Et même à moi.

© Arthémisia – avril 2014

 

Avec : Muse endormie -1910 -  Constantin BRANCUSI - Bronze poli - Centre Pompidou

Voir les commentaires

1723 - Patinir

Publié le par Arthémisia

1723 - Patinir

Dans le bleu Patinir d’une mer à l’étale, flottent quelques vestiges de fleurs ton sur ton, forget-me-nots infimes de la brutale beauté de germes mort-nés.

La mer ! La mer devant moi !

Mais ce n’est qu’une plaine d’amitié fantasmée.

 

© Arthémisia – avril 2014

 

Avec : Paysage avec Charon traversant le Styx (extrait) – Joachim PATINIR

Voir les commentaires

1722 - EFFET DE NEIGE

Publié le par Arthémisia

1722 - EFFET DE NEIGE

Je voudrais qu’il neige. La neige ajoute du sens, peut-être un sens nouveau, aux rues. Elle prend le dessus, et affirme ce qu’elle veut.

La nuit se fait alors plus vide, plus anéantie. Un silence de velours enfantin emballe tout. Une absence grandit.

Sous les arbres, l’air tremble. Moi aussi.

Il faudrait rétrécir l’espace. Ou se rétrécir soi-même, devenir un flocon, voleter et puis fondre là-bas au coin de l’oreiller.

Il faudrait peut-être pleurer.

© Arthémisia – mars 2014

Avec : Guiseppe de NITTIS – Effet de neige

Voir les commentaires

1715 - D’Etranges arcs en ciel

Publié le par Arthémisia

1715 - D’Etranges arcs en ciel

Quand les jours sombres de suie se laissent envahir par les franges métalliques des pensées en armures,

Et quand les nuits blanchissent telles falaises affrontant les ressacs,

Elle maquille ses paupières d’étranges arcs en ciel.

 

Alors demain dévore demain.

 

Arthémisia © janvier 2014

 

Avec : Vassili KANDINSKY - Composition IV
1911 – Huile sur toile, 159.5 x 250.5 cm (62 7/8 x 98 5/8 in); Kunstsammlung Nordrhein-Westfallen, Dusseldorf

Voir les commentaires

1711 - C’est vraiment peu seyant ces T-shirts rayés

Publié le par Arthémisia

 

 

 

 

 

Elle est morte.

Elle est coincée derrière la lampe, entre le bureau et le mur, le corps arqué comme un croissant, le ventre refermé sur la tête.

Elle est morte d’épuisement, vidée au champ d’honneur de ses vrombissements prétentieux, les pattes en l’air.

Elle est morte.

C’était elle ou moi.

 

Arthémisia © août 2013

Avec : Bernard BUFFET – La Guêpe - 1964

Lithographie

Voir les commentaires

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 > >>