842 - Vous manger
J’en ai plein la bouche.
Et j’aime ça !
Ah ! Vous manger…Mon Dieu ce que c’est bon !
J’accueille ces bouchées de vous comme des bouquets, des gerbes que vous porte un matin un livreur, celles pleines de surprise, celles qui vous
inondent le cœur et le salon de leur parfum de connivence, et de don.
Et pourtant elles ne sont ni roses, ni orchidées, pas plus que fleurs de champs ou banales azalées.
Elles sont très souvent chiffonnées,
froissées au xième degrés, parfois même déchiquetées, lacérées, gribouillées, ou pire perforées.
Ne craignez rien…C’est celles-là que je préfère. Ce sont celles qui ont le plus de goût, celles qui ont le plus souffert, celles qui portent le plus de vous, vos ratures, vos brouillons, vos
repentirs, vos hésitations, vos faiblesses, vos animalités, vos rages, vos délires, vos remords, vos souffrances.
Livrez-moi vos feuilles. (Dé)livrez-vous ! Écrivez !
Vous me nourrissez.
Copyright © Arthémisia - Janvier 2009
Avec : Antoine WIERTZ - La Liseuse de romans
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