372 - Amores, et caetera....
Le livre dont je viens vous parler aujourd'hui a à peu près 2000 ans.
Ne fuyez pas. Avant de savoir de quoi il s'agit !!!!!!!!!
J'ai lu récemment
les Ecrits érotiques d'OVIDE
publiés chez Actes Sud et regroupant les 4 recueils Amours,
Soins du visage féminin, L'Art d'aimer, et Remèdes à l'amour.
J'ignorais qu'OVIDE avait écrit (avant ses célèbres Métamorphoses ) des textes jugés immoraux par l'empereur Auguste, ce qui
lui a certainement valu son exil de Rome en Roumanie.
Nous voici en présence d'une poésie amoureuse - ce qui est vraiment LA grande affaire d'OVIDE - qui nous chante le désir, le plaisir de l'amour ainsi que le chagrin, la jalousie, le rendez-vous galant, le plaisir de séduire,
les moyens d'artifice à la Beauté, la tromperie, la jalousie, le mensonge, les difficultés à maîtriser ses sens, dans une langue tantôt châtiée (OVIDE était ce que nous pourrions appeler un mondain) tantôt moins raffinée mais cependant toute en allusions et en sous-entendus :
nous sommes dans l'image, le langage parlé, et la polysémie, donc très proche d'une certaine modernité.
Ainsi dans les Amours nous sommes avec lui devant la porte de l'aimée ;
Dans les Soins du visage féminin nous découvrons les recettes de Beauté de l'époque et la coquetterie, jugée alors
très licencieuse puisqu'elle allait à l'encontre de l'honnêteté des femmes ;
L'Art d'aimer nous invite aux mille situations de l'amour, au triomphe, à l'infidélité, nous place devant le rival,
nous fait séducteur, nous voit en lutte avec nos sens non maîtrisés ;
Quant aux Remèdes à l'amour, ils nous apprennent malgré tout à résister aux maux de l'amour, et nous donnent des
recettes pour ne pas sombrer dans la mélancolie.
Tout cela est très croustillant et pas désuet du tout.
En voici un extrait pour vous mettre en appétit.
Rivière couverte de roseaux le long de tes rives bourbeuses,
Je me hâte vers ma maîtresse : arrête tes eaux un instant.
Tu n'as ni ponts ni coquille de noix qui, sans un coup de rame,
Permette de passer au moyen d'un cordage lancé.
Tu étais petite, je m'en souviens, ton eau la plus profonde
Touchait à peine mes talons : je n'ai pas eu de mal à traverser.
Aujourd'hui, tu dévales de la montagne proche (c'est la fonte des neiges)
Et roule des eaux fangeuses en mauvais tourbillons.
Copyright ©
Arthémisia
Illustration : Jean MORIN
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