Pour en revenir au rapport qu’entretiennent la Beauté et la mort - voir mon article du 26 décembre Beauté mortelle (dans la catégorie Des Mots
d’auteurs) et celui du 11 décembre sur La Mort à
Venise de Thomas MANN (dans la catégorie Rayonnages) – et suite à ma lecture actuelle de textes d’Antonin ARTAUD, et aux
discussions avec mon ami LUNG TA, je crois que la Beauté introduit la confusion dans l’esprit.
En effet, elle détruit les préjugés, les assurances, elle perturbe les acquis, fait vaciller les
certitudes.
En cela c’est une vérité plus grande et plus violente que tout. Elle est toute puissante sur l’esprit
car elle est approche du sensible, d'un sensible bouleversant, d’un sensible qui s’étend jusqu’aux limites de la vie, qui flirte avec la mort simplement par son excès.
Ainsi je voudrai vous confier l’état, auquel aujourd’hui je ne peux toujours pas donner de nom, dans
lequel je me suis trouvée lors d’une visite à Beaubourg :
Une dernière salle, au bout du 5ème étage, je crois.
Face à face, un grand triptyque de Francis BACON (mon peintre préféré) et la sculpture d’un Homme qui marche d’Alberto GIACOMETTI.
D’un côté des corps qui se vident. De l’autre un homme déjà vidé mais qui continue de
marcher.
Et moi, au milieu.
Moi, si mal.
Et si bien aussi.
Moi, écrasée, terrassée.
Par quoi ?
La rudesse du thème des 2 œuvres ?
Leur facture ?
Leur Beauté ? Oui, leur Beauté !
Je la prenais, là, en pleine poire, comme une gifle.
J’ai dû m’asseoir par terre, contre le mur.
Et pleurer.
La jouissance m’habitait.
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Arthémisia
Avec :
Francis BACON – Triptyque
Alberto GIACOMETTI – Homme qui marche