794 - Naissance en ombres et lumières*
Qui avait-il sur ta peau ?
Quelques ombres des jours passés, des jours que tu avais abandonnés parce qu'ils t'avaient abandonné, mais, qui n'étaient pas encore complètement tombés au sol, que tu ne pouvais piétiner, que ton regard en se penchant voyait encore et, qui t'étaient encore accrochés au corps par des hameçons qui rouillaient lentement en ton derme en provoquant chez toi une douleur grave et sourde.
Quelques visages inscrits comme en un linceul christique, quelques mémoires figurées d'un drame non résolu à l'énigme tranchante, du choix regretté ou trop tard venu, de la retenue et de la bienséance, d'une morale aux yeux acides et de la peur aussi, si blanche et qui vous mange le ventre .
Quelques empreintes de mains cruelles et offensantes, qui ne savaient peser leur effet rémanent, celui qui porte bien plus loin que le coup, du côté du déni de l'autre et de soi-même, celui des destructions intimes, des creux à combler inlassablement pour faire ses preuves, pour être, pour être grand.
Qui avait-il aussi ce jour là sur ta peau ?
Cette clarté presque phosphorescente, ce luxe de lumière, de brillance et de feu, cet éclair adamantin venu de tes profondeurs à ta surface, qu'il creva rageusement, expulsant toutes ses graines de tendresse, de désir et joie, ce rayonnement solaire échappé d'un plexus incontrôlé, cette révélation duale, cette connaissance de toi, de nous.
Cette naissance.
Copyright © Arthémisia - Nov 2008
Avec : Plâtres
érotiques - Auguste RODIN
que je tiens aussi à citer : " C'est donc
bien toujours de la lumière et de l'ombre que le sculpteur comme l'architecte pétrit et modèle. "
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