31 - Ton Baiser*
Il apaise ma faim . Mais j’en redemande.
Il me désaltère. Mais je m’en saoule.
Il m’endort. Mais me fait rêver.
J’y habite, à tous ses étages, de la cave au grenier. Je prends même
les escaliers !
Il me
fait tout oublier…
D’abord ta langue, vient me chercher, me laper, petit appendice
discret, doucement, titiller l’angle de ma bouche, accompagner la ligne qui joint mes lèvres, en
allers, en retours, me chatouiller, réécrire leur dessin. Je la crois pondérée, sobre, retenue.
allers, en retours, me chatouiller, réécrire leur dessin. Je la crois pondérée, sobre, retenue.
Mais déjà elle insiste, cherche à pénétrer, là, écartant insidieuse le rideau rouge et pulpé.
Tes lèvres tout à trac pressent soudain si fort les miennes.
Fraises écrasées.
Fraises écrasées.
Ta langue a pénétré. Elle rampe, et lisse déjà le haut de mon palais. Je sens sa caresse, son
application à éveiller en moi l’émoi. Serpent, ruban, elle déploie ses faveurs épicées, de tours et de détours, d’enrobements,
d’ensorcellements. Elle tisse des nœuds gordiens, puissante dévoreuse de mes résistances. Elle prend, capture.
d’ensorcellements. Elle tisse des nœuds gordiens, puissante dévoreuse de mes résistances. Elle prend, capture.
Tu recules : tes lèvres ne me touchent même plus. Ta langue seule est mon épreuve, ma
torture. Brûlure.
Atroce, de tentations non assouvies, de désirs magistraux. Tu joues,
t’amuses comme un fou de mon
envie.
Atroce, de tentations non assouvies, de désirs magistraux. Tu joues,
t’amuses comme un fou de mon
envie.
Vampire, quelle idée te prend soudain de vouloir ainsi me mordre ? Quand tu me mords la
bouche, c’est mon âme que tu
dévores. Le veux tu vraiment ?
J’approche alors mon
corps du tien. Mes seins se collent à toi, s’appuient, s’écrasent. Tes mains me frôlent, et vite me fouillent. Tu m’offres toute ta bouche, enfin !
J’aime tant que tu m’embrasses, que tu me baises et me rebaises…
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I
A
M
A
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