217 - Eveil
Refuser l’heure, le jour, la lumière, l’insidieuse, la perfide, celle qui se glisse partout.
Refuser la verticalité, celle qui soit disant fait l’homme. Rester animale. Tant
pis.
Rester blottie dans le trésor nocturne, l’écrin tiède du rêve, le lit, le lieu du corps à corps,
cet enrobement de peau et de sommeil.
Laisser les couettes souligner les courbes mamelonnées, les draps se noyer dans les entrejambes,
les toiles retenir les pensées, les humeurs et les exhalaisons des frottements, des partages, des gestes de la nuit.
Le sommeil n’est plus mais la veille n'est pas encore.
Le corps rampe dans un no man’s land silencieux.
L’œil clos, la main inerte, la bouche seule respire. Un peu sèche.
Peut-être que la langue s’aventurera lentement hors de sa cage ?
Et goûter alors sur mes lèvres les restes de la nuit…
Copyright © Arthémisia
Avec : Nu
– Amédéo MODIGLIANI
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