927 - Le Chemin

Le chemin est si creux dans le ventre du monde.
Je ne te vois déjà plus. Tu n'es plus que mémoire.
J'ai écorché mon corps sur les roches du temps et tordu mes attaches pour y demeurer femme.
J'ai marché vers la vie sans qu'elle vienne vers moi. Ma main est restée seule, vide de ses attentes.
Basta ! de trop de rêves puérils, d'idiotes attitudes !
Les chevaux font la guerre et les chevaliers fiers courent après leurs moulins.
Moi j'avance sous terre : nous ne nous croiserons plus.
Qu'ils ne s'inquiètent pas du haut de leurs armures ; mon corps est en absence mais ma tête va bien.
Mon cœur me direz-vous ? Mon cœur, je n'en ai plus.
J'ai dû le perdre là, à la croisée des chemins.
Un philosophe m'a dit qu'on peut s'en porter bien...
Copyright © Arthémisia - Avril 2009
Avec : Paul KLEE - Hauptwege und nebenwege
(Chemins principaux et chemins secondaires)
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