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764 - La Faim*

Publié le par Arthémisia

 


Elle ne laissera aucun fruit à ceux qui s’endorment sans voir la raideur morne de leur pensée, à ceux que même la nuit n’éclaire pas, à  ceux que la possession sécurise comme l’aveugle sa canne, à ceux qui fond Bien parce que Beau n’a pas d’horloge et que Bon est coupable.

 

Elle prend tout, tout.

Elle mange les bouches.

Elle laisse les seins sensibles tant elle s’y perd.

Elle abandonne les ventres écumants de son bouillon d’argent et les pétales rougis, arrachés et douloureusement épars.

Elle ne permet plus aux cuisses de retrouver leur paire et déserte les parties secrètes des jungles fumant encore nocturnement.

Elle occupe et elle vide. A gros bouillons.

 

Elle se cache dans les livres, les images, les écrits, les pensées. Sous les peaux. Les petites peaux secrètes, loin du stérile, de l’hygiénique, du blanc.

 

Et Dieu sait comme elle est belle quand elle apparaît, grande, brillante, toute de rouge vêtue, fluide et chaude. Sanguine.

Et c’est bien.

C’est même très bien quand on la rencontre. Oh, ce que c’est bien ! Bien, bien, bien !

On la croque à pleine dent. On s’embarbouille. On s’en salit.

Serrés, serrés, collés par nos fluides mais libres.

 

Alors nos pensées sont plurielles, nos nuits lumineuses, nos yeux gigantesquement ouverts sur l’autre qui n’est qu’à lui.

On fait du Beau sans montre. On donne du Bon innocemment.

On mange à sa faim.

 

  Copyright © Arthémisia – Sept 2008

Avec : Daniel SPOERRI –  Tableau-piège: Restaurent de la City-Galerie

Commenter cet article
L
" Il ne faut jamais dire - Fontaine , je ne boirai jamais de ton eau ! "
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A
<br /> <br /> Je connais très bien ma soif. Elle est inaltérable.<br /> <br /> <br /> <br />
J
Mais non, Arthi ! Moi, le samedi midi, j'ai coutume de savourer des moules sauce Paulette, arrosées de quelques verres de Château Bas blanc, un agréable vin des côteaux d'Aix. Tiens, je me referais bien un petit verre, là. Et celui-ci, je vais me le boire en ton honneur. A ta santé, donc.
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A
<br /> <br /> Merci. Que Dieu te prête vie aussi!<br /> <br /> <br /> <br />
Y
et, évidemment, tout ceci n'est pas une faim en soi
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A
<br /> <br /> Plutôt une affaire de faim en l'Autre<br /> <br /> <br /> <br />
J
"Il faut manger ! Il faut manger !"
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A
<br /> <br /> La nourriture que j'évoque n'est que plaisir, que don et que partage. Qu'Amour...<br /> Elle est très éloignée du remplissage quotidien, du steak frites du samedi midi...<br /> <br /> <br /> <br />
C
Justement, un de mes rêves permanent du moment, c'est de croquer tout cru et je n'arrive pas à me rassasier...je t'embrasse Arthi
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A
<br /> <br /> Certaines personnes ont peut- être comme toi et moi, la nourriture frénétique. Loin de l'idée du simple comblement des manques, elles ont la nécessité de se<br /> remplir et ne peuvent t passer à côté sans "prendre" le meilleur.<br /> Moi aussi je t'embrasse, Catherine<br /> A.<br /> <br /> <br /> <br />
A
Certainement, jusqu'à la vaisselle à faire.
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A
<br /> <br /> C'est vrai que de nos jours le personnel n'est plus à la hauteur!<br /> <br /> <br /> <br />
L
"Demain, vous viendrez chez moi"
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A
<br /> <br /> Arthémisia :" Ce n'est pas demain la veille!".<br /> <br /> <br /> <br />
A
Se sa faim chacun fait sa cuisine, qu'il mange en solitaire, en l'épiçant, jamais trop violemment il est vrai, de la faim de l'autre.
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A
<br /> <br /> Un bon repas se partage, toujours.<br /> <br /> <br /> <br />
L
Mange-t-ON sa faim, comme une possession qui sécurise ?<br />  <br /> Et quel est donc ce Dieu si bon qui autorise le multiple ?<br />  <br /> …Et si multiples il y a…alors il y a … plusieurs faims…<br />  <br /> Mange-t-on leurs faims ?
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A
<br /> <br /> ou une faim redoublée, renouvellée, vivante, qui renaît continellement. Une faim entretenue, bouillante, débordante, majuscule.<br /> Merci de ta visite comdab.<br /> <br /> <br /> <br />
J
cette faim là, n'est pas souffrance, mais émerveillementbisousO.
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A
<br /> <br /> Elle comble...<br /> je t'embrasse ma Juliette.<br /> Arthi<br /> <br /> <br /> <br />
(
Autrefois le rat des villes Invita le rat des champs, D'une façon fort civile, A des reliefs d'ortolans. Sur un tapis de Turquie Le couvert se trouva mis. Je laisse à penser la vie Que firent ces deux amis. Le régal fut fort honnête : Rien ne manquait au festin; Mais quelqu'un troubla la fête Pendant qu'ils étaient en train. A la porte de la salle Ils entendirent du bruit : Le rat de ville détale , Son camarade le suit. Le bruit cesse, on se retire : Rats en campagne aussitôt ; Et le citadin de dire : «Achevons tout notre rôt. -C'est assez, dit le rustique ; Demain vous viendrez chez moi. Ce n'est pas que je me pique De tous vos festins de roi ; Mais rien ne vient m'interrompre : Je mange tout à loisir. Adieu donc. Fi du plaisir Que la crainte peut corrompre!»
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A
<br /> <br /> Tu m'invites à la campagne?<br /> <br /> <br /> <br />
J
Quelle merveille de gloutonnerie ! Je vois qu'avec toi, la faim ne s'apaise pas avec quelques miettes ou les reliefs d'un repas frugal. C'est à un festin que tu nous invites, à faire ripaille dans l'allégresse et l'orgie de noces sublimes. Comment ne pas croire après cela que tu ne sois pas une de ces créatures baroques, nées au croisement d'un chemin foulé par Dionysos ?
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A
<br /> <br /> Si tu savais....http://www.commeaucinema.com/bandes-annonces=43635.html<br /> <br /> <br /> <br />