470 - Gris
J'ai longtemps hésité à publier ça....mais je le fais, au moins pour de STAEL...
Tout à coup, la lumière se fait.
Votre espace soudain se réjouit. Les fleurs redeviennent joyeuses, et les bijoux brillants.
Le chat est amoureux, et le chien vous accueille en jappant. La blanquette de la voisine entre par la fenêtre ouverte et vient vous chatouiller les papilles. Les enfants rient dans la
rue. Les figues tombent de l’arbre lourd. Les peaux étalent leur douceur dorée. Le printemps est de retour. En septembre. Vous ouvrez vos yeux largement. Tout vient à
vous.
Et puis l’interrupteur.
Vous redevenez une chose, un décor, un vieux décor de pacotille. Rouillé et inutile. L’espace
retourne dans son étroitesse. Le terne renaît. La poussière retombe sur la vie. Vous en perdez vos sens. Votre âme les accompagne. Toutes les portes sont fermées. Plus rien d’existe qu’un
dessèchement, un rétrécissement, une implosion. Vous vous recroquevillez sur le gris de vos cendres. Vous ne rêvez plus. Le principe de réalité reste incontournable. Le monde reprend la
couleur de votre douleur.
Copyright © Arthémisia - septembre 2007
Avec: Nicolas de STAËL -
Les Toits
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