859 - Le Réveil

On se réveille. On rencontre le vide. Le vide rayé, bleu et blanc, vieux, rayé, rayé, rayé et sale. A barreaux.
Le ciel flocule. On a la nausée, envie de vomir alors qu’on n’a rien dans le ventre. Tout est dans le cœur. Juste à côté de l’envie de
tout laisser tomber, de se laisser tomber. Juste à côté du livre de chevet. Par terre.
Tout est dans la bouche. L’hier y déploie encore son haleine de craie blanche, de lait caillé, de sec.
On voudrait refermer les yeux. Impossible ! La vie les tient déjà, crochetés.
On voudrait rester dans l’entre-deux, dans l’impalpable. Ne pas devoir basculer. Ne pas choisir. Ignorer ses
repères.
On voudrait ne pas être, pas encore. L’accouchement est sanglant.
Mais on se lève. On avance. On y va. On y va quand même.
Car ils attendent.
Mais est ce bien nous qu’ils attendent ? Ou bien cet inconnu encore enroulé dans son être, et qui boit son café lentement. Si lentement.
Copyright © Arthémisia - janvier 2009
Avec : Arnulf RAINER - Masque mortuaire
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