500 - Chambre sans vue
Juliette sur le blog d'écriture papier libre qu'elle anime momentanément, souhaitait, dans sa dernière consigne, que les participants fassent la description d’une chambre à coucher, imaginaire ou
réelle... avec une touche personnelle mais pas trop…
J’ai peur d’avoir fait trop….
Désolée.
Je ne pourrai pas être architecte.
Ma chambre n’a pas d’abscisse, ni d’ordonnée d’ailleurs.
Cela ne veut pas dire qu’elle soit désordonnée. Non. Mais elle est sans géométrie, sans calcul, sans fin, je veux dire
indéfinie.
Sans prédestination, sans fonctionnalisme non plus. Qui fait –on ? Là n’est pas la question.
Cette chambre ne se situe nulle part, dans aucune maison, aucun appartement, aucune ville, aucun pays. Elle n’est pas construite,
même pas en rêve. Elle ne contient aucun meuble, pas le moindre lit, ni la moindre commode. Encore moins une bibliothèque, des tableaux, un miroir.
Difficile pour moi de vous parler d’un espace qui, non seulement n’existe pas, mais en plus n’a pas de dimensions, de fin, n’est même
pas arpentable, qui se moque de mes pieds, de mon œil, de ma main.
Pire : cette chambre n’est même pas une image, une chimère, une idée, une pensée. Elle n’est même pas un vide, un devenir à
imaginer, à construire.
Elle n’est rien.
Et pourtant, il me semble qu’elle est tout aussi.
Un peu… comme une suspension au dessus de mes petites victoires quotidiennes.
Une suspension autour d’un manque.
Copyright © Arthémisia - octobre 2007
Avec: Alain BUBLEX - Plug in city 2000
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