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75 - Les Papillons dans la brume*

Publié le par Arthémisia

La photo, le texte,  le nom de l'auteur et les commentaires déposés sur l'article de ThOMas J'ai mille et mille fois http://lamantepoivree.free.fr/ici/index.php?2006/06/10/107-j-ai-mille-et-mille-fois
m'ont donné l'envie de publier ceci...
Merci ThOMas!


Le plaisir était monté, lentement, graduellement, sûrement.
 
Marche après marche ils avaient franchi tous les paliers qui les menaient l’un vers l’autre.
Leurs souffles s‘étaient conjugués dans l’ascension poursuivie, main dans la main, corps contre corps, corps dans corps. L’altitude, la raréfaction de l’air, la chaleur, la moiteur, tout devenait grisant. Affolés, leurs pas les élevaient vers la cime tant espérée.
 
Elle avait gravi avec une enivrante volupté les échelons caressants de sa main sur le grain fin de sa peau d’albâtre. Les degrés de cette force masculine exaltaient en sa chair la hiérarchique escalade de son abandon.
 
Il se levait vers elle, comme un soleil du sud.
Il élevait vers elle la gourmande outrance de son corps demandeur. Il s’élevait vers elle, tour mugissante, ardente envie de tout, beau, droit, homme.
 
Et soudain, la vue. Magnifique paysage découvert, panoramique ouverture vers l’immense vastitude du plaisir. 
 
Les papillons, par centaines, par milliers ont accouru du fin fond des grottes les plus lointaines pour ramper dans son sexe. Une sensation soudaine de caresse interne l’envahit. Ils battaient des ailes rapidement dans son ventre, si rapidement. Ils se faufilaient partout, dans ses muscles, dans ses veines, le long de ses nerfs. Vibrants. Vivants.
Ils s’agitaient frénétiquement, ils l’agitaient.
Son cri couvrit le froissement de leurs ailes. Sa chair entra en sustentation. Elle s’envola.
Elle les voulait longtemps, les papillons.
« Restez, caressez moi encore, mes lépidoptères chéris…je veux éterniser vos frôlements si doux sur mes muqueuses avides. Restez. Restez encore…. »
 
Un brouillard subtil envahit tout l’espace. C’était lui qui plongeait, à son tour. Il ne voyait plus rien, ne voulait plus rien voir. Il ne savait même plus si ses yeux regardaient. Que voir ?
Les organes de ses sens étaient anéantis. Il n’était plus rien. Partir. Partir dans cet au-delà où le corps n’existe que par l’autre…
Il n’était plus là. L’ailleurs était venu le prendre.
Son plaisir était nuage.
 
Sa brume devint plus dense, épaississant la sensation. Un cocon nuageux se forma autour d’eux. Son écharpe blanchâtre les cernait, les enrobait. De son lin le plus fin elle entourait les papillons, les retenait, prisonniers de son ventre.
Longtemps, longtemps, ils ont battus des ailes au creux de ses entrailles.
Longtemps, longtemps, son brouillard les y a maintenus.
 
Parfois dans son regard, il retrouve avec envie des éclats colorés, vestiges poudrés des ailes multicolores. Et quand les mots charmants de son envie viennent à son oreille, c’est autant de papillons coquins qu’il veut  protéger.

Illustration : noeud papillon décoré par Le Bain turc - Jean Auguste Dominique INGRES
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T
Le rat c'est quand le ventre réclame, de faim, comme grignoté de l'intérieur,n'as tu jamais connu cela ? (veinarde !)Les papillons, c'est quand le ventre se remplit et déverse cette vague de plénitude dans le corps et l'âme comme tu l'as si bien décritBon on t'attend avec tes chaussures de randonnée ;-)
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A
Le rat c'est quand le ventre réclame, de faim, comme grignoté de l'intérieur,n'as tu jamais connu cela ? (veinarde !)oh! que si!!!!!!!<br /> Surement as tu lu les travaux de Freud sur L'Homme aux rats et es tu au courant des connotations phalliques et annales attribuées à cet animal!<br /> Je t'invite à lire si tu t'interesses au rat un livre sublissime de Andrzej ZANIEWSKI, Mémoires d'un rat (chez Belfond) qui n'est pas un livre sur les animaux , bien qu'on puisse le concevoir de cette façon..mais un récit sur les lois qui dominent notre société, nos mythologies, nos vérités et nos mensonges, l'amour ,l'espoir,la solitude et la nostalgie.(...)<br /> Quant au papillon je le vois plus comme un symbole de métamorphose que de légéreté. Interprétation toute personnelle!!!!!!<br /> Mais où ai-je bien pu ranger ces fichues chaussures de randonnée?!!!!!!
T
que dire face à une telle ode au plaisir et à l'orgasme ?Françoise Simpère parle du "petit rat" qui s'éveille dans son ventre, mais l'apothéose ici décrite sous forme de papillons qui emplissent la grotte et le corps entier, est magnifique !Je ne reverrai l'Amante Poivrée que dans la nuit ou au matin, mais je suis sûr qu'elle trouvera ces ailes bien porteuses .....
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A
...porteuses...<br /> Je te souhaite des "transports" très agréables avec ton amante épicée...dans la nuit...ou au matin...<br /> Tendrement à vous 2. "Portez" vous bien!<br /> Arthémisia qui préfére largement les papillons aux rats!
M
Tete très profond. Presque une philosophie du plaisir.
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A
Et oui, ce blog s'appelle bien "corps et esprit"...<br /> J'aime cette idée de froissement, de " froufroutement" d'ailes dans le corps lié à cette montée, cette quête, cette marche vers la découverte du plaisir. Faire l'amour c'est un peu comme une ballade géographique, une randonnée vers un inconnu sans cesse renouvellé, non? <br /> bon je chausse mes chaussures de rando et j'arrive!<br /> bizoux<br /> Arthi