556 - Mûrissement du jour*
La nuit nous respire encore.
Le lit tiède remue, un peu, imperceptiblement.
Les yeux toujours fermés, je trouve enfin la bouche qui appelle le
bonjour.
La lèvre d’abord molle, se gonfle et gagne en fermeté. Elle cherchait, elle
aussi.
Nous trouvons.
Premier instant des chairs mouillées. Appel
d’urgence.
La mort s’efface.
Car il faut sans délai pouvoir manger l’autre. Il est la nourriture.
Forcément.
Affamés, nous jaillissons de nos rêves épuisés. Et nous rentrons l’un en
l’autre, sans frapper, rondement, découvrant encore nos cavernes suintantes et nos langues fouisseuses.
Jouons ! La tentation est forte, grave et rose, même dans le
noir.
C’est là que naît l’accueil du jour. Il y mûrit, mon
Amour !
Je vis.
Baise moi encore.
Copyright © Arthémisia – janvier 2008
Avec : Le CORREGE -
Io et Jupiter
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