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231 - La Mort à Venise

Publié le par Arthémisia

 
 
 
 
Celui qui avait reçu en don ce sourire, l’emporta comme un présent fatal. Il était si ému qu’il fut forcé de fuir la lumière de la terrasse et du parterre de l’hôtel et se dirigea précipitamment du côté opposé, vers l’obscurité du parc. IL laissait échapper, dans un singulière indignation, de tendres réprimandes : « Tu ne dois pas sourire ainsi ! Entends-tu ? Il ne faut pas sourire ainsi à personne ! »Il se laissa tomber sur un banc, affolé, aspirant le parfum nocturne des plantes. Et penché en arrière, les bras pendants, accablé et secoué de frissons successifs, il soupira la formule immuable du désir…impossible en ce cas, absurde, ridicule, sainte malgré tout, et vénérable même ainsi : « je t’aime ! »
 
Voici un magnifique extrait de La Mort à Venise de Thomas MANN, romancier allemand du XXème siècle.
MANN nous y parle du fascinant pouvoir de la Beauté physique - ici celui qu’exerce sans le vouloir un tout jeune homme sur un artiste vieillissant qui se laisse entraîner sans résistance possible dans un rêve fatal. La mort rôde tout le roman (le champ lexical des odeurs est magistralement couvert par Thomas MANN) et s’empare de l’âme de l'artiste, fragilisée, désemparée par l’Amour.
L'attraction  de la Beauté me semble être encore, et peut-être même plus aujourd'hui, alors que le culte du corps a largement envahi nos images mentales, une source de  troubles...
Le thème du livre est trop romantique, me direz-vous ? Les tourments du cœur, de l’âme, ceux qui font lutter notre raison et notre morale contre nos sentiments, sont–ils si désuets ?
Et ce questionnement sur l’individu, les liens qui se tissent si étroitement entre son corps et son âme (Allô, Docteur FREUD ?), ne sont –ils pas aussi un problème toujours vivant ?
Tout ceci me parait pourtant intemporel...
 
Copyright © Arthémisia
 
 
 
Illustration : Bjorn ANDERSEN (acteur qui joue le rôle de Tadzio, le jeune homme dans le film Mort à Venise de Luchino VISCONTI, Prix du 25e anniversaire du Festival international du film au Festival de Cannes de 1971).
La photo est de David BAILEY
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F
J'avoue avoir, tout comme toi, beaucoup d'affinités avec la littérature allemande... Comme avec la littérature russe... Comme avec beaucoup d'autres littératures... Le "coupable" en est mon instit de CE2 qui avait constitué une bibliothèque d'une cinquantaine d'ouvrages dont je me suis rendu compte par la suite qu'ils avaient été très judicieusement choisis pour inoculer le virus de la lecture... On pouvait les emprunter tout à loisir, juste pour le plaisir, sans être obligé à la rédaction de quelque fiche de lecture que ce soit... Et, cerise sur le gâteau, quand on avait TOUT lu, on avait accès à la bibliothèque de la classe supérieure... Bon, mais je ne vais pas te raconter ma vie... Bonne journée... A bientôt... Bises<br /> François
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A
Toi aussi tu es contaminé???<br /> J'ai pourtant l'impression que cette maladie est en voie de régression...<br /> je connais moins bien les russes...mais Mann est un géant pour moi (avec Zweig..)<br /> Biz et merci de ton passage<br /> A
F
J'ai autant apprécié, pour ma part, le film que le livre, mais j'ai été plus "impressionné" encore par " La montagne magique", voyage au long cours cette fois ( pas loin de 1000 pages ) , totalement envoûtant, qu'il est impossible d'interrompre  une fois qu'on l'a entrepris... Plus rien d'autre ne compte... A très bientôt... Bises...
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A
La montagne magique fait évidemment partie de ma bibliothèque depuis longtemps...C'est une vaste étude d'un petit microcosme isolé par la maladie qui mérite d'être lue et relue par la richesse des sujets abordés par Thomas Mann.(sociologiques, politiques, moraux, éthiques, psychologiques...)<br /> Vraiment la littérature allemande (et pas que celle du XXème) est riche de très grands noms...<br /> A très vite.<br /> Biz<br /> Arthi
A
bonjour !<br /> pas lu le livre mais j'avais vu ce film en 1971 et beaucoup aimé<br /> en plus çà correspondait bien à mes divagations d'adolescente mais hm, ai-je vraiment arrêté de divaguer ??? pas sûr :-)) 
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A
le livre est très court et en édition de poche...<br /> Thomas MANN est tellement grand lui, dans son analyse psychologique du héros que ça vaut le coût de te faire offrir ce petit bouquin pour Noël!!!<br /> Bisous et bonnes divagations<br /> Arthi