329 - Bord à bord*

Je l’avoue, parfois leurs deux pans tranchent l’espace étroit d’une rectitude
parfaite.
Dans ces cas là, leur bord à bord se fait néant. Ils se touchent tant qu’un zéphyr le plus mince ne
pourrait s’infiltrer en leur lieu. Ils sont sages. Très sages. Croyez moi, cela leur arrive.
D’autres fois, ils se sentent plus dansants, et malgré une certaine lourdeur, tentent des galipettes
courbes, amorcent des volutes mauresques, font les fous, et se retrousseraient presque si ils n’étaient retenus par leurs liens.
D’autres fois encore, ils s’entrebâillent, un peu, s’accoquinent d’une clarté, se dévoilent plus et offre
leur texture au soleil, aux regards, se plissent dans une outrance de matière lépidoptairienne.
Leur tissage est assez fin, d’une trame aérée, mais cependant sombre, assez sombre. Leur couleur est
guerrière, prussienne même.
En transparence, on aperçoit pourtant dehors des oiseaux qui s’ébattent sur les branches d’un
acacia.
Dedans, des espoirs naissent en des mots ténébreux et inquiétants.
Et la main tout à coup les écarte, laissant alors jaillir vers l’intérieur l’abondance des lumières, des
chaleurs, des bruits, des chants.
Ils s’envolent.
Et vers l’extérieur, moi, émerveillée.
Copyright © Arthémisia - avril 2007
PS : ils vous plaisent les rideaux de ma
chambre ?
(hi !hi !hi !...)
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A
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