678 - Le Verbe et le vertige

Le verbe et le vertige se cachaient sous tes ailes,
Toi l'albatros meurtri au flot des lèvres humides.
Tu troublais mon fouillis plus fort que le galet,
Qui de l'eau fait trembler la surface assaillie.
A l'instant de ton ombre ton mot se révéla.
Il accompagne ma nuit d'onyx et de lapis
Et j'y vois resplendir la révolte chtonienne
De mon corps découvrant d'autres vocabulaires.
Tu parles du calice qu'on dévoile au vestiaire,
Des portes que ta main ouvre dans mon roman,
Et écris à la plume le tremblement du fruit
En transmutant les chairs en infimes portées.
Conjugue avec moi cette grammaire ancienne
Qui fait des langues mortes d'ardentes réalités.
Dis mon amour de toi au plus profond mystère :
Je te le réciterai au delà des clartés.
Copyright © Arthémisia - mai 2008
Avec : photo copyright © Arthémisia
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