617 - Les Portes bleues - Les portes brunes*
Mes lèvres ont ouvert tes portes bleues.
Derrière tu étais nu.
Tu m'as laissé voir ton cœur.
Trois notes ont retenti en contre bas. Ton pas.
Tu venais si tard, sans artifice, cru et déshabillé des jours brumeux.
Ta bouche humide et fraîche fourrageait mes cheveux.
De ta peau de souffrance, geignaient quelques morsures.
Mes baisers y chantèrent l'hallali d'un jappement.
Tes mains, en arrêt, toutes phalanges dressées, ont écouté le silence parfumé.
Nous avons respiré à grandes bouffées l'élan, droit, fier et urgent.
Tu m'appelais si fort.
Mes roses s'en souviennent tant.
Je t'ai abandonné ma peau, mes mots, mes au-delà.
Jusqu'à mon nom.
Mes yeux en ont tremblé.
Derrière j'étais nue.
Je t'ai laissé voir mon cœur, allongé dans ma cage.
Il a fallu pourtant refermer mes portes brunes.
Et aujourd'hui elles pleurent.
Lamentablement.
Copyright © Arthémisia - mars 2008
Avec : La Porte bleue - copyright © Arthémisia
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