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157 - Frêle bruit

Publié le par Arthémisia

 

 


"Le poète est, essentiellement, quelqu’un qui sent, prend conscience et domine – qui domine, transmue son déchirement. La poésie doit être tout le contraire d’une évasion ; il ne s’agit pas d’opium ni de monde chimérique, mais de s’affronter avec les choses, de les soupeser lucidement – choc dont on ne peut sortir qu’écrasé (ce qui est ma condition, actuellement) ou, si l’on fait preuve d’une suffisante énergie, contempteur (= dompteur) par le chant, signe d’orgueil et de victoire sur les choses, qui ne nous ont pas broyé mais, au contraire, sont passées docilement sous notre laminoir."
 
Michel LEIRIS in Frêle bruit.
 
Je laisse cela à votre réflexion…
  Avec : Georgia O’KEEFE – Noir
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R
<br /> <br /> merci<br /> <br /> <br /> Beaucoup, Arthi, pour nous faire partager  ta culture, ta<br /> sensibilité, par les textes  que tu choisis, les tiens, ceux qui te marquent,  en l'occurence Leiris  que je connais assez mal, finalement,  et beaucoup aussi  des positions  que tu prends  par rapport aux commentaires  qui te sont donnés..<br /> <br /> <br /> <br />
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A
<br /> <br /> Je ne pouvais pas décemment étant fan de BACON passer à côté de la lecture de LEIRIS; mais je n'ai pas tout lu. Il faut du temps pour tout...<br /> <br /> <br /> <br />
J
Epoustouflante description de l'écriture de survie. Quand écrire n'est plus un plaisir (d'ailleurs, plus rien n'est plaisir dans ces états-là) mais une bouée de sauvetage. Décrire son état, jeter des mots, les raturer, en rajouter, objectiver son mal-être, le coucher sur papier, en faire quelque chose d'autre, et pouvoir chanter à la fin, ensoleillé par la fin du labeur. Magie. Exorcisme. Qui donc oserait dire que l'écriture est inutile?
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A
Je reparlerai ici très prochainement de Michel LEIRIS.<br /> Bisous<br /> Arthi
L
"l'imagination est plus importante que le savoir" disait A. Einstein.<br /> Je partage cette idée, souffrance ou plaisir, au fond, on s'en fout !<br /> Tant que l'émotion est là, tout va...<br />  
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A
Oh que non, Tulipe noire...la souffrance moi je ne m'en fous pas!!!<br /> Bien sûr , dans l'âme du poête, toi, le lecteur,  tu la vois comme génératrice du beau, mais pour la vivre souvent et bien qu'estimant qu'elle est un mal nécessaire à la création, je me refuse à la vivre sereinement,  avec distanciation. Quand elle m'habite, j'ai mal!!!!!!! Et c'est insupportable...Et je ne m'en fous pas...C'est une bête horrible qui vit en moi, un alien terrible rampant dans mes pensées, un ver contre lequel j'essaie de me battre sans savoir vraiment par où l'attraper. Alors je crache des mots sur le papier en espérant  vainement qu'il sorte avec eux...<br /> M'en foutre, non...impossible. En tous cas pas pour le moment...<br /> Merci de tes émotions, fleur charbonneuse...Biz<br /> Arthi
S
dépendant des rimes, poussé vers la déprime, parfois flirté avec la frime, tout cela pour parvenir à la cime...<br /> cime de la violence, cime de l'élégance, cime de la jouissance, cime de l'existence...<br /> et puis parfois résonne le silence...<br /> jubilé de l'abstinence...<br /> et puis retour des plus folles étreintes...<br /> La douleur nous nourrit...<br /> La douleur, c'est notre vie...<br /> Grace à elle, l'envie ne sera jamais éteinte...<br />  <br /> gros bisoux sam<br />  
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A
tBonsoir Sam<br /> Toi tu crois à la nécessité de la souffrance (Van gogh, Nerval...) pour créer...!!<br /> J'aurai tendance à penser comme toi...en tout cas pour les créations plastiques que je connais beaucoup mieux que les littéraires. Mes préférences vont vers les créations d'artistes qui ont ou ont eu une vie intime de questionnements, de recherches personnelles, une démarche analytique (pour ne pas dire  psychanalytique, celle ci n'étant apparue qu'il y a moins de 150 ans..)...ceux en tous cas pour lesquels créer prenait souvent la forme d'une thérapie, ou du moins celle d'un exutoire à leur détresse, à leur mal être.<br /> La peinture mièvre, qui ne dit que le beau paysage, la nature morte sereine, et le portrait tranquille de la jeune fille en fleur, me lasse au plus au point. J'ai besoin de percevoir l'artiste dans sa douleur, son questionnement, ses interrogations au travers de sa création. Faire du beau pour le seul plaisir de faire du beau (ce que la Nature fait d'ailleurs très bien toute seule), ce n'est pas pour moi être un artiste plasticien mais un décorateur , profession que je respecte par ailleurs mais qui n'a rien à voir avec la philosophie même de l'Art. Dans l'Art, on doit voir la trace de l'Humain..<br /> Merci de ta poésie qui sent le vécu...<br /> Bisoux à toi et à des anges<br /> Arthi
M
Le poète magnifie sa souffrance par les mots. Il pense qu'en jouant avec eux, il peut la sublimer. Elle est pourtant toujours là, cette salope! Il n'y a que les lecteurs pour s'en réjouir!
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A
oui mais ce jeu pour moi relève aussi d'une jouissance, d'une drogue, d'une présence,  dont il ne peut se passer, qui le révèle à lui même et au monde. Il a besoin de son shoot régulier, celui qui le rassure...pour mieux retomber dans le manque et se laisser gagner par la douleur encore et encore. Sincèrement je crois au pouvoir addictif des mots surtout quand leur sens se mèle à leur son...<br /> Reste à savoir combien de temps cela peut durer?<br /> Bises<br /> Arthi