59 - L'Eveil*
C’est au creux de la terre qu’étincelle le
diamant.
Au fond de ton cocon, ta peau illuminait la nuit. J’ai déchiré la gangue de brume qui emballait ton corps.
Je l’ai vu palpiter, rempli de vie, de brillante vie.
Mes yeux ont tout volé.
Ta bouche mollement assoupie, gourmandise d’enfant, fraise juteuse d’un mai ensorcelé, je l’ai mordu au sang.
Ton épaule, solide architecture, a servi d’écueil à ma joue caressante. Je m’y suis attardée. Je m’y suis accrochée. J’y ai pleuré, encore.
Le plat de ma main a visité ton ventre tendu et soulevé par le rythme infini de ton souffle bleu. J’y ai fait mille rencontres souterraines, écouté mille grondements, dansé de nouveaux pas.
C’est sous sa peau que se tortillait le désir. Je l’entendais gémir.
Ta main, coquille ouverte aux cadeaux de la nuit, était pleine de paix. J’y ai glissé ma langue : elle a tout ravagé.
Ton sexe. Mon dieu, ton sexe ! Dans son regard d’aurore se révélait la belle Vérité.
Je n’ai pas pu y résister.
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