486 - Jour blanc
C’est encore un jour blanc.
Ces jours là le blanc se particularise. Il se constitue lui –même en une accumulation, des superpositions,
des pleins sans déliés, des trop pleins sans débordement, des multiplications gonflées et gonflantes, des additions +++++, des totaux totalitaires. Car il n’admet aucune opposition ces jours
là, le blanc.
Vous pouvez le caresser, essayer de l’amadouer, lui crier des horreurs à la figure. Il reste impavide. Rien ne le
fait bouger. Il est sans réaction. Pour pouvez appeler, geindre, pleurer toutes les larmes qui vous restent. Il reste. Il demeure. Dans son verbe d’état.
Etouffant.
Certains parleront de pureté, d’autres de propreté. Fi de ces préjugés ! Le blanc est une prostituée
qui mange à tous les râteliers. Le blanc est sale. Il est pesant, lourd de toutes les couleurs, surchargé. Il ne demande qu’à recevoir, appelle, engloutit, détruit. Il est mortel à qui
l’observe.
Préférez le voir, mais ne vous arrêtez pas. Ne laissez pas votre regard traîner par là.
Méfiez vous c’est contagieux le blanc.
Evitez les pages blanches, les toiles blanches, les écrans blancs. Ce ne sont que des appels sans réponses au
spectacle d’une vie ordinaire.
Copyright © Arthémisia - octobre 2007
Avec: Piero MANZONI - Achrome
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