172 - Les Lits
Non,
Il ne grince plus ce lit gribouillé d’amertume.
Grisé de rouille grave, il se tait sous la lune.
Et repose plein de chairs aujourd’hui mortifiées.
Ses draps remplis d’années rampent sur moi fanés,
Et je suis devenue sa momie oubliée.
Mes blessures rebelles y bleuissent patiemment
S’habillant d’insomnie et de ressentiment.
Il n’entend plus mes cris et mes jouissements
Et n’étouffe que mes larmes et mes isolements.
Et le tien, où est-il ?
Océan guerroyant ou continent fertile,
Afrique incivile où ton style ductile
Dévore assurément les fosses hydrophiles
De milles hydres nubiles.
Accueillante est ta couche : j’en ai fait tous mes voeux.
Entends moi murmurer ma prière d’aveu :
Mon esprit vagabonde vers toi si souvent,
que mon corps est tout près d’un vrai déménagement.
Copyright © Arthémisia
Illustration : Egon SCHIELE – Le Couple d’amants
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