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140 - Réflexion sur l'Art et le chagrin

Publié le par Arthémisia

L’Art guérit-il du chagrin ?
 
J’ai longtemps cru aux gélules sonores des vers calligrammes d’Apollinaire, hésitations entre sons, sens, et formes, aux creux desquels je me laissais bercer pour oublier.
J’ai longtemps cru aux comprimés anabolisants de Verlaine, de Rimbaud, aux fumures baudelairiennes, aux dopantes forces
hugoliennes.
J’ai longtemps cru aux thérapiques rires de Monsieur de la Rochefoucault, aux psychanalyses de Zweig, au cri primal de Breton, de Bataille…
 
J’ai longtemps cru au sirop impressionniste, aux rigidités toutes néo classiques de David, aux poudres orientales des Delacroix, des Gérôme, aux aplats matissiens, aux emplâtres expressionnistes et germains.
J’ai longtemps cru aux jeûnes des  néo plasticiens, aux courses folles dans la nature des adeptes du Land Art, aux simples de l’Arte Povera, aux anatomiques recherches angéliques (Michel ! Michel !).
 
Aujourd’hui je crois en moi.
Et en mon incurable : c’est lui qui me fait peindre, écrire, et pire…exister.
 
 
 Illustration : Yves KLEIN - Le Saut dans le vide - 1960
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S
L'art permet d'oublier à condition d'en avoir le temps....!et en ce moment, j'aimerai oublier que je n'ai pas de temps...bref, pas le temps d'oublier que je n'ai pas de temps, avec ou sans l'art!
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A
Eh oui! bienheureux sont ceux qui peuvent se consacrer librement à la pratique de leur Art, s'en nourrir et en nourrir les autres! <br /> Non seulement pour peindre comme pour écrire (et surement beaucoup d'autres pratiques...) il faut des minutes, des heures, du temps...mais aussi la possibilité de le faire dans un créneau non formaté. Il n'est rien de plus sclérosant que de se dire : bon demain je ne travaille pas de 10 à 12...alors je vais peindre. C'est le flop assuré. Avoir un créneau horaire ne veut pas dire être dans un état d'esprit adéquat...et vlan c'est justement quand vous êtes en plein boulot qu'arrive la vraie inspiration, la vraie montée d'hormones (je ne sais pas comment appeler ça!) qui vous démange de tout planter là pour aller prendre vos pinceaux.<br /> Travailler c'est compter son temps. La création, elle, est hors du temps. <br /> Alors Sylvain il ne te reste plus qu'à trouver un mécène pour financer ton travail et remplir quotidiennement ton assiette afin de t'éviter de regarder ta montre!<br /> Biz<br /> Arthi
Y
J'ai longtemps cru à la Culture, à la Connaissance, à l'Etude des Anciens et même des Contemporains, aux Sciences pour forger son âme de créateur, mais, à lire cette débauche d'influences que tu nous cites, je suis persuadé qu'il ne reste plus grand chose de vraiment personnel à extraire en nous  si notre tête est trop remplie...Yann
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A
Oh que si!!!!!!<br /> Bien sur  la peinture ne s'apprend pas dans les musées . C'est "après avoir vu les grands maîtres qu'il faut se hâter d'en sortir et de vérifier en soi ses instincts, ses sensations ...(Cezanne) <br /> Nous ne naissons pas de rien. Avant de "peindre" comme Jeff Koons ou Buren il nous a fallu cheminer des premières oeuvres du magdalénien à Fra Angélico, de Véronèse à Duchamp, de Warhol à Joseph Beuys... Il a fallu en renverser des acamémismes, des classicismes, des impressionnismes, des ismes et encore des ismes...qui sont autant de marches de l'escalier qui conduit l'homme vers la Beauté, bousculer des statues grecques, des architectures romanes, des cubes constructivistes, j'en passe et des meilleurs...<br /> Créer aujourd'hui c'est comme le dit si bien Cézanne (dont pourtant la peinture n'est pas ma tasse de thé!) c'est avoir du savoir pour mieux s'en échapper...Ainsi lui qui signait ces premières oeuvres INGRES (eh oui!!!) a très vite compris que son salut était de se sauver de ses maîtres - sans les renier pour autant- en allant peindre en extérieur dans les carrières de Bibémus! Et c'est seul que son Art a progressé mais en gardant les bases "classiques" que jamais il n'a renier. C'est ainsi qu'il a pu faire avancer le schmilblick et lui-même avec!!!
M
Abondance et cocktail détonnants font que cette multiplicité n’est qu’une apparence, qu’un thème de simulacre qui masque une réalité humaine bien ancrée au fond de nous-mêmes...Libérons notre dépendance renforçons ce doux mélange de plaisir charnel et sexuel ....donnons lui un corps une image un son... <br /> Bises
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A
Cependant l'abondance de plaisirs culturels, de plaisirs de connaissance, de plaisirs de savoir et de savoirs-faire ne nuit pas à la qualité des plaisirs charnel et sexuel. Je ne vois pas l'Art (et je lui mets toujours une majuscule) comme un simulacre mais comme un besoin vital, un essentiel, une nourriture qui ne peut être que source de développement humain, de richesse, de raffinement, de communication, ...voir d'Amour (aussi avec une majuscule!), l'idéal étant de pouvoir le partager.<br /> Ainsi  n'oublions pas que non seulement nous regardons le tableau mais que lui aussi nous regarde, que celui-ci n'existe pas sans nous mais qu'il nous fait aussi exister, avancer, progresser, réfléchir, jouir...en somme être humain.<br /> Reste bien sur à savoir garder les images et les mots (et je ne parle pas des milliers d'autres formes de langage artistique) comme les discours d'autres, à rester sincère, franc et attentif à soi-même, lucide et vigilent quant à notre propre réalité. Nous ne pouvons pas tous boire à la même source et il nous faut souvent même nous même la creuser...pour plus de pureté surement.<br /> Biz<br /> Arthi