302 - Post Coïtum
Et fermer les yeux. Ou plutôt, ne pas les rouvrir.
Laisser les images s’éloigner, doucement.
Ne retenir qu’un toucher, celui de ma joue sur ton ventre.
La résistance demie molle d’un muscle qui se repose.
Une tiédeur née dans ta profondeur.
Un bruit, sourd et qui va en s’apaisant : ton cœur.
Le léger gonflement rythmé de ton souffle vers le calme.
Encore l’effleurement doux de ta main qui se pose, se repose.
Ton bras qui accueille, cerne, auréole, dessine des mandorles, des présences attardées, tiennes, qui protègent.
Vagabonder dans l’abandon, au plaisir reçu, au plaisir donné, dans l’ivresse de ton sourire perdu dans la pénombre, dans la folie repue de
tes doigts, de ton sexe là encore pourtant.
Partir dans l’aventureuse clarté de nos apaisements, dans l’unicité des prolongations du bien-être, dans le lâcher prise de
l’après.
Rencontrer le bonheur.
Post coïtum.
Copyright © Arthémisia - février 2007
Illustration
: Katarina NESTOROVIC CARMIGNANI – Le passage de la vierge à la
mariée- Hommage à Marcel DUCHAMP
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