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536 - Elle sait

Publié le par Arthémisia

 
 
 
 
Son âme tremble de faim, de faim et de peur, sur sa bouche et dans ses yeux immenses.
 
A qui parle elle ?
Plus qu’aux images.
 
Elle est un témoin gênant.  Elle a trop vu. Tout peut-être.
 
L’expérience fut la même pour elle que quand, après avoir passé ses doigts dans les poils d’une bête, les avoir lissés du plat de la main, avoir pris du plaisir à la caresse, tout à coup, on exerce un geste rapide à rebours, un retour, une remontée fulgurante, un regret vers du nu, vers le nid, le glabre de la pierre vermillonne de la lèvre actinique et qu’on y découvre la cruauté.
 
Elle s’est approchée des lèvres, les a entendues, les a bues. Jusqu’à la douleur. La pire douleur.
Elle y a rencontré l’absence, ce manque pendu aux mots, lamentable.
Eux, ils ânonnaient en surface, distillant les doses homéopathiques d’une morphine sucrée, illusoire et dangereusement blanche.
Ceux qu’elle a rencontrés ne savent pas la lire. Même quand ils la renversent.
 
Elle, elle sait.
Alors, tant pis pour sa bouche. Et tant pis pour ses yeux immenses.
Ils peuvent encore attendre.
 
Elle sait qu’il viendra.
 
 
Copyright © Arthémisia – décembre 2007
 
Merci à celle dont les mots si touchants ont inspiré les miens. Elle sait qu'elle a toute ma tendresse.
 
 
Avec: Alberto GIACOMETTI - L'Homme qui marche (dessin)
Commenter cet article
C
J'ai lu un espoir chez toi, du fin fond de mes ombres et pour demain... Je t'embrasse. Sourires.
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A
L'espoir c'est toujours pour demain, Cara.<br /> Bises<br /> Arthi
J
Quand on regarde attentivement l'espace séparé par les deux jambes et continué vers le haut par la ligne qui conduit à la tête, l'ensemble du dessin se met à ressembler à un postérieur en gros plan ! Ca ne s'invente pas... :))
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A
Tu as l'esprit encore plus mal tourné que moi, joruri!<br /> Et j'ai peur qu'il y en ai un qui se (re)tourne dans sa tombe!!
M
Pourquoi "IL" ce peut-être "Elle"...En fonction de nos humeurs, du moment...pour moi, c'est Elle, je ne sais pourquoi....
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A
Tu as entièrement raison. Ce IL ne peut imposer un sexe pas plus qu'il ne relève d'une entité. <br /> Il pourrait tout simplement être ..le bonheur....
D
bien evidemment que l'on peut user des images à toutes fins!!!!!C'est là , peut être que les mots qui les accompagnent peuvent aider à y voir clair , clair dans la direction de l'objectif et de la focale et de l' instrumentalisation qui peut en être faite.
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A
Peut être pas seulement aider à y voir clair, mais aussi comme tu le dis diriger le regard vers telle ou telle direction de lecture,  l'étayer, mais aussi induire.<br /> A nous d'être vigilants et de garder notre liberté d'interprétation...<br /> bonne soirée, Don.<br /> Arthi
J
Ho ! ne vous emballez pas , ce n'est pas un "actant," pervers, esclave ou un da sein ontologique de l'étant  phénoménologique, c'est un dessin ! :)))
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A
Sourires...n'est pas Merleau Ponty qui veut...surtout pas moi.<br /> Ton comm. me pousse quand même à me questionner encore plus sur le pouvoir des images!!!!
A
Ulysse et Pénélope sont du même voyage.
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A
Oui, même si elle voyage sur sa tapisserie et lui sur la mer.
M
Elle marche... décidée, droit devant... au devant de la rencontre...
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A
IL marche ...décidé.
D
"la démultiplication que le texte obtient par l\\\'image. Les politiciens, et les publicistes l\\\'ont très bien compris." disiez vous! grrr !!!!!!!!!  s\\\' il vous plaît Damoiselle, ne mêlez point les politiciens si terre à terre à nos pensées si suaves.............
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A
Et pourtant il n'y a qu'à regarder certaines affiches de propagande d'un passé pas si lointain que ça<br /> http://www.memo.fr/Media/Staline_affiche.jpg <br /> http://herodote401.blog.lemonde.fr/files/affiche_de_propagande_iii_reich.jpg <br /> par exemple...<br /> ou encore les publicités d'Oliviero TOSCANI  pour Benetton pour comprendre combien les images ont un pouvoir énorme et ne sont pas toujours aussi suaves qu'on le voudrait.<br />
A
On peut imaginer deux actants en présence, à la volonté pure de manipulation, mais inspirés et se laissant agir par des forces qui les dépassent et dont ils sont les servants.
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A
ceci est un possible, tout à fait.
A
L'acte peut être pervers en effet...Je n'y pensais pas.
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A
quand je disais "manipulation" je pensais à la manipulation de l'actant, du "il ", par une puissance extérieure (voir supérieure) qui ferait se distinguer grandement l'acte (ce qu'il fait) de ce qu'il est.<br /> C'est le seul cas à mon avis où l'il se distingue de l'acte...quand sa volonté est entravée, pervertie, ou manipulée
A
Bien sûr que oui(il y va de sa liberté, de sa singularité !)  Mais cela ne veut pas dire qu'il faille dissocier l'acte du "il"...Ce serait, je le pense très fort, de la mauvaise foi.
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A
ou de la  manipulation.
A
Je savais bien que nous n'étions pas d'accord (sourire)
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A
Je ne demande si il faut vraiment dissocier le il de l'acte...
J
On déambule d'une façon très décidée et déterminée dans un asile et qu'on est sous l'influence indiciblement atroce de la mélancolie anxieuse...Pour connaître un peu ce que fut la vie de Giacometti, j'ai peut-être extrapolé sur ce que je sais de ses difficultés...Et puis il y a le cadre.Ceci dit, tu peux être d'accord avec toi sans pour autant ne pas être d'accord avec moi ! ( Si, si,  elle est bonne celle-là...Je la garde !!!     Ah !  Ben j'aurais pas perdu ma journée moi tiens...:)))Je suis d'accord avec toi, dans le sens ou je suis d'accord avec le fait que ce avec quoi tu es d'accord est ce que tu perçois.Mais je suis d'accord avec moi aussi pour la même raison !Ok te fâche pas, je file...
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A
Alors même dans le cas extrème que tu décris la silhouette a quand même un but : celui de son anxiété. Elle va, elle n'est pas passive. Elle cherche, elle fait effort, elle se cherche peut-être elle-même, et même si elle ignore ce but, elle vit.<br /> "Ne vivez pour l'instant que vos questions. Peut-être , simplement en les vivant, finirez vous par entrer insensiblment un peu , dans les réponses." R.M. RILKE<br /> _______________________________________________<br /> Encore heureux cher joruri, que nous soyons en accord avec nous même. Cela ne me fachera pas...et je m'en réjouis, pour toi comme pour moi!!! Ceci n'enlève en rien le plaisir des échanges avec toi. Au contraire.<br /> <br />  
A
L'acte créateur du" il" ? ou "il" créateur de l'acte ?
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A
L'acte créateur du il...<br /> Et ce n'est pas qu'une déformation professionnelle!
A
Quand j'écris "du on au il " j'évoque plutôt une destination, un destinataire, induisant par avance la détermination de la marche et le rejet du on.
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A
C'est comme ça que je l'ai compris. <br /> L'acte est déterminant, créateur du il  parce qu'il est déplacement vers ce destinataire là. C'est ce mouvement là vers celui là qui fait la présence, l'existance.
A
Le GALBE de l'Anémone "acte et nid" toutes ces évidences...Plus de "cru-ôté" plus de "oux-leurresQuant aux "ânes-ton verbe est "délit-cieux"A qui parle t'elle , peut-être à un témoin gênant ?Qui a trop vu, mais pas tout peut-être...!
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A
Elle ne peut plus parler qu'aux images. Elles seules sont des témoins, mais des témoins silencieux. <br /> Eux  ne savent pas entendre les images. Ils ne sont que dans l'apparence, le surfaçage.
J
cette image de Giacometti, son contenu, ton texte, tout cela résonne en moi en douleurs répétées....
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A
Mais la dernière phrase, Juliette.Mais la marche...
D
comme je l'ai evoqué sur mon blog en reponse à ton passage,  j'aime llorsque les mots evoquent des tableaux, des images, des peintures, cela prouve prouve leur pouvoir d'évocation, leur force  impressionniste ......... toi tu associes un texte à une image, des images  et finalement cela  gagne encore en pouvoir ........en ...............charge emotionnelle...................en sensation....Merci
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A
L'image et les mots...Un journal à sensations en a fait son slogan.<br /> C'est vrai que j'ai beaucoup de mal à ne pas poser sur la rétine (virtuelle) une image quand je lis ou quand j'écris un texte. Il n'est aucunement question de véritable illustration (même si j'emploie ce mot pour préciser les origines de l'oeuvre que je retiens) mais plutôt d'une proposition d'ouverture, d'un complément, au questionnement induit par le texte. Il pourrait y en avoir d'autres : le preuve le Degas que tu proposes sur ton blog alors quemoi je pensais à un Rubens.<br /> Quoi qu'il en soit, il reste très troublant de constater la démultiplication que le texte obtient par l'image. Les politiciens, et les publicistes l'ont très bien compris.<br /> merci de ta visite, Don. reviens quand tu veuxCordialement<br /> Arthémisia<br />
A
Du "on" au "il" semble être le sens de cette marche ét/h/ique implacable.
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A
Oui.Il s'agit bien de prendre corps dans son acte, de révéler sa présence  par la force du déplacement.
J
Cette grande silhouette déguingandée qui va...Filament. Fille/amant.Oui elle dessine une douleur.Elle n'a pas d'autre but, disons-le, que de passer.de traverser notre conscience, et de la laisser indemne...Pauvre transparent qui se fabrique un nouveau but à chaque pas et dont l'allant allonge le pas vers le seul fait de passer d'un pas à l'autre, à la fois fantôme et filigrane.
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A
Je ne suis pas du tout d'accord avec toi, joruri, car je trouve cette silhouette très décidée. Elle est affirmative, et justement par son trait incisif comme au couteau, n'est pas du tout dans la transparence mais dans la pertinence, le choix, le percuté. Elle a un but et s'y presse. Elle  sait finement, avec toute l'acuité et l'intensité liées à la puissance du trait...Elle aussi sait.
G
Aimons toujours ! Aimons encore !Quand l'amour s'en va, l'espoir fuit.L'amour, c'est le cri de l'aurore,L'amour c'est l'hymne de la nuit.<br />        Victor Hugo
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A
Là, il faut se taire...<br /> Merci pour ce poème d' Hugo, Gérard. Je le note vite dans mes tablettes.<br /> bises<br /> Arthi
G
Le grand bonheur de se comprendre, c'est un espoir de ce qui viendra un jour, forcément.. Je t'embrasse, G.
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A
C'est la réponse d'une nécessité du destin.<br /> Bises, fleur bleue<br /> Arthi