303 - La Femme est un rayon de lumière divine
Un petite histoire particulière parce qu'aujourd'hui c'est la Journée de la Femme....
-o-
♥ La première fois que je l’ai vue, c’était au supermarché. Une de ces très grandes
surfaces dans lesquelles les femmes se précipitent le vendredi après le travail pour faire le plein du frigo avant le week-end.
L’atmosphère était surchauffée. Elle avait jeté son manteau sur la barre transversale d’un chariot et
marchait, grimpée sur ses talons, en le poussant presque sèchement, par à-coups,l’arrêtant pour se saisir d’une chose ou d’une autre dans un rayon, puis reprenant sa translation saccadée
d’article en article. Chaque nouveau départ donnait à son corps tendu dans l’effort, une cambrure particulière dans laquelle son buste et ses épaules se projetaient brutalement en avant alors que
son bassin et ses fesses débordaient en saillie, quelques secondes en arrière, avant que le tout ne reprenne très vite une ligne plus raide.
Son T shirt moulant et son pantalon fluide, tous les deux noirs, transformaient son corps animal, en
une sorte d’écriture mouvante, en la note sinueuse d’une danse orientale, en une calligraphie changeante qu’un Hassan Massoudi n’aurait certainement pas renié. Sur le coup, il me revint même le
titre d’une de ses œuvres, "La Femme est un rayon de lumière divine", et je me dis que cela lui allait parfaitement.
Une semaine se passa avant que je la revoie, toujours au supermarché. Elle devait faire ses courses
tous les vendredis soir.
Je ne me souviens pas pourquoi, moi qui n’ai jamais eu une vie réglée, je me retrouvais là aussi, une
nouvelle fois, entre les paquets de nouilles et les bouteilles de vin. Il ne faut pas chercher des raisons à tout. L’inconscient justifie l’injustifiable.
C’est ce soir là que je tombais amoureux d’elle.
Enfin, non. Pas d’elle précisément, d’une partie d’elle.
Elle portait des bas noirs, très fins, aux reflets soyeux. Au-delà de sa fine cheville, son mollet
s’arrondissait avec grâce, avant de disparaître à l’arrière du genou, là où précisément, deux tendons encadrent une zone qu’elle avait très creuse, une petite dépression si charmante dont je
devins immédiatement complètement fou.
C’est là, dans la combe fine de sa jambe, dans ce nid rose voilé de noir, que mon amour naquit. La
femme y palpitait.
Je la suivis dans les rayons, sans qu’elle ne me remarque. La foule était
dense.
Je dus cependant me retenir pour ne pas insulter le jeune loubard qui la heurta avec son panier sans
même lui demander de l’excuser.
Elle n’avait pas eu mal.
Moi, si.
Ma douleur naquît quand je vis la flèche occasionnée par le choc dans le bas de ma belle, partir
précisément de l’arrière du genou pour filer vers le haut de sa cuisse et se perdre sous sa jupe. Mes yeux y moururent eux aussi.
Sur le muscle tendu, cette ligne tirée devant moi par une invisible règle, fut ma perte. Je ne pus
m’éloigner de cette redondance de la rectitude de sa cuisse et tel un poisson accroché à cette ligne, j’étais incapable d’en détacher mon regard.
Ce soir là, j’achetais des bas pour la première fois, une paire de voile noir, dans une taille que je
supposais être la sienne.
J’en coinçais la boîte dans les essuies glace de sa voiture alors qu’elle rangeait son
caddy.
J’avais pris soin d’y noter mon numéro de téléphone.
Elle n’appela jamais.
Copyright © Arthémisia – mars 2007
♥ Cependant après vous avoir offert cette page un
peu coquine (oh, si peu…) j’ai encore envie de vous livrer un peu plus directement mes pensées à propos de cette journée « particulière ».
Pourquoi une journée de la femme ?
Y en a t il une de l’homme ?
De l’Homme ?
Au mieux, aujourd’hui, quelques galants (dragueurs ?) vont nous tenir la porte et
nous faire des politesses au carrefour.
Au mieux, nous aurons un sourire et un mot gentil quoique peut-être intéressé sur notre
tenue vestimentaire.
Au pire, on nous l’enverra à la figure notre journée de la femme, avec en prime notre MLF,
notre soutien gorge, et notre double journée. Vous, mesdames et vos con…ies féministes on en a assez.
Demain sera de toute façon une autre journée, plus la notre.
24 heures c’est tellement vite passé…
Mes amies, mes sœurs, mes copines d’incertitude, de solitude, celles que je croise au
boulot, ou entre les salades et les yaourts, celles qui cuisinent encore de la vraie purée, et celles qui achètent tout surgelé, celles en Guess ou en H&M, celles qui passent 2 heures par
jour devant la glace, et celles qui se lèvent aux aurores pour s’occuper de leurs bêtes, celles qui portent un enfant dans leur ventre ou à bout de bras, celles qui font l’amour ou ne le
font pas, ou plus, celles qui écoutent et celles qui parlent , celles qui s’écoutent, celles qui donnent, celles qui attendent…
Je ne peux toutes vous énumérer.
Toutes, je vous embrasse car un jour, une heure, une minute j’ai été ou je serai
vous.
Oui, oui !!!! Je vous souhaite une très belle journée de
féminitude !
Illustration : Hassan MASSOUDY – La Femme est un rayon de lumière
divine.
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