652 - Jeu d'enfants*

Je marche encore vers
toi
Eblouie et brûlante,
Aveuglée par ton ombre
Clandestinement jetée
Sur mon ventre en sommeil
Et j'entre plus profond
Dans ton regard de cendre,
De chat, bleui au soir
D'un Orient aquatique.
Le silence de ton geste
Me guide encore vers toi.
Mes cuisses en latitude
Acceptent l'invitation
De tes genoux accueillants.
Je te califourchonne
Et suis face à mon rêve.
Ta bouche choisit ma bouche.
Je respire ta langue
Et goutte outrageusement
Le parfum d'un anis,
Diorissime élégance.
Tu me repousses, un peu
Ne quittant pas mes yeux
Et je sens déjà au centre de mes jambes
Des routes de soleil
Par tes doigts attrapées.
Mon enfance est bien loin,
Pourtant sans lassitude,
Il me plait à venir,
Telle la jeune joueuse
Apprendre sur tes genoux
Le goût des premières heures.
Ce soir, je ne sais rien.
Jouons !
Car j'ai tout oublié
Des caresses sublimes.
Mais il me semble pourtant
Trouver dans ton lapis
L'appel renouvelé du mystère
Sur lequel le temps le plus vil
Ne pourra jamais rien.
Copyright © Arthémisia - avril 2008
Avec : Photographie de Julian WASER - Marcel DUCHAMPet Eve BABITZ jouant aux échecs au musée d'Art de Pasadena
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