Voici 2 petits textes qui n'ont pas
été écrits en duo mais qui se complètent bien...
Merci
Entité
Endormie, délicatement frôlée par le luxe des
satins et des soies, tes mains jointes entre tes cuisses pour te rassurer, je t’ai découverte ainsi.
Volupté d’un érotisme raffiné, ressuscitant
les perversités. Dichotomie nourrissante du réalisme et de l’intense abstraction. Sensualité animale, déesse des énigmes insondables.
Belle endormie, as-tu senti les effluves de
mon désir en inspirant profondément ?
Etais-tu séquestrée dans des
espaces douillettement érotiques aux mystères sombres et troublants ?
Prières séduisantes et désespérantes que tu
t’éveilles en cet instant où, ta main molle aux doigts effilés, abandonne toute pudeur dans un surréaliste ballet, caressant sans s’y attarder, la beauté de cette douce vallée où la vie prend
forme fermée en son milieu par le nacré d’une perle noire.
Plus haut encore, ta main plus
ferme, explore les rondeurs laiteuses aux douceurs différentes. Caressées, emprisonnées, délaissées pour saisir du bout des doigts la
turgescence auréolée mauve rose d’un plaisir annoncé. A la pulpe du fruit carminée, s’étant bien abreuvée, ta main redescend décidée ouvrant un circuit de fluidité jusqu’au contour callipyge et
généreux, terminant sa course dans l’ornement compliqué des plis de ton
intimité.
La belle
exaltée se déployait, se contractait d’une façon active, impérieuse, paroxysme de la délivrance, presque mystique, triomphe du plaisir.
Entité
Derrière le
rideau gisait
l’abandonnée.
Au plaisir solitaire, elle s’était livrée.
La rosée de la chair sur le lin s’incarnait.
Les pétales de sa fleur largement s’étalaient.
Son souffle plus léger apaisait sa curée.
Sa main fine, ouverte, au silence s’offrait.
Des élans de sa perte, doucement, elle revenait.
Depuis de longues minutes mon sexe se retenait.
Je n’ai pu plus avant, mon envie réfréner.
Sur son ventre apaisé ma semence a giclé.
Dans l’ombre du matin nos yeux se sont croisés.
Nous nous sommes aimés...
Arthémisia