511 - La Ligne
Elle s’était endormie, ronde de ses caresses, grisée.
De sa bouche entr’ouverte s’échappaient à intervalles réguliers les vapeurs de son âme,
qu’il gobait en petites bulles tièdes et recrachait en étiques filets ainsi qu’il eut pu le faire de la fumée de sa cigarette.
Un de ses seins narguait l’air en accrochant son souffle.
Il ne le toucha pas mais décida d’en suivre la ligne de la pointe de l’index, à un centimètre
de la peau, redoublant ainsi sa géographie en une courbe de niveau supplémentaire et virtuelle dans l’espace de la chambre. Le dessin resta en suspension dans l’air quelques instants. Cela le fit
bander.
Il continua son tracé en descendant sur la dune de son ventre et s’interrompit au dessus de
sa fente.
Sa bouche était sèche. Il déglutit.
Ponctuation.
…
Copyright © Arthémisia – novembre 2007
Je tiens à vous proposer à la lecture le texte qu’écrivit Joan MIRO à propos de ses 3 grands
Bleus exposés à Beaubourg et que j’utilise en illustration :
« Par les quelques lignes
tellement économes que j’y inscris, j’ai cherché à donner au geste une qualité si individuelle qu’il en devient presque anonyme et qu’il accède ainsi à
l’universel. »
Avec : l'un des 3
Bleus de Joan MIRO
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