Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

532 - La Partition*

Publié le par Arthémisia

 
 
Le chant revenait chaque jour.
 
Il était rond comme une terre, celle portée par le dieu.
Il roulait, se déroulait en laissant quotidiennement une trace en ruban sur sa peur. Sa petite trace.
Les jours passant, les lacets s’entrecroisaient, tissant ainsi, un réseau chaud et enveloppant, qui construisait autour d’elle la chair d’un cocon rassurant.
 
Le chant était grave, lourd, très éloigné de la superficialité ambiante.
Il la pénétrait jusqu’à l’os, la moelle, la remplissait d’émotion, la tendait et la faisait vibrer comme la corde de la harpe. Le chant résonnait dans ses creux, se cognait à ses parois, se répandait en écho dans toutes les pièces de son corps.
 
Le chant était moelleux, et lisse.  
Il glissait en un taffetas souple, répandait sa caresse telle la coulée de miel tiède, de thé au lait, de confiture ambrée et brillante, pour gagner les moindres anfractuosités du désir. Le chant  flottait dans un zéphyr gourmand.
 
Le chant était parfum, Orient, fleurs et fruits.
Suivant des pistes ocrées, il accourait de l’Alhambra, de Carthage, d’Alexandrie, accroché au flanc des étalons dans de précieux flacons. Chaque secousse le voyait se répandre, se perdre dans le sable. On craignait pour sa vie.
 
Le chant était orange, juteux, sucré, alcoolisé.
Il allumait le soleil en pleine nuit, entrechoquait  des complémentaires, projetait les drippings rageurs d’étincelles grenadines. Il explosait en un 14 juillet ardent, en un mimosa, en un éclair.
 
Le chant était sa jouissance. A lui.
Elle, en gardait la partition.
 
Copyright © Arthémisia - décembre 2007
 
Avec : Jackson POLLOCK - Number 8 
Commenter cet article
R
<br /> <br /> lui, le musicien  "déchiffre la partition"...<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> et justement au niveau corporel  cela  peut  s'entendre  ( la partition), au niveau musique par contre  c'est bizarre ce terme, qui semble  indiquer  qu'il y a<br /> fragmentation et non unité...<br /> <br /> <br /> pour  résumer  sexuellement  et musicalement   le chant et la partition, le lecteur et son livre,  c'ets effectivement une unité retrouvée...  la partition<br /> guidant le chant, le femme , l'homme,  et l'un n'es pas grand  chose  ( dans  cette unité)  sans  l'autre.<br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
A
<br /> <br /> Quand la musique s'est éteinte, quand le musicien s'en est allé, que reste-t-il, Ren, sinon, la rémanence sonore et la trace écrite de l'instant partagé.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Bien sûr, on peut penser que "ce n'est pas grand chose". Mais c'est déjà beaucoup, Ren, beaucoup, car la mémoire est  une grande force.<br /> <br /> <br /> De vie.<br /> <br /> <br /> <br />
A
J.P, comment aurai-tu pensé qu\\\'une Arthi. des années après ...Parlerait d\\\'Alexandrie et de carthage , d\\\'étalons et de flacons précieux,de "dripping" d\\\'étincelles et de cocon rassurant...Etait-ce un 14 juillet OR A FOURTH OF JULY ?..."SPARKLING""ETINCELANT"
Répondre
A
Eh oui...J'espère seulement que POLLOCK, là où il est , ne m'en veut pas de le mêler à mes fireworks!<br /> Merci de ton passage Al<br /> Arthi
A
Ce texte est de toute beauté ... Et la toile aussi ...Bravo ArthiBises
Répondre
A
Merci pour tes compliments<br /> Pollock est pour moi une évidence en matière de peinture...bises<br /> Arthi
M
Je reste sur le mot de "partition" j'aime ce mot qui donne l'image de la vie, telle que nous l'écrivons, avec des mots, des notes, qui donne une symphonie avec ses silences aussi, parfois ses fausses notes, et qui ne se finit pas, on peut toujours rajouter des lignes sur le cahier jusqu'au moment où la partition se ferme....
Répondre
A
...il est toujours, toujours , toujours ....possible de rouvrir une partition...oui, toujours........
C
Il y a un anti-clic droit sur ton blog Arthi, peux-tu m'envoyer ton texte par mail? Avec ta signature et copyright? merci.
Répondre
A
OK. Je m'en occupe très vite.<br /> Encore merci<br /> bises<br /> A.
C
Merci Arthi! Les grands esprits poètes se rencontrent c'est celui que j'aurai choisi!! Mais j'aurai eu du mal tant nombre de tes textes me plaisent!Bises!
Répondre
A
Merci pour le compliment et heureuse de te retrouver autour de ce texte.<br /> bises<br /> Arthi
C
Un superbe texte à découvrir et offrir à ses cinq sens, voire un ou deux de plus s'ils existent... J'ai adoré le voyage au fil de tes mots délicieux. L'idée de détenir la partition où se couche la musique de l'être aimé est voluptueuse. <br /> Voilà deux jours que j'essaie de poster chez toi mais impossible... Enfin, tout fonctionne ! Doux baisers ici et là.
Répondre
A
Merci de ton passage Cara, de tes baisers et de tes compliments qui me touchent doublement puisqu'ils sont de tiens.<br />  O.B. a fait des siennes ces derniers temps. Et j'ai moi-même eu du mal à répondre aux comm. déposés par mes lecteurs.<br /> L'Amour chanté me bouleverse et je suis certaine, même si je n'arrive pas à leur mettre des noms, qu'il existe d'autres  sens pour nous permettre de le percevoir pleinement. Je pense d'ailleurs les avoir assez développés!!!<br /> Bises douces à toi aussi<br /> Arthi<br />  
J
ochracé « qui est d'un rouge pâle et mat comme l'ocre »olivacé « qui a la couleur de l'olive »violacé « qui tire sur le violet »Sur le même dictionnaire, mais la ligne du dessus...Têtu ? Bah, rien qu'avec les jolies filles...
Répondre
A
Ce PÂLE me gène. Pour moi l'ocre n'est pas qq. chose de pâle.  Dans mon texte je ne me réfère pas à un mot mais à une couleur que j'ai imprimée sur la rétine et qui est beaucoup plus orangée.<br /> tu as mes bises, flatteur!<br /> Arthémisia
A
Je n'arrive pas à t'envoyer une réponse dessous ton comm, Jomy. voilà ce que j'ai trouvé au lien que tu me donnes.<br /> OCHRACÉ, -ÉE, adj. Rare. D'un jaune pâle. Synon. cour. ocré. L'écorce de la racine de sassafras est épaisse, rugueuse, d'un rouge brun, grisâtre extérieurement, d'une couleur ochracée intérieurement, lamelleuse vers sa surface, cassante (KAPELER, CAVENTOU, Manuel pharm. et drog., t.2, 1821, p.645). Prononc.: []. Étymol. et Hist. 1812 ocracé (MOZIN-BIBER). Dér. sav. de ocre*; suff. -acé*. Cf. l'angl. ochraceous de même sens 1776 ds NED. <br /> Je souligne : d'un jaune pâle.... <br /> Merci Jomi pour ce lien que je connaissais pas.<br /> Arthémisia
Répondre
B
Moi qui fait du chant, je suis touchée par ce texte...
Répondre
A
Bien que très visuel, mon texte n'en perd pas son origine.<br /> Les sons et les images sont souvent très bien ensemble.<br /> Merci de ton passage Briesing.
J
Ocre ? Assez !(Têtu ? Noooon, ) :))
Répondre
A
Non, je ne me pense pas si tétue. Bien sur le mot ochracée est beau et savant mais il ne va pas dans mon sens.
A
La vestale cherche le feu à garder. Le feu cherche la vestale, qui le gardera.
Répondre
A
question d'intégrité aussi. <br /> La pensée de Joruri n'est pas la mienne même si je la respecte.<br /> Bises<br /> A
C
1 à 1 la balle au centre. lolArthi, accepterais-tu de me confier un de tes textes pour que je puisse le mettre en compagnie de plien de belles dames poètes dans un bel album sur Memo? avec ton nom et lien vers ton antre bien sûr? Bises
Répondre
A
Avec une grande fierté.<br /> Si celui là te plait..il est particulièrement cher à mon coeur....<br /> http://corpsetame.over-blog.com/article-7237319.html<br /> bises<br /> Arthi
J
http://atilf.atilf.fr/tlf.htmPlus fort que wikipédia...
Répondre
J
Mais "ochracé signifie: qui a la teinte de l'ocre...en plus classe... :))ma foi, fais comme tu veux...OCHRACÉ, -ÉE, adj.Rare. D'un jaune pâle. Synon. cour. ocré. L'écorce de la racine de sassafras est épaisse, rugueuse, d'un rouge brun, grisâtre extérieurement, d'une couleur ochracée intérieurement, lamelleuse vers sa surface, cassante (Kapeler, Caventou, Manuel pharm. et drog.,t2, 1821 p 645.
Répondre
A
Dans mon oeil, ochracé est plus pâle que l'ocre, un peu éteint.<br /> Et mon oeil compte plus que la ....classe! <br /> Trouvé sur Wiki truc....(http://fr.wiktionary.org/wiki/ochrac%C3%A9)<br /> Qui est d’un rouge pâle et mat. <br /> bises<br /> Arthi (tétue!)<br /> <br />
J
C'était un chant... Ou un cri qui drips du fond d'une âme jazz...Je le voyais comme cela se jeter sur la toile, y secouer son sang, ses humeurs, pour évacuer quelle tension , quelle bonheur attendu avec rage ?Pollock...Impressionnant de hurlement.
Répondre
A
Avec les évocations géographiques qui suivent je reste sur mon ocre....<br /> Pour Pollock, oui, je suis entièrement d'accord avec toi. As tu vu le film avec Ed Harris dans le rôle titre et à la mise en scène?
J
Shanty...Essaye "ochracées" plutôt que "ocrées", si je puis me permettre. ;)
Répondre
A
C'est un très bel adjectif, c'est sur, mais trop pâle pour ce que je veux dire. J'ai en arrière pensée...imprimé sur la rétine , le souvenir d'une balade dans le  Colorado de Rustrel....<br /> http://fr.wikipedia.org/wiki/Image:Rustrel_ocres.jpg 
O
Quel beau texte, quel belle éloge de l'amour...qui flambe... ou devient souvenir, est sensations ou pensées, est passant ou perene, désir ou tendresse.Bisous
Répondre
A
Merci de tes compliments, O.<br /> Tu as raison d'insister sur le côté pluriel de l'amour.<br /> bisous<br /> A.