616 - Je t'entends longuement*
En contre bas du jour
Eclot,
Le brasier d’un élan,
D’une note retenue,
Soudain s’arrondissant,
Tel le galet d’août
En ma main frémissant.
Ton chant s’élève doux,
Animal vibrant,
Empli des eaux iodées
De tes climats d’argent
Affrontant tes membrures,
Et tant de tremblements,
Que de tes yeux jaillissent
Les perles bleues gavées
De ton offrande au temps.
Au pupitre, l’onyx brille,
En duos accrocheurs,
Opéra de concert,
De bois, de percussions.
Le tempo liquéfie la pierre noire
De ton sexe.
Tu traverses le Styx
En quête de points d’orgue.
La nage de tes soupirs se prolonge en mon ventre
En multiples échos allant s’atténuant
Pianissimo,
Vers les lieux d’un entracte.
La tempête nous calme ;
Nous entrons en silence.
C’est d’ample résonance que nous durons maintenant.
Mon ami,
Pausons nous.
Je t’entends longuement.
Copyright © Arthémisia – mars 2008
Illustration : Hans BALDUNG GRIEN -
Allégorie de la musique
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