622 - Lame de printemps

Ce ne sera qu'un flash, un éclair, une foudroyance.
La suie encrasse le rêve éteint depuis tant de nocturnes.
Car il faudra bien que vienne l'assassin des fards de la mort.
Tout délai ne saurait lui être accordé.
Il faudra bien qu'il braque sa faux de lait sur le puits, sur la chute lucifuge,
Qu'il dévale dans le gouffre, en cataractes étincelantes,
Qu'il ne ménage rien, ni sa peine, ni la peau,
Que de son char rayonnant tout soit montré, et dit
En chants verts et crus, frais sortis des porphyres.
Il faudra bien fendre l'écorce, clisser le germe blond
Et y sculpter l'albâtre.
Il faudra bien naître une fois de plus sous peine de poussière
Car il est impossible d'ignorer le printemps ; il porte en son ventre tant de nécessités.
Attendre ne suffit plus. Il faut vivre.
Urgemment.
Comme la lame.
Copyright © Arthémisia - mars 2008
Illustration : Lucio FONTANA - Spatial Concept-Waiting (59 T 104)
/image%2F0550629%2F201304%2Fob_977ed52b7c988fecb26a8a29705f9cda_moi.jpg)