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476 - Regards nocturnes*

Publié le par Arthémisia

 

 
 
J’erre sur ton visage,  désert.
Tu dors.
Rien de moi ne te touche. Pourtant, je le sais, je suis en toi.
Dans ta bouche amollie, se promènent encore les saveurs de nos jeux. Elles y reposeront toute la nuit. Et même quand leur goût se délitera, il en restera comme une rémanence, un souvenir indélébile, une mémoire que tu emporteras sur ta route, qui te teindra la main, et finira par habiter ton sang, tes heures, les mystérieux moments où tu es loin de moi et où je pense à toi, et où tu penses à moi.
 
J’erre sur ton ventre, habité.
Tu dors.
Rien de moi ne te touche. Pourtant, je le sais, je suis en toi.
Dans tes muscles reposants rampent mes habitations, mes présences, mes corps convulsifs, mes latences de jouissance, les larves de mes plaisirs, mes secrets utérins, mes lieux. Au travers de ta peau, qui doucement se soulève, je sais mes mains t’apportant le Cadeau, je perçois l’élan de ta chair vers ma chair, je respire avec toi le mélange de nos fleurs, bouquet exubérant de nos unions de sucre et de sel. Cuisine.
 
J’erre sur ton sexe, clos.
Tu dors.
Rien de moi ne te touche. Pourtant, je le sais, je suis en toi.
Ton duvet palpitant d’aiglon se rappelle l’abandon de ma joue assassine. Une tension iridescente stagne encore dans ces boucles douces et souples. Elles luisent dans la pénombre, nourries de tes rages gloutonnes, de tes goinfreries d’adolescent, des rayons ardents des silences de mes yeux et des hurlements de mes mains.
 
J’erre sur ton sexe, prêt.
Tu dors.
Rien de moi ne te touche. Pourtant, je le sais, je suis en toi.
De cette peau nacrée et froissée maintenant, de ta robe rose et tendre, de ta chair en dormance, s’échappent des ambitions capricieuses venues du fond des grottes les plus profondes de ton secret. Ton sexe est volontaire. Il ne baisse jamais vraiment les bras.  Sans l’avouer pourtant. Et ce même quand tu dors.
 
J’erre sur ton sexe, disparu.
Tu dors.
Rien de moi ne te touche. Ou presque. Pourtant, je le sens, tu es en moi.
 
Copyright © Arthémisia - septembre 2007
 
Illustration : Les Moucharabiées - Copyright © Arthémisia - aout 2007
Commenter cet article
N
Damned c'est beau...
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A
Heureuse et flattée que tu apprécies.<br /> Je vais aller rôder chez toi.<br /> Arthi
J
Je vois que tu connais "Misterwind" Tu as visité son blog...il habite MarseilleDonc ma surprise tombe à l'eaubisous
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A
Je ne le connais pas : il m'a déposé un comm. C'est tout. Et je suis allée chez lui  une fois!!!
B
Cela ne dure qu'un temps, aprés la vie reprend ...<br /> Possessivité naturelle ?!<br /> bise arthi
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A
NON!!!!!!!!!!!<br /> Cela ne doit pas durer qu'un temps. Cela fait partie de la vie. C'est la vie.( j'idéalise, je sais...)<br /> Quant à la possessivité, elle est évidente dans les moments intimes parce qu'elle est liée au partage et ou don qui doivent théoriquement en être les moteurs...mais chacun appartient à chacun, et elle ne peut être qu'un sentiment nécessaire au développemnt du plaisir. Pas plus...<br /> Sinon est elle castratrice, étouffante, sclérosante,...mortelle pour le couple.
C
"Tu es en moi"...comme une chamade, un battement incessant, un tam-tam, j'ai la poitrine qui enfle et craque, sous l'assaut d'un désir de plus en plus vaste, de plus en plus puissant. Texte tendre, et brûlant pourtant. Hum...Bises
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A
l'un n'exclue pas l'autre il me semble?<br /> bises<br /> Arthi
A
Et ça recommence :OB ne veut pas de ma réponse pour vous Misterwind.Je suis obligée de (me) publier un commentaire...<br />  Atypique : ce dit de ce qui n'est pas conforme à un type de référence.<br /> Je n'ai aucune référence. Mais je viens de là et j'essaie d'être hic et nunc...Chacun trimballe ses richesses comme ses fardeaux. <br /> Je n'écris qu'égoïstement, narcissiquement (je connais mes défauts qui sont ceux de la solitude) mais je suis néanmoins absolument charmée que mes vocables vous plaisent, Mysterwind. Je me rends chez vous de ce pas. <br /> Cordialement <br /> Arthémisia
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M
un visage désertique, je ne peux y croire ;=))Merci pour ce vocabulaire atypique, des mots me plaisent et n'en déplaisent à quiconque.
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J
Que cette lecture est odorante, ce cpyage sur un corps endormi aux réminiscences parfumées du désir d'aimerBisous tendresO.
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A
Un bouquet magique, oui!<br /> bises tendres<br /> Arthi