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618 - Les conditions d'un échappement*

Publié le par Arthémisia

 

 
 
Chaque matin elle regardait le mur blanc de la salle de bains sur la brillance glacée duquel ses larmes s’allongeaient. Elles atteignaient le carrelage blanc, lui aussi, d’un blanc sans gourmandise, celui de la porte fermée du réfrigérateur, celui de l’assiette vide, celui de l’œil du mort.
Elles étaient obligées d’affronter le carrelage, de le contourner par ses angles, de se glisser le long de ses joints grisâtres. Elles dessinaient alors des repères orthonormés de la géométrie la plus repoussante. C’était celle d’horizontales sans horizon, de verticales plantées jusqu’à l’os.
 
Soudain le sang courrait courbe, dans la baignoire.
Car il faudra bien s’échapper.
Ne serait-ce que mentalement.
 
Copyright © Arthémisia – mars 2008
 
Avec : Jean Pierre RAYNAUD – La Maison
 
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R
La clarté du carrelage heurte les murs.<br /> Une lumière stridente chute en cascade des immeubles voisins.<br /> Reflets des vitres rapprochées des bureaux d’affaires.<br /> Intempestive, alors que les murs restent muets.<br /> Vides,<br /> Silencieux.<br /> Sans ouverture.<br /> Et développent leur moisissure.<br /> Indifférents.<br /> Une langue étrangère, opposée au vide .<br /> Le carrelage blanc.<br /> Nettoyé depuis peu.<br /> Il y a pourtant encore des traces de sang dilué, incrustées dans les joints.<br /> <br /> -<br /> Il n’y a plus personne ici .<br /> <br /> -<br /> <br /> RC – mars 2014
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A
Une réponse là-bas.
R
Je sais...<br /> cet article sur la difficile question du jugement, apporte un éclairage parallèle... http://ericleny.com/2014/03/20/la-difficile-question-du-jugement/
A
Il faut bien sûr trouver ou retrouver des raisons de ne pas se laisser emporter dans ce choix là. <br /> Parfois elles sont très très minces, tu sais...
R
Après - mais bon... tu connais mieux &quot;la question&quot;... <br /> les circonstances font qu'on n'envisage que cette extrémité, ( qu'on ne peut envisager qu'elle ....) et qu'on a la possibilité - ou non- d'aller jusqu'au bout de son acte. <br /> <br /> Je suppose quand même que beaucoup de ceux qui &quot; en réchappent&quot;, ne recommencent pas de sitôt.
A
Reste à savoir alors si on a le choix?
R
quand même ,oui... beaucoup que la subir de la part de quelqu'un d'autre.
A
Se donner la mort, est-ce un choix personnel?
R
Bien entendu, ... mais cette blessure, cette condition de l'échappement ... subie ou voulue, pourquoi ne serait-elle pas &quot;propre&quot; si c'est justement son &quot;propre choix&quot; ? ( ou alors je me méprends sur le sens...)... -------------- mon texte , quant à lui, a une portée différente :il vise à rendre &quot;propre&quot;, ou plutôt invisible une souffrance infligée à autrui, en effaçant les traces de l'existence... ( métaphore de ce que tentent de faire les négationnistes)
A
On ne peut pas porter toute sa vie les traces rouges d'un tel désastre.
R
est-ce le but ?
A
A savoir si un jour on devient propre de soi-même?
R
alors peut-être que c'est l'inconscient qui a parlé, mais je n'ai fait le rapprochement qu'ensuite ... et d'ailleurs ces temps ci les coïncidences sont assez fréquentes ( où il s'avère que la teneur d'un texte que j'écris, peut se rapprocher de celui de quelqu'un d'autre - sans que j'en aie eu connaissance avant -... mais c'est chouette -- c'est une sorte d'osmose, à distance. Dans le cas des &quot;vertus du nettoyage&quot; - en fait c'est un peu l'inverse de toi.... c'est à dire que les sensations aboutissent par le texte à un effet visuel... et au contraire chez moi, c'est l'effet visuel, qui a guidé la création du texte.--- de l'opposition au carrelage aux murs moisis, il me &quot;manquait quelque chose&quot; ( quelque chose qui justifie cette blancheur, donc le nettoyage.. ) et pour nettoyer quoi dans cette cellule ? - quelque chose veut faire disparaître mais qui s'incruste et résiste malgré tout.
A
C'est très troublant cette ressemblance de nos textes. Je l'avais lu chez toi mais je saurais le commenter. Ce sont des moments trop durs pour moi. <br /> Merci de venir ainsi vers moi, Ren.
R
<br /> ben tu vois...<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> et même  si ta modestie doit en souffrir,  c'est  quand  même pas  tous les jours  qu'on  lit des<br /> textes  avec un talent évident, et une ambiance que seule  tu sais créer...<br />
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A
<br /> <br /> Continue, Ren! Tu me fais du bien....<br /> <br /> <br /> <br />
R
<br /> alors  coila  je fréquente  là bas  trois  section:  "révélations poétiques",  qui est d'un très grande  richesse, et où tu as  "ta" section...<br /> <br /> <br /> http://www.amicalien.com/membres/famillemembres.cfm?FamilleID=801<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> l'art des mots  intéressante aussi, mais que je fréquente moins  ( on ne peut pas être partout, et puis  j'ai moins de réactions  ici que ds  révélations poétiques)<br /> <br /> <br /> enfin dans  "En attendant la fin du monde"    le post bis de la poésie  que vous  aimez  http://www.amicalien.com/membres/LeForum/f345-t9312064-s1-post-bis-sur-la-poesie-que-vous-aimez-.htm<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> voila Arthie...  bonne  journée à toi<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />  <br />
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A
<br /> <br /> Merc Ren! je vois que tu t'occupes de moi !!!!<br /> <br /> <br /> <br />
R
<br /> Je reviens  souvent à ton écriture, et  aux  "conditions  d'un échappement"...<br /> <br /> <br /> je viens de trouver - toujours  chez  les  papys ;-)  ,ceci...<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> --<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> L’éveil<br /> <br /> Je me souviens des noirs matins du soleil...<br /> <br /> Seigneur<br /> j'ai vingt ans<br /> Mes yeux aussi ont vingt ans<br /> et cependant ils ne disent rien...<br /> <br /> Seigneur<br /> Ma vie s'est consumée en un instant<br /> La dernière innocence s'en est allée<br /> Maintenant c'est jamais pour toujours<br /> ou simplement ce fut...<br /> <br /> Comment ne pas me tuer dans un miroir<br /> et disparaître et réapparaître dans la mer<br /> où m'attend un grand bateau<br /> avec toutes ses lumières allumées?<br /> <br /> Comment puis-je me sortir les veines<br /> et en faire une échelle<br /> pour fuir à travers la nuit? ...<br /> <br /> Mais mes bras veulent encore embrasser le monde<br /> ils n’ont rien appris<br /> il est trop tard....<br /> <br /> Alejandra Pizarnik<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> -<br />
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A
<br /> <br /> Cette  poésie me va très bien notamment l'idée d'utiliser les veines pour en faire une échelle ...de Jacob?<br /> <br /> <br /> Peux tu me redonner le lien pour aller chez les papys? Merci REn.<br /> <br /> <br /> <br />
R
<br /> Tu sais bien que ce n'est pas  dans un but  "mercantile"...<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Mais ceux qui aiment  le vraie  écriture, ne vont pas  forcément sur les blogs, c'est  une autre façon de partager que  de créer un 'thème", dont  tu es auteure, et<br /> c'est visiblement apprécié......<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> -<br />
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A
<br /> <br /> Tu sais bien que je plaisantais!!!!<br /> <br /> <br /> MERCI +++ REn!<br /> <br /> <br /> <br />
R
<br /> je viens  de transmettre  trois  de tes textes  au forum  "révélations poétiques " , de chez  amicaliens...   dont  ce dernier...<br /> <br /> <br /> comme  un "sujet"...   je pense  qu'il y aura des réactions,   donc peut-être les tiennes  en tant qu'auteur...<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> en tout cas  si tu visites  cette  ""famille", comme ils disent ici...   il y a foison de textes  de<br /> grande qualité<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> bises  bises <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Ren<br />
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A
<br /> <br /> Merci de faire ma pub, Ren!<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> ...après visite sur le site, je m'aperçois que tu fais ma promotion chez les papys ! ...!!!!!<br /> <br /> <br /> <br />
R
<br /> <br /> La froideur du blanc et celle de la géométrie<br /> <br /> <br /> en effet<br /> <br /> <br /> un suaire pour la pensée et pour le corps<br /> <br /> <br /> alors la courbe du sang qui s'échappe<br /> <br /> <br /> dernier geste de liberté créatrice<br /> Bien vu...<br /> <br /> <br /> <br />
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A
<br /> <br /> Mal vécu.<br /> <br /> <br /> <br />
S
<br /> je t'embrasse fort<br /> <br /> <br />
Répondre
A
<br /> <br /> Et moi donc! :0010:<br /> <br /> <br /> <br />
U
Oui, si tu veux: c'est horriblement beau.
Répondre
A
<br /> <br /> <br /> <br />
U
Quelle salle de bains!!!!!Elle lisse le sang; rien n'y peut arrêter le sang des larmes.Ton écriture est très féminine, très ronde; c'est pour ça que tout ce blanc....!C'est beau Arthi. C'est très beau!Baisers bleus.
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A
<br /> <br /> Ce n'est pas beau. C'est terrible.<br /> Horrible.<br /> <br /> <br /> <br />
V
ne pas oublier Arthi, lorsque l'on est dans le creux de la vaguequ'après, on remonte !
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A
<br /> <br /> Quand on a encore la force de nager...<br /> Merci de ton amitié, Vallis.<br /> Bises<br /> Arthi<br /> <br /> <br /> <br />
A
En touts cas Raynaud, lui, c'était un authentique obsessionnel du carrelage ;-)(ça veniat sûrement de ses problèmes en maths, dans l'enfance, qu'il devaient rédigers sur des feuilles à petits carreaux)
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A
<br /> <br /> Je crois savoir qu'il a commencé par des études d'horticulture et n'était pas très scolaire.<br /> <br /> <br /> <br />
W
ce lieu n'est plus raynaud la detruite ...
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A
<br /> <br /> Oui, oui. Tu t'imagines bien que je suis au courant!<br /> bisous<br /> Arthi<br /> <br /> <br /> <br />
A
La maison de Jean pierre Raynaud me fait penser à une chanson de Bashung! Encore une oeuvre éphémère...qui se finit en boite. "Imbécile, t'as encore été traîner/Dans le fond des asiles/pour trouver l'amour fou, imbécile", Bergman/Bashung Bise Amanieu
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A
<br /> <br /> Ce soir, l'idée de sa destruction me convient bien. J'y aurais même participé joyeusement si j'y avais été invitée...<br /> bises<br /> Arthi<br /> <br /> <br /> <br />
A
Précision chirurgicaleClinique du malentenduAu matin vespéralElle s'est mise nue.          Je t'embrasse Amanieu
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A
<br /> <br /> Le blanc est si cru qu'il tue toute croyance.<br /> bises<br /> ARthi<br /> <br /> <br /> <br />
J
Le carrelage est froid, mais si facile à casser. Ne te laisse pas rebuter par les apparences, car derrière ce voile, une clarté luit.Moi non plus je n'aime pas ce décor glacé, qui est d'ailleurs superbement réalisé, mais je n'y CROIS pas, je veux dire que ce n'est pas le dernier mot de la (de ta ?) vie.Il faut être têtu !Je t'embrasse. Que demainS te soit un autre jourS !
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A
<br /> <br /> Merci joruri!<br /> Ton regard positif sur la vie est encourageant.<br /> Je t'embrasse<br /> Arthi<br /> <br /> <br /> <br />
.
Je crois que cela dénie massivement les sensations de naissance.
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A
<br /> <br /> Oui mais ne désespère pas totalement d'un éventuel acquis dans certains cas rares.<br /> <br /> <br /> <br />
.
Le monde autour s'aveugle et fait la sourde oreille.
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A
<br /> <br /> Je crois que parfois cela est inné.<br /> <br /> <br /> <br />
J
Je t'entends pleurer...
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A
<br /> <br /> Je sais combien ta voix entend les fracas.<br /> <br /> <br /> <br />
O
qui mieux que Jean-Pierre Reynaud pouvait illustrer ton texte douloureux ?Mais ce n'est pas l'échappée que l'on croit... on en revient toujours et le monde autour n'as pas changé, n'a même pas eu connaissance de ce mini-séisme.Bises doucesO.
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A
<br /> <br /> Le monde autour est aveugle et sourd.<br /> <br /> <br /> <br />
B
Le carrelage est le piège insoupçonné de nos habitudes conventionnelles. Heureusement l’eau est proche, et la libation dissoudra l’asymptote geôlière.
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A
<br /> <br /> De l'Art de la dispersion, de la dilution...<br /> <br /> <br /> <br />