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5 - La Blessure

Publié le par Arthémisia

 
 

Elle saignera cette blessure,

Elle saignera.

Sur le papier.

Les mots sont là.

Les mots sont nus.

Ils n'épargnent que le silence.

Rien de naît de la feuille

Sans relief ni ombre.

Je voudrai y sculpter

Tes lumières et tes âpretés,

Tes montagnes magiciennes,

Ensorcelées.

Mais je soliloque, pauvre,

Desséchée,

Vide de pleins et de déliés.

Oubliée.

 

 Copyright © Arthémisia

 


avec: Copyright Arthémisia - La Blessure 

 
Commenter cet article
R
<br /> <br /> t'en as fait une  tonne  de poèmes...     j'ai pas tout lu loin de là, puis il me faudra  du temps...---  je commence par les plus anciens  que tu as<br /> mis ici... <br /> <br /> <br /> souvent intenses   et captivants...<br /> <br /> <br /> de plus  une  culture littéraire  au  "top "...<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
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A
<br /> <br /> J'ai imprimé les derniers publiés sur mon blog cette aprem. Cela fait 3 énormes classeurs. Pas que des poèmes, des trucs et des machins en vrac, d'un style<br /> un peu décousu et pas encore affirmé au début. Aujourd'hui j'écris moins de textes érotiques mais j'ai l'impression de mieux posséder mon écriture.<br /> <br /> <br /> Quelques personnes me disent qu'elle est comme ma peinture, comme mon dessin, nerveuse et dense. Parfois absconse. Très (trop?) personnelle, très<br /> intime.<br /> <br /> <br /> Tu sais ma culture littéraire est elle aussi très décousue : ayant fait des études scientifiques, j'ai zappé certaines choses une grande partie de ma vie (il<br /> fallait choisir son savoir, c'était difficile d'être pluridisciplinaire) . Mais j'essaie de rattraper le temps. Notamment je lis peu de textes contemporains mais bcp de ce qu'on appelle des<br /> classiques.<br /> <br /> <br /> Et puis je lis ...partout (chut...pas la peine de dire que c'est moi qui bloque le feu rouge ...et les wawas... avec Dostoievski!)<br /> <br /> <br /> <br />
U
Sublime poème....... il communique ce que Bifane écrit que nous oublions de dire....
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A
<br /> <br /> Je sais ce dire.<br /> <br /> <br /> <br />
B
Quelque chose, pourtant, me semble en naître... Une vague compréhension, qui s'affine avec la souffrance, mais qui, je crois, ne devient jamais guérison. Tu sais, cette idée, pas nouvelle d'ailleurs, que les mots que nous écrivons en savent parfois plus long que nos propres pensées : ils nous enseignent à mesure qu'ils s'écrivent, ils soulèvent le voile, ils vont jusqu'à dire ce que nous ne parvenions pas à articuler... La question reste posée de ce qu'il en ressort... Je ne sais trop. Pensées trop vagues là-dessus... Quoi qu'il en soit, c'est un poème qui ne me laisse pas indifférent : il saigne, et c'est toujours troublant à ressentir. Les humains devraient savoir s'exprimer ainsi entre eux, dans ces fonds secrets, ces revers d'armure, ces souffles silencieux. Il y a une belle humanité en eux, qu'on ne laisse jamais paraître...
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A
<br /> <br /> S'exprimer? Ca veut dire quoi? Celui qui le fait, passe pour un impudique, un fou, et reste désormais incompris tant l'autre ne sais pas/plus recevoir,<br /> écouter, voir, oui, voir, tout tourné qu'il est sur une norme, un idéal, une conformité bien pensante et résolue.<br /> <br /> La nudité de la pensée, quelle horreur!<br /> <br /> Alors que choisir, sinon le silence, le replis ou même la mort?<br /> <br /> <br /> <br />
U
J'ai vu :)Et ce sont tes pleins et tes déliés qui mangent la blessure, pas l'inverse! Regarde bien.
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A
<br /> <br /> Il s'agit d'un sublime poème de Thierry de Gourmont. Symboliste...Facile d'y trouver  une source.<br /> <br /> Cela s'appelle Les Oraisons mauvaises<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> I<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> Que tes mains soient bénies, car elles sont impures !<br /> Elles ont des péchés cachés à toutes les jointures ;<br /> Leur peau blanche s'est trempée dans l'odeur âpre des caresses<br /> Secrètes, parmi l'ombre blanche où rampent les caresses,<br /> Et l'opale prisonnière qui se meurt à ton doigt,<br /> C'est le dernier soupir de Jésus sur la croix.<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> II<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> Que tes yeux soient bénis, car ils sont homicides !<br /> Ils sont pleins de fantômes et pleins de chrysalides,<br /> Comme dans l'eau fanée, bleue au fond des grottes vertes,<br /> On voit dormir des fleurs qui sont des bêtes vertes,<br /> Et ce douloureux saphir d'amertume et d'effroi,<br /> C'est le dernier regard de Jésus sur la croix.<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> III<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> Que tes seins soient bénis, car ils sont sacrilèges !<br /> Ils se sont mis tout nus, comme un printanier florilège,<br /> Fleuri pour la caresse et la moisson des lèvres et des mains,<br /> Fleurs du bord de la route, bonnes à toutes les mains,<br /> Et l'hyacinthe qui rêve là, avec un air triste de roi,<br /> C'est le dernier amour de Jésus sur la croix.<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> IV<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> Que ton ventre soit béni, car il est infertile !<br /> Il est beau comme une terre de désolation ; le style<br /> De la herse n'y hersa qu'une glèbe rouge et rebelle,<br /> La fleur mûre n'y sema qu'une graine rebelle,<br /> Et la topaze ardente qui frissonne sur ce palais de joie,<br /> C'est le dernier désir de Jésus sur la croix.<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> V<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> Que ta bouche soit bénie, car elle est adultère !<br /> Elle a le goût des roses nouvelles et le goût de la vieille terre,<br /> Elle a sucé les sucs obscurs des fleurs et des roseaux ;<br /> Quand elle parle on entend comme un bruit perfide de roseaux,<br /> Et ce rubis cruel tout sanglant et tout froid,<br /> C'est la dernière blessure de Jésus sur la croix.<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> VI<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> Que tes pieds soient bénis, car ils sont déshonnêtes !<br /> Ils ont chaussé les mules des lupanars et des temples en fête,<br /> Ils ont mis leurs talons sourds sur l'épaule des pauvres,<br /> Ils ont marché sur les plus purs, sur les plus doux, sur les plus pauvres,<br /> Et la boucle améthyste qui tend ta jarretière de soie,<br /> C'est le dernier frisson de Jésus sur la croix.<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> VII<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> Que ton âme soit bénie, car elle est corrompue !<br /> Fière émeraude tombée sur le pavé des rues,<br /> Son orgueil s'est mêlé aux odeurs de la boue,<br /> Et je viens d'écraser dans la glorieuse boue,<br /> Sur le pavé des rues, qui est un chemin de croix,<br /> La dernière pensée de Jésus sur la croix.<br /> <br /> <br />
M
Bonsoir...."Chacun de nous a sa blessure : j'ai la mienne.Toujours vive, elle est là, cette blessure ancienne,Elle est là, sous la lettre au papier jaunissantOù l'on peut voir encore des larmes et du sang !"  Edmond RostandBonne continuation.
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A
Merci Muse de venir faire un petit tour par ici...<br /> Cela me touche beaucoup...<br /> Plein de belles choses pour toi aussi.