424 - Freudienne*
Je veux ta mort.
A répétition.
Aurai-je assez de nuits pour te tuer ?
Tant pis, j’utiliserai tous les soirs du monde. Jusqu’à épuisement.
Je les épicerai du rouge lourd des pivoines crachées au creux des reins tango.
L’espace s’y incendie.
J’affolerai les montres afin que leurs rouages miaulent les pires solos
saxophoniques.
Nique ?
Tes hanches, balance incontrôlable, rythmeront la cadence.
Métronome décadent. Fléau ?
Dix fois. Cent fois. Mille fois.
Tu es imprévisible : je te calculerai.
Texas instrument : 18 centimètres…
Je veux ta mort.
Issue de moi.
Elle viendra par ma peau ensemencer ta peau.
Mes seins porteurs de fièvre t’inoculeront l’envie.
En ma bouche toutes tes volontés rencontreront des narcoses, et tes sens en extase se figeront sur
mes fesses.
Ton regard se pétrifie déjà sur mes fleurs sacrées. Oh ! tu paieras cher d’avoir tant profané
mes mécréantes entrées !
Agrippées à mes reins, tes bras remplis de tous les muscles de ton âme ne pourront plus lâcher le puits de
ton plaisir.
Aux galeries étroites les meilleurs poisons ! Tu piques, et tu te piques à ces jus
infernaux.
La belle, la tendre intoxication...
Calage et décollage abréactif.
Je veux ta mort.
Je la veux lente.
A petit feu de bouche et de langue râpeuse.
Râper, élimer tes chairs sous mes caresses, les mener à l’usure, à la corde, à la trame. La transparence
te guette. Je lis à travers toi, dentelle de souffrance en attente du jouir. La volupté a envahi ton ventre. Tu n’es plus là déjà et je ne vois plus qu’elle.
Je veux ta mort
Entière. Totale.
Pas de demie mesure, de cote mal taillée.
Oui, je la veux plein ma tête.
Les mains pleines
A pleine bouche.
A plein temps.
A plein sexe.
Je veux ta mort.
La petite.
Grandement.
Copyright © Arthémisia - Juillet 2007
Illustration : de
là
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