162 - Le Mobile y est*
J’ai pris récemment cette photo qu'un ami trouve ratée car ces chaises ne sont pas habitées.
Ce qu’il voit comme un manque a été pour moi une source d’inspiration ludique.
Tout vide ne demande-t-il pas à être comblé ?
Sur la jaune
majestic trône
je serai amazone
et vous tendre faune.
J’demande pas l’aumône.
Juste votre pylône…
Sur la blanche
du lundi au dimanche
vient votre revanche :
au creux de mes hanches
votre sexe s’épanche
en larges avalanches.
Sur la verte
c’est votre main experte
qui fera la découverte
d’mon corps en alerte
qu‘la pudeur déserte.
Sur l’orange
c’est bien moi qui mange !
Sur votre mésange
traînent mes phalanges.
Dites qu’ça vous dérange...
Parlons libre-échange !
Oui c’est sur la noire
-car tel est votre bon vouloir-
que vous ferez vot’petite histoire
sans m’laisser m’asseoir
lançant votre plantoir
au fond de mon nichoir.
La rose
puisqu’il convient d’en dire quelque chose,
n’engendre pas la sinistrose.
On y ose
mille tours de virtuose.
Aucun risque d’ankylose
et encore moins d’overdose :
votre prose
est toujours grandiose !
La violette
est notre gadget :
nous jouons saynète
où je suis soubrette
et vous proxénète.
Cette historiette
N’est jamais surfaite :
sucette,
rincette,
levrette :
c’est toujours chouette !
Dommage, on a cassé la rouge !
Ces chaises, 'faut pas trop qu’on les bouge.
Et la bleue
sert quand il pleut.
Nous y suivons à la queue leu leu
les savoirs méticuleux
d’un vieux grimoire graveleux.
Mais mon cher mettez vous à l’aise
et prenez donc vite une de ces chaises !
Vous y oublierez votre ascèse.
Toutes vous plaisent ?
Alors écrivons donc la genèse,
la thèse et puis l’antithèse,
de l’art subtil de la baise…
Copyright © Arthémisia
Illustration : photo personnelle du jardin de la Villa de Noailles
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