70 - Verbes (3 et 4)*
Je t’ai suggéré
crier... :
La mélodie du plaisir
D’abord murmurer tout bas
Au creux du lobe de l’oreille
Ton nom « Arthémisia … »
Dans un demi-sommeil,
Celui de la langueur
Aux parfums chauds du bonheur.
Puis épeler ces mots qu’on aime tant ouïr
« Tu es belle, je te désire…»
Et sentir dans ta bouche mon sexe grossir
Etouffant de naissants soupirs.
Ensuite, attiser d’une langue souple et voluptueuse
Le bouton éclos de ton clitoris
Jusqu’à ce que sous ces caresses savoureuses
Ta bouche m’appelle et gémisse.
Enfin, couvrir ton corps de mon poids viril
Glisser ma verge dans ta mer d’huile.
Ta respiration s’accélère, ton souffle prend vie,
Dans la cadence rythmée de mon vit.
Ton corps danse et se cambre
Sous ma verge fière battante
Tu chantes un désir d’or et d’ambre
Tu miaules et geins haletante
Tu réclames dans une complainte
Que la limite soit atteinte,
Que cette clameur qui sourd de ton ventre
Devienne tempête tonitruante !
Qu’éclate enfin ta jouissance,
Qu’elle retentisse en tous sens !
Alors, je viens cogner si dur et si fort
Aux tréfonds de ton ventre
Qu’un cri strident soudain en sort
Et résonne dans ton antre :
Tonnerre rugissant,
Abyssale hurlement,
Douleur et plaisir mêlés
Symphorgasmie achevée !
Voilà comment j’aime te faire crier…
Illustration Egon Schiele
Femme en position de levrette
-o
Et tu m’as proposé
oser… :
Comment ai-je pu oser faire cela ?
C’est pourtant bien moi qui ce soir
(Est-ce un trop plein de désespoir ?)
ai plongé dans ton œil noir
l’insistance de mon regard.
J’avoue,
je n’ai pas baissé les paupières
quand sous la table mon pied si fier,
entre tes chevilles s’est glissé,
pour très vite plus haut se hisser.
Oui…
Mes orteils si peu farouches,
ayant quitter leurs babouches,
de tes cuisses soudains câlines
avidement ont fait rapine.
C’est vrai,
tu les laissas aller, venir,
mais le summum de ton plaisir
fut atteint à l’insu des convives
quand mes caresses se firent plus vives
ayant rencontré le présent
d’un sexe très…encourageant.
Ouf…
Tu ne quittas pas, grand merci,
ton air retenu et contrit.
Tu pris seulement quelques couleurs
qui me mirent du baume au coeur.
Puis,
j’osais mener ma caresse plus avant,
tant et tant, si habilement,
que tu fus dans l’obligation
d’interrompre mes répétitions.
Alors,
une main sur mes chevilles,
tu lanças tout comme l’on pille,
ton pied au pont de mes jambes
qui l’accueillirent comme un membre.
Oups !...
Je ne sais si c’est le vin blanc
ou la chaleur des gestes lents ;
je quittais ce repas charmant
l’entrejambe dégoulinant.
J’ai
bloqué l’ascenseur entre deux étages
et dans ta bouche fait un ravage.
Sans honte j’ai osé goulûment
y plonger comme dans un printemps.
Mais
Pourquoi m’as-tu laissé faire ?
J’ai dévoilé tous les mystères
de mon corps si demandant,
moi qui ose si rarement.
C’est
à genoux dans cette cabine
que j’ai englouti toute ta pine,
ma bouche, ma langue et mes mains
ne pouvant attendre demain
pour profiter du doux plaisir
d’entre leurs creux te faire jouir.
Oh, je le reconnais:
fièrement je me suis redressée,
soigneusement réajustée,
très fixement t’ai regardé
avant de tout avaler.
Que vas-tu penser ?
photographie extraite du court métrage
Building Blues
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