Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

504 - CHAR

Publié le par Arthémisia

 

 
 
Ma dernière lecture :
 
Poèmes en archipel – Anthologie de textes
  
de
René CHAR
(Folio – 11.5 €)
 
Ce sont donc des morceaux choisis, et largement mis en situation par les auteurs et ceci pour le grand public.
 
Char a la réputation d’être un poète difficile.
Je le trouve (pour ce que j’en ai lu) très dans l’observation, très attaché à la Nature, (sa Provence notamment), très descriptif. Son poème appartient au paysage, à la Terre, à l’Univers et ceci avec une force quasi chtonienne. C’est un homme de terrain !
 
Cependant Char va beaucoup plus loin que la simple description : les lieux, les objets, les personnes sont très souvent soumis à des transfigurations issues d’une culture classique (Héraclite notamment), à des prosopopées dans un style assez perfectionniste où tout est dit en très peu de mots.
Le sens est ramassé, resserré, certains dirons attique, le texte est d’une densité intense, puissant.
 
Et puis l’art de Char entretient des liens étroits avec la peinture et notamment avec des peintres dont le travail élabore une pensée quasi philosophique : La TOUR, Van GOGH… Les peintres ont enluminé  ses mots (Michèle Gazier) et il a collaboré avec nombre d’entre eux. Il partage avec eux, et parfois par delà les siècles, les valeurs d’une esthétique créatrice, une pensée totalement tendue vers le Beau.
N’écrit-il pas dans les Feuillets d’Hypnos (parus après la guerre qu’il passa dans le maquis provençal) :
 
« Dans nos ténèbres, il n’y a pas une place pour la Beauté. Toute la place est pour la Beauté. »
 
Même si parfois on pourrait lui reprocher un « travail » trop palpable, des lignes qui sentent un peu trop le «cerveau », CHAR n’est cependant jamais dans le gratuit, mais plutôt dans l’ivresse d’un génie qui l’occupe à 100%.
 
N’hésitez pas à trinquer avec lui….et sans modération d'autant que le recueil est illustré notamment de très belles aquarelles de René CHAR lui-même.
 
Copyright © Arthémisia - octobre 2007

avec  : Ecorce de pin - Lubéron - Copyright © Arthémisia

Commenter cet article
A
Renais char!<br /> Ment, songe!<br /> Rat! Tu es<br /> Le monde!<br /> Dit Ale. Lis<br /> Si Mot. Re-<br /> Nais! Char.
Répondre
A
Impérial!
J
Euh... Oui. Je suis émotif !Ces gars-là me touchent. La délicatesse de leurs perceptions, qui jure face à la vulgarité coutumière des jours. J'y vois comme une dignité, rester rebelle en restant debout , par la beauté.Je ne suis pas un "fan" de ces artistes, penseurs, pèlerins, ascètes, philosophes, mais élève. Voire acolythe (au sens traditionnel).Je me laisse toucher, je me laisse atteindre, je rentre dans leur jeu, je leur fais confiance.Ils gardent pour moi vivante une sorte de réminiscence de plénitude.Oui, je suis par instant le jouet de leurs sensibilités...C'est merveilleux !Ils donnent à voir, raffinent nos sens, on se sent aimé parfois à travers tels de leurs traits de plume, qui effacent l'absence...Il y a des gens qui utilisent la culture comme instrument de domination : savoir plus et mieux...C'est le comble de la vulgarité.Alors qu'il suffit parfois de s'en laisser dire !Modestes, on est en cela aptes à recevoir quelques clartés qu'ils partagent...Quel honneur !Non ? Je ne partage pas la philosophie de Jaccottet, (ou d'autres) sur le fond. Mais j'ai soif de sa sensibilité qui me révèle à moi-même !Il faut sa voir rendre à chacun ce qu'on lui doit...
Répondre
A
Ton émotivité t'honore...son aveu encore plus!<br /> C'est étrange car, peut-être ne l'as tu pas lu, je retrouve dans tes mots ce que j'ai tenté d'exprimer à Fleur bleue ce matin : le verbe toucher notamment et l'idée que tu en développes quant à la naissance d'une émotion quasi physique.<br /> J'ai écrit hier soir quelque chose qui poursuivra cette pensée et qui sera publiée ici le 19/11. Reviens le lire...si tu veux<br /> eh, oui, je programme!<br /> Merci de ton intervention<br /> arthi
J
Tout a commencé pour moi dans les larmes à la lecture de Gustave Roud : "Le petit traité de la marche en plaine" et "Essai pour un paradis". Puis un beau jour, rencontre avec Philippe Jaccottet par l\\\'intermédiaire de son "Gustave Roud" ( Seghers Poètes d\\\'aujourd\\\'hui)  Un moment quasiment sanctifié au coin du feu. (Tous les deux sont Suisses)Dont acte, j\\\'acquiers dans la foulé de cette émotion "Cahier de verdure (NRF poésie gallimard)  Larmes... Je suis dans mes roses ! J\\\'ai un nouvel ami inconnu...Infiniment plus convaincant (c\\\'est à dire entraînant) que le "Comme un souffle de rosée bruissant" de Jean Mambrino, qui n\\\'a pas gardé la verve cinglante et lumineuse de son "Le mot de passe"  (Granit) et digne de figurer non loin de mes "collectors de JC Renard, tels que "par vide nuit avide" (Fata Morgana).Oui, Jaccottet est un auteur qui peut vraiment alimenter de belles choses en nous, je le pense sincèrement. Bien sûr tout cela est subjectif, mais il y a plus qu\\\'un "goût" dans cet attachement que je lui voue, Son écriture rejoint cette dimension universelle qui apporte un souffle éternel aux choses simples, qui, autrement dîtes, resteraient dans l\\\'anonymat de l\\\'insignifiance ou de l\\\'indifférence.Un regard nous est transmis.(M...Je suis trop long...)
Répondre
A
Ben le voilà ton comm. du siècle! <br /> Je ne connais aucun des auteurs que tu me cites sauf JC RENARD de nom...<br /> Voilà de nouvelles pistes de lecture : merci pour cette transmission.<br /> Arthi<br /> ps 1 : relis l'en-tête de mon blog pour ce qui est de la (trans)mission...<br /> ps 2 : quant à "dans les larmes"...cela se poursuit-il avec l'émotion?
J
très belle description de Char notre père provençal a tous avec Mistral c'est toute la provence
Répondre
A
Merci de partager avec lui, avec moi, cet amour du lieu.<br /> bises JC.<br /> Arthi
J
Connais pas !Le dernier poête que j'ai dévoré, slurp, c'est Philippe Jaccottet...Moi qui déboulais avec la ferme intention de poser le com du siècle, j'ai plus qu'à la boucler et repartir gros jean comme devant...Plume basse...Sniff...
Répondre
A
Essuie tes larmes : moi, je ne connais pas Philippe JACCOTTET mais d'après ce que m'en dit Wikipédia, il est connu pour ses traductions (entre autres) de GOETHE, RILKE, MANN...qui sont des auteurs largement présents dans mon Panthéon. Aurions nous qq. affinités?<br /> As tu un titre à me conseiller? 
G
Merci, Arthi, Juliette, Mahina, à vous lire j'apprends beaucoup, je vous embrasse.
Répondre
A
Je te retourne le compliment, Fleur bleue. <br /> bises<br /> A.
L
J'ai publié sur mon blog mon travail de DEA sur " Le paysage chez  René Char "dans la catégorie "René Char"<br /> Bonne journée
Répondre
A
Merci de me l'indiquer, Laura. <br /> J'ai achété et lu moi aussi le Télérama hors série mais pour lire ton travail il faut être Champollion : il apparait avec des "carrés" en multitude en plein corps du texte.<br /> Si tu peux faire quelque chose, je serai ravie de pouvoir m'y promener.<br /> Belle journée à toi aussiArthémisia
M
J'ai aimé la réponse à ton commentaire à Gérard... Ma première impression quand je lis un poème en est d'abord de la sonorité, oui, la musique des mots, dans des poèmes courts, mais si l'interprétation des mots est trop hermétique, c'est comme si j'écoutais une cacophonie, alors, je m'éloigne et je délaisse. Je n'aime pas la peinture abstraite qui ne me parle pas, la poésie doit aussi me parler même si je n'y mets pas le même sens que l'auteur! en ce sens, oui, le regard fait le tableau, , le lecteur fait la poésie par son interprétation, sa façon de prendre le texte ou l'image pour la faire sienne...
Répondre
A
Voir une oeuvre d'Art ou lire un poème ce sont des phénomènes d'accaparement. Cette préhension peut aller jusqu'à la boulimie, la frénésie, la gloutonnerie, la passion ou se passer dans la difficulté, l'importunité, le malaise. <br /> Tout est à mon sens une question de lieu et de moment...et d'écoute aussi surement. Je dis ça car j'en connais qui, avant même d'en connaître la substance, se ferment à l'Art moderne ou contemporain, à la littérature, à la poésie, à la philosophie...probablement parce qu'ils ne souhaitent pas être confrontés à leurs difficultés, à leurs doutes, ou pire, par fainéantise!<br /> bisous, mahina<br /> Arthi
.
Tu m'apprends que Char était aussi peintre.
Répondre
A
Il peignait. Oui. Je ne connais de lui que des aquarelles retravaillées avec ses poèmes par dessus.
O
Très chère A., c'est exactement ainsi que je ressens la poésie au premier abord, une musique, un rythme, puis certaons mots, assemblages de mots, vers se détachant des autres par "leur luminosité.Souvent ne pas chercher de rapport avec le titre.Par exemple, dans "Le nu perdu" un texte appelé "Le gaucher" ne fait jamais référence à un gaucher, mais à la main....D'ailleurs c'est ainsi je crois qu'il faut lire la Poésie d'une façon générale.BisesO.
Répondre
A
Je sais combien nous partageons, même à distance.<br /> Je t'embrasse<br /> Arthi
G
Moi aussi j'aime beaucoup, même si je ne comprends pas tout.
Répondre
A
Je me questionne souvent sur la nécessité absolue de comprendre la poésie . <br /> Dans un premier temps je dirai (mais ceci n'est qu'une sensation née de ma modeste expérience) que la poésie, puisqu'elle est Sens et Son (ça c'est de Paul VALERY), amène le sens des mots sur une musique. Si elle nous est hermétique, nous pouvons déjà en recevoir la musique. C'est une première découverte et un premier plaisir. Je crois même foncièrement qu'elle peut se suffir à elle même, cette musique.<br /> Et puis, il suffit parfois de remettre le disque, de relire le texte, de profiter d'une nouvelle écoute, d'un autre moment de réceptivité, pour que le sens jaillisse. Nous avons tous fait l'expérience de relecture d'un livre que nous avions lu il y a longtemps et auquel bcp nous avait échappé.<br /> Pourqu'il y ai compréhension, il faut que non seulement les mots viennent vers nous mais aussi que nous allions vers eux. Il nous faut être avec, qu'ils nous prennent et que nous les prenions aussi. Un livre, un poème, c'est une rencontre. Il y a des moments particuliers, des lieux particuliers pour ça. Comme pour les rencontres amoureuses...<br /> Et pour paraphraser Marcel DUCHAMP (un grand copain!) qui disait que "c'est le regardeur qui fait le tableau"...je dirai que c'est le lecteur qui fait le livre...(C'est moi qui souligne!)<br /> Belle journée à toi, fleur bleue et merci de ta fidélité.<br /> Bisous<br /> Arthi
L
très bien redonné ce livre par tes motsLu il y a très longtemps, il faut que je le retrouve (s'il ne nous a pas quitté de déménagement en déménagement)un poète de la tête et de la sensation doncMERCI de ce partageBises"L'éternité n'est guère plus longue que la vie." (René Char)
Répondre
A
Très bien dit Lung Ta : Char c'est du senti intellectualisé.<br /> Je t'embrasse<br /> Arthi