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45 - Le Livre*

Publié le par Arthémisia


S
oigneusement, elle répétait, depuis cinq bonnes minutes, sa plongée dans le lustre du bois, revenait, repartait, jouant de ses hanches comme d’une mécanique. La table était longue. Elle s’appliquait à y étendre la cire et à la faire reluire comme un miroir. Perfectionniste…Elle lançait ses bras que son buste suivait et tendait son ventre au maximum sur le plateau imprimant à son corps un angle suggestif que l’arrondi de ses fesses adoucissait. Sa croupe surgissait callipyge et moulée dans sa jupe ajustée. Ses reins se creusaient alors qu’elle ramenait en rythme le chiffon de laine vers son bassin pour mieux, dans la seconde, recommencer.
 
Il ne la quittait pas de yeux.
Quand il lui demanda de grimper sur la table, elle le fit, sans même le regarder. Elle se l’interdisait. Déjà elle rampait tel un militaire au combat sur le champ de bataille. Elle avait dû remonter sa jupe ; il voyait l’ombre de son entrejambe, devinait le string noir. Elle le savait.
 
Il se leva, prit un livre dans la bibliothèque et le lui porta. « Les 32 meilleures façons de se suicider. »
-         « Lis, lis la 24ème, et tout haut ».
Le chapitre 24 avait pour titre Mourir en acceptant.
- « Il viendra derrière vous alors que vous serez à plat ventre sur une table. Il ne vous dira rien, ne vous caressera pas, ne vous préparera pas à l’accueillir. Il vous pénétrera là où la morale le réprouve, sans plus de ménagement, sans délicatesse, sans douceur, animal. C’est certain, vous crierez. Cela l’excitera sûrement et il continuera. Vous ne saurez quelle douleur sera la plus forte, celle de ses mains lourdes sur vos reins ou celle de son pieu ravageant l’intimité de vos fesses.
Vous serez morte, morte de honte. »
 
Il était là derrière elle, là debout juste derrière elle.
Elle fut terrifiée. Elle tourna la tête à gauche, à droite et sentit ses mains remonter le long de ses jambes, insistant avec les pouces sur l’intérieur des muscles.
Elle crut se sauver :
-« Je t’aime… ».
 
Elle tremblait, la joue appuyée dans la blondeur du bois.
Il lui prit le livre, le posa dans l’angle aigu de ses jambes et commença lui-même la lecture du chapitre 24.
-         « Il viendra… ».
Ces mots se heurtèrent à ses tympans et se transformèrent dans sa bouche en un NON de supplique qu’elle murmura de façon inaudible.
Mais il ne lisait pas le texte, seulement des mots, qu’il léchait des yeux.
Puis il frôla son sexe, y pianota, y agita ses doigts, le lissa.
Elle tremblait encore mais sa peur s’en allait.
Sa bouche vint alors déposer en sa fleur, des phrases, des mots, des lettres qui y pénétrèrent en la faisant pleurer sur les pages du livre ouvert. Ses phalanges, ses lèvres, sa langue, les y faisaient rentrer orgiaquement, les étalaient, enduisant toute sa chatte de l’encre la plus noire du désir. Livre.
 
Et sa vulve dévora le calame de son sexe.
Elle tremblait. Ses entrailles s’agitaient de soubresauts, de contractions spasmodiques, se serraient, se détendaient, palpitaient tel un incontrôlable étui autour de sa verge qui ne bougeait plus. Il l’écoutait.
 
Il l’écouta longtemps être femme, vivant sa caresse intime les yeux fermés, concentré dans sa prière charnelle, une main rôdant encore à plat sur son pubis pour y retenir les derniers ressauts de sa jouissance. Puis il mordit sa nuque, et glissa tendrement lui aussi vers le plaisir en appuyant plus profondément son sexe en elle. Une chaleur marquée eut raison de sa maîtrise.
 
Ce soir là, au restaurant, elle le trouva particulièrement beau dans sa chemise blanche aux manches négligemment retroussées sur son hâle d’été. Il riait.
Le serveur garda le morceau de nappe en papier sur lequel elle avait esquissé des croquis érotiques : chapitre 24. Illustrations.
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M
Voilà ta plume assurée, plaisante, érotique, avec une pointe d'humour.
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A
Merci de tes compliments. Disons que j'ai été ...inspirée...<br /> Bisous<br /> Arthi